Innovation

20 mars 2018

Les hôpitaux universitaires belges figurent parmi les meilleurs au monde

Nos hôpitaux et institutions médicales belges peuvent-ils rivaliser avec les leaders mondiaux de la recherche médicale ? Selon la Conférence des Hôpitaux Académiques de Belgique et le Prof. Marc Decramer, administrateur délégué de l’UZ Leuven, cela ne fait aucun doute. Comment les hôpitaux belges peuvent-ils conserver ce statut, même en 2030 ?

Les chercheurs belges réalisent dans le système actuel un excellent retour sur investissement

Une étude de 2012 menée par l’Université de Louvain-la-Neuve révèle que les scientifiques belges font partie des sommités de la planète. Elle se base sur le nombre de fois qu’une étude est citée par des collègues à travers le monde. Si l’on regarde la période 1996-2010, nous nous situons à la neuvième place. Entre 2010 et 2012, la Belgique s’est hissée à la cinquième place. Nous ne cessons de nous améliorer donc. Pour certains domaines, comme les neurosciences et l’odontologie, la Belgique arrive même en tête de liste.

Selon les chercheurs, ces bons résultats indiquent qu’il n’y a pas grand-chose à changer à la manière dont la recherche scientifique est organisée dans nos contrées. “Un budget plus important est bien sûr toujours le bienvenu, mais les chercheurs belges réalisent dans le système actuel un excellent retour sur investissement”, peut-on lire dans De Morgen.

Gérer intelligemment les limites financières

Le Prof. Decramer de l’UZ Leuven le reconnaît également. “Nous travaillons avec des budgets beaucoup plus modestes que les grandes universités américaines. Mais nous ne devons pas faire beaucoup de concessions pour autant. Nous devons simplement gérer nos “limites” financières intelligemment et obtenons d’excellents résultats. Si nous disposions de davantage de moyens, nous pourrions évidemment aller beaucoup plus loin, car la recherche médicale souffre toujours d’un important sous-financement. Il est important qu’en Belgique, nous allions le plus loin possible avec la recherche, car notre connaissance est la seule ressource dont nous disposons.”

“Le principal défi reste notre position concurrentielle avec les grandes universités américaines. Elles disposent de moyens plus importants et attirent les meilleurs étudiants, car leur procédure de sélection est beaucoup plus rigide. Nous devons donc utiliser intelligemment nos ressources. Cela suppose entre autres le développement d’hypothèses de recherche bien élaborées. Une collaboration avec l’industrie pharmaceutique dans le cadre d’un partenariat public-privé peut également apporter une partie de la solution. Et évidemment, un financement plus important des pouvoirs publics est toujours le bienvenu. Cela ne pourrait qu’être bénéfique pour la position scientifique de la Belgique et la santé publique. Enfin, il est essentiel de continuer les recherches sur des thèmes importants, tels qu’Alzheimer et l’intelligence artificielle, afin que nous restions impliqués et puissions faire la différence dans ces domaines.”

Recherche translationnelle

La Belgique obtient de bons résultats particulièrement en matière de recherche translationnelle. Cela signifie que l’hôpital universitaire est directement lié aux groupes de recherche au sein de la propre faculté et de l’université. Les hôpitaux universitaires collaborent étroitement avec d’autres facultés comme la chimie ou les sciences appliquées, et d’autres partenaires. Cela mène à un nombre important d’entreprises spin-off, qui ne sont pas seulement importantes pour l’université, mais également pour la Belgique.

Rester leader mondial ?
Ceci n’est possible que si la politique reconnaît et honore notre contribution dans la recherche

Que faut-il faire pour conserver cette position à l’échelle mondiale ? “Ces dernières années, les économies opérées dans le secteur hospitalier n’ont pas épargné les hôpitaux universitaires. Ils s’efforceront malgré tout à maintenir ce même niveau d’excellence dans le futur. Ceci n’est possible que si la politique reconnaît et honore notre contribution dans la recherche.” Et Chantal de Boevere de conclure : “Une attitude positive et, un financement plus important à l’égard de la mission universitaire de nos hôpitaux pourrait constituer un stimulant important pour la recherche scientifique médicale.”

Vous évoluez dans le secteur des soins de santé ?