Innovation

9 septembre 2017

Le groupe de construction Willemen mise sur la technologie innovante

Lors du salon Matexpo, ING organisait un séminaire sur le thème du "chantier connecté". L’accent était placé sur les applications de l’internet des objets aux chantiers de construction. Parmi les membres du groupe, nous avons retrouvé Alexander Laquière, responsable de l’innovation et de la digitalisation chez Willemen, groupe de construction. Un interlocuteur de choix pour répondre à nos questions !

Le groupe Willemen est connu en tant qu’adepte de la première heure des technologies innovantes. Pourquoi misez-vous sur ces technologies ?

L’intégration des technologies innovantes nous permet de faire la différence. Elles permettent non seulement d’accélérer le processus de construction, mais c’est également grâce à elles que nous sommes en mesure de réduire notablement les coûts de défaillance tout en améliorant la sécurité de nos travailleurs sur le chantier. Nous sommes convaincus qu’elles sont un facteur d’évolution. Dans un avenir proche, les technologies innovantes ne seront plus une option, mais une nécessité.

Pouvez-vous donner des exemples d’innovations que vous avez mises en œuvre au cours de ces cinq dernières années ?

Dans notre département "W-Care", nous utilisons l'internet des objets pour les bâtiments que nous construisons nous-mêmes mais également pour ceux dont nous nous chargeons de l'entretien. Les capteurs intégrés collectent des données et indiquent quand un entretien doit avoir lieu. Ou ils permettent d’assurer le chauffage, la ventilation et la climatisation, ainsi que l’éclairage et les tournées de nettoyage dans un espace donné sur la base de la fréquentation réelle.

Sur les chantiers mêmes, nous plaçons des capteurs dans l’asphalte dans le cas de travaux de voirie, ou dans les murs en béton. Ces capteurs signalent quand la dureté optimale est atteinte, ce que nous déterminions auparavant sur base de notre expérience et intuition. Nous travaillons donc avec un surcroît de précision, ce qui profite à la qualité mais permet également de passer plus rapidement à la phase suivante.

Actuellement, nous travaillons sur un projet d’analyse de données en vue d’obtenir des données plus structurées. Car ce n’est que sur base de telles données que nous pouvons tirer des conclusions pertinentes.

Comment l’internet des objets vous aide-t-il dans l’organisation du chantier ?

Nous utilisons des traceurs pour le gros et le petit matériel. Ces traceurs nous aident à inventorier le matériel, ce qui est particulièrement pratique pour le petit matériel, ainsi que pour le suivi du contrôle du matériel. De cette manière, le contrôle peut être effectué sur le chantier même, et nous évitons des désagréments dus à du matériel qui n’aurait pas été contrôlé en temps voulu.

La sécurité est une réelle priorité pour nous, et la technologie nous est d’une grande utilité à cet égard. Nous nous sommes attelés à un projet de recherche sur des “dispositifs portables”, en collaboration avec des producteurs et la sphère académique. Les capteurs sont intégrés dans les vêtements du personnel de chantier. À titre d’exemple : un capteur intégré dans une pelleteuse déclenchera l’arrêt de fonctionnement dès qu’une personne s’approche de trop près du bras de la pelleteuse.

Prochaine étape : des machines sans pilote, encore trop onéreuses à l’heure actuelle. En revanche, d’ici un an ou deux, nous espérons que ce sera possible.

Comment votre CEO a-t-il abordé l’introduction de cette technologie innovante ?

Il a particulièrement bien anticipé les sentiments que les changements généreraient inévitablement. Au départ, c’est la défiance qui régnait chez les collaborateurs – il était même question de rupture de la confiance. C’est la raison pour laquelle nous publions régulièrement sur notre blog interne des articles sur le thème du changement. Ensuite, nous avons organisé pour notre personnel un grand événement pour montrer concrètement ce que le groupe Willemen peut faire grâce aux nouvelles technologies. Cet événement a dopé la confiance et l’engagement de nos collaborateurs.

Au niveau du back-office également, les innovations ont toute leur utilité. Nous avons l’intention d’investir dans un système ERP flambant neuf et plus performant afin de pouvoir traiter les données actuelles et futures.

Sur le plan technologique, quel est le plus grand défi dans la construction ?

C’est sans conteste la découverte des bons standards et la création d’une plate-forme unique sur laquelle les différentes applications peuvent être gérées ensemble. Mais plus encore que l’aspect technique, il importe que les divers acteurs dépassent leur méfiance mutuelle et réalisent que le partage des informations est nécessaire pour assurer le caractère performant et durable des activités de construction.

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