Gérer au quotidien

25 Novembre 2016

Hôpital et financement, une équation difficile

Atteindre une plus grande efficacité et une meilleure qualité, tel est l’objectif de la réforme du paysage hospitalier et du financement des hôpitaux, poursuivi par le cabinet des Affaires sociales et de la Santé publique. Pour le groupe hospitalier CHIREC, l’assainissement du secteur hospitalier passe nécessairement par un mode de financement des hôpitaux basé sur la pathologie, et des infrastructures hospitalières suffisantes pour répondre aux exigences économiques et médicales actuelles et à venir.

Un dossier complexe
"Le dossier de financement du nouvel hôpital s’est révélé être un sujet épineux puisqu’il est intervenu suite à la crise bancaire mondiale de 2007-2008"

Le groupe hospitalier CHIREC comprend aujourd’hui quatre sites hospitaliers (la Clinique Edith Cavell, la Clinique du Parc Léopold, la Clinique Ste-Anne St-Remi, l’Hôpital de Braine-l’Alleud-Waterloo), le Centre médico-chirurgical de jour de la Basilique et deux polycliniques (le Centre Médical Europe-Lambermont et la City Clinic Chirec Louise). Bientôt, il s’articulera autour de trois sites hospitaliers : la Clinique Ste-Anne St-Rémi, l’Hôpital de Braine l’Alleud-Waterloo et le nouvel Hôpital Delta, dont l’inauguration est prévue en 2017. Le coût du futur Hôpital Delta s’élève à 350 millions d’euros, dont 250 millions financés par les banques. "Le dossier de financement du nouvel hôpital s’est révélé être un sujet épineux puisqu’il est intervenu suite à la crise bancaire mondiale de 2007-2008", explique Bruno Lefebure, Directeur général administratif et financier du CHIREC.

Pour récolter la somme nécessaire, les quatre banquiers traditionnels du secteur hospitalier belge et la Banque européenne d’investissements (BEI) ont été réunis autour de la table. "On était bien dans le cas d’un financement complexe étant donné le nombre élevé d’intervenants et la période délicate", explique M. Lefebure. "Parvenir à un accord n’a pas été facile mais a pu se faire grâce à la volonté d’aboutir des acteurs. ING a joué un rôle particulièrement important dans le dossier. Grâce à sa grande connaissance du secteur hospitalier et au professionnalisme de ses équipes, la banque a mené les négociations à terme avec succès. Le financement a été bouclé en septembre 2012, la pose de la première pierre a eu lieu en 2014 et, depuis lors, les travaux avancent bien, dans les timings et le budget fixés."

Un projet d’envergure
"Ce que l’on construit maintenant va durer 60 ans"

La nouvelle infrastructure comptera 500 lits. Selon M. Lefebure, c’est le nombre minimum de lits qu’un hôpital devrait accueillir aujourd’hui, compte tenu de la croissance de la population, du turn-over de plus en plus important des patients et de l’hyperspécialisation de la médecine. "Ce que l’on construit maintenant va durer 60 ans, indique-t-il. Les constructions actuelles doivent essayer de se projeter dans le futur afin que le projet puisse encore apparaître comme quelque chose de sensé d’ici quelques années."

La projection ne semble pourtant pas des plus aisées compte tenu du contexte hospitalier difficile. "Certains hôpitaux s’en sortent, d’autres beaucoup moins bien, exprime-t-il. La faute n’incombe pas aux gestionnaires. Les raisons sont à chercher dans les clivages historiques du pays et de leurs conséquences sur l’infrastructure hospitalière. Coluche aurait dit que ‘'certains sont un peu moins égaux que d’autres'. Et quand on est un peu moins égaux que d’autres, on va forcément un peu moins bien que les autres."

Une remise à niveau générale

Comme de nombreux autres hôpitaux, le CHIREC compte sur la réforme de l’Etat pour rééquilibrer la situation. "On dit souvent que le financement des hôpitaux n’est pas compréhensible tant il est compliqué. Les règles particulières qui le sous-tendent le rendent opaque. Il est temps de remettre tout le monde sur un pied d’égalité."

"Si les décisions prises prochainement au niveau législatif ne sont pas claires, les banques, elles, ne manqueront pas de se positionner de manière réfléchie."

M. Lefebure pointe aussi l’éclatement des compétences au niveau du financement, partagées entre le Fédéral, le Régional et le Communautaire. "Mener une réforme du secteur nécessite d’inviter un nombre incalculable de ministres autour de la table. La situation est devenue trop complexe, on est en train de s’enliser au lieu d’avancer. Il faut que quelque chose se passe. Si on ne prend pas de mesures au niveau législatif, cela se jouera au niveau économique. Et à ce niveau-là, le rôle des banques sera prépondérant. De par notre longue expérience aux côtés d’ING, nous pouvons constater que les banques essaient en permanence d’anticiper. Lorsqu’elles entrent dans un dossier et qu’elles acceptent de prêter de l’argent, elles s’assurent que le projet est viable à moyen et long terme, et qu'il est porteur de sens. Les banques permettent de développer de grands projets, mais ce ne sont pas des œuvres caritatives. Ainsi, si les décisions prises prochainement au niveau législatif ne sont pas claires, les banques, elles, ne manqueront pas de se positionner de manière réfléchie."

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