Gérer au quotidien

25 avril 2019

MIPIM 2019 : rétrospective

Cette année, les visiteurs étaient ravis de la décision de la BCE de maintenir ses taux d'intérêt inchangés au moins jusqu'à fin 2019. S'agissait-il du dernier MIPIM placé sous le signe de taux d'intérêt extrêmement favorables ?

Le MIPIM, le salon immobilier le plus important du continent européen, a fêté cette année son trentième anniversaire. Parmi les 25.000 visiteurs, un grand nombre de Belges, dont notre reporter. Retour sur les impressions qu’il a glanées au fil des séminaires et cocktails.

Business as usual

La décision de la BCE concernant les taux d'intérêt a suscité un énorme soulagement, et entraîné un regain d'optimisme. Pour la plupart des développeurs, courtiers et experts, elle se traduit par une perspective de « business as usual » jusqu'en 2021. La disponibilité d'un financement bon marché et d'une quantité considérable de capitaux auprès des compagnies d'assurance, des fonds et des family offices ne sera donc pas mise à mal dans l’état actuel des choses.

Rendements stables

Néanmoins, cette disponibilité n'entraînera pas une nouvelle baisse des rendements immobiliers (yields). Les alternatives pour les investisseurs sont limitées, ce qui ne signifie cependant pas qu'ils ignorent le caractère exceptionnel de la situation et l'impact possible d'une variation des taux d'intérêt sur leur portefeuille. L’ère des offres folles est donc (on peut le supposer) révolue.

Immobilier résidentiel de qualité

Les investisseurs découvrent de plus en plus le segment résidentiel, au détriment surtout du commerce de détail. L’immobilier résidentiel leur assure des flux de trésorerie réguliers et au long cours, et permet de répartir les risques. Ils essaient également de protéger la valeur de leurs actifs en exigeant une qualité et une multifonctionnalité supérieures. Dans la pratique, l'intégration de la technologie, la faible consommation d'énergie et un haut degré de finition permettent d'obtenir cette qualité supérieure. 

Le partage est dans l'air du temps

Répondre aux tendances crée de la valeur ajoutée. Tous les concepts en « co- » suscitent une attention accrue : le co-working, le co-housing et, désormais aussi le co-living. Il s'agit d'une niche qui s'adresse principalement aux jeunes navetteurs diplômés qui disent « non merci » aux embouteillages en semaine, et s’en vont cohabiter avec d’autres personnes qui partagent le même style de vie.

La logistique : au centre de toutes les attentions

La croissance de l'activité logistique, en particulier le commerce électronique, suscite un intérêt accru. En dépit de ses ports, la Belgique ne figure pas en tête du commerce électronique, ce que compense l'arrivée du géant chinois Alibaba à Liège. Genk, Liège et le « losange flamand » restent des régions convoitées. 

C'est mieux à l'étranger?

Les développeurs belges se tournent de plus en plus vers l'étranger pour de nouveaux projets. Ils y sont incités par le prix excessif des terrains, par le « stop au béton » et par la complexité et le manque de clarté de notre réglementation. C’est la raison pour laquelle on constate une présence belge renforcée dans différents pays européens dans le cadre de projets logistiques, résidentiels (appartements, chambres d'étudiants) et mixtes. Vu sous l’angle « investissement », l'immobilier destiné aux soins de santé vient compléter la liste.