Gérer au quotidien

27 février 2020

Soins intégrés : une solution optimale, mais qui doit être financée

Le vieillissement a conduit à une telle augmentation des malades chroniques que le système de soins n’a pu s’adapter. Pour y répondre, des initiatives sont nécessaires, comme l’a compris Ida Verleyen, directrice générale de GZA Zorg en Wonen.

Ida Verleyen est licenciée en sciences commerciales et maman de trois enfants. Après avoir passé 25 ans dans le monde des assurances, il était temps pour elle de donner une nouvelle direction à sa carrière. « À ce stade, il était important pour moi de trouver une organisation à but sociétal et de travailler au contact des gens. »

Après un bref passage dans un groupe public de soins aux personnes âgées où elle a planché sur le plan stratégique, Ida a rejoint le groupe GZA en octobre 2013, pour prendre la direction du Centre de soins à Wilrijk. Elle est aujourd'hui directrice générale du groupe GZA Zorg en Wonen, depuis octobre 2018. « Le fait d’avoir été sur le terrain, au contact des gens, fait que maintenant je me sens très à l'aise dans mon rôle de leadership. »

Ida Verleyen, directrice générale du groupe GZA Zorg en Wonen

Ida Verleyen, directrice générale du groupe GZA Zorg en Wonen

L'intégration des soins ? Pas si nouveau

Pour Ida Verleyen, les soins intégrés ne sont pas vraiment neufs. « Au cours des dernières années, différents projets pilotes et groupes de travail ont été mis sur pied pour trouver des réponses à de grands défis sociétaux comme le vieillissement croissant de la population, la complexité grandissante des soins ou encore leur accessibilité financière des soins. J’ai participé à certains de ces projets-pilotes. Hélas, ils ont été en grande partie arrêtés parce que le financement et la réglementation ne suivaient pas. »

Si ces projets n’ont pas abouti faute de moyens, les acteurs qui les ont fait grandir, en détiennent néanmoins les ficelles et savent donc quels sont les ingrédients nécessaires à une réelle politique de soins intégrés.

Au sein du groupe GZA, Ida Verleyen a contribué au développement de plusieurs exemples de soins intégrés. «En parallèle à nos centres de soins, il existe aussi des service-flats pour les personnes qui peuvent encore se gérer elles-mêmes mais qui ont besoin d’un peu d’assistance. À partir du moment où la personne devient plus dépendante, elle déménage dans un centre de soins. Cette transition est souvent difficile car la personne doit alors se séparer de son infirmière à domicile, qui ne peut aller travailler dans un centre de soins. Dans l’un de nos groupes, nous avons un projet où nous essayons de faire en sorte que la personne puisse rester dans le service-flat, et ce, en collaboration avec un service de soins à domicile. »

Des solutions à la pénurie d'infirmières

« Nous voyons que les résidents en retirent des bénéfices et que ce projet fonctionne », se félicite Ida Verleyen. « Hélas, nous sommes pénalisés au niveau financier. En effet, d’une part, nous devons financer cette collaboration sur fonds propres, et d’autre part, nos moyens diminuent parce que ces infirmières à domicile ne peuvent pas être comptabilisées dans notre quota d’infirmières nécessaire pour obtenir notre financement. »

Aujourd’hui, pour elle, « une meilleure collaboration avec les hôpitaux serait aussi tout à fait possible, par exemple pour les soins de plaies complexes. Le résident pourrait être soigné par une équipe mobile d’infirmiers spécialisés, ce qui est bien pour le résident et ce qui est encouragé dans le décret flamand sur les soins de plaies. L'équipe de soins spécialisés pourrait ainsi fournir des soins sur mesure, ce qui s’inscrit dans la mission d’outreaching des hôpitaux. Hélas, toutes ces collaborations sont pénalisées financièrement. Mais la recette existe et nous avons les ingrédients. Il ne faut plus inventer la roue. »

Une femme qui travaille pour le groupe GZA sert à boire à d'autres femmes dans un jardin

Maison de repos du Groupe GZA

Des moyens et une politique intégrée

Ida Verleyen a ainsi déjà lancé de nombreux projets et est toujours partante pour investir dans ce qui peut être une plus-value pour le patient. Pour elle, les soins intégrés sont vraiment une solution aux besoins actuels des patients et des résidents. Mais il faut que les moyens suivent. « Or, pour l’instant, force est de constater que nous n’avons pas les moyens pour faire tout ce que nous voudrions. Et n’oublions pas que nous avons aussi pour mission d’offrir des soins accessibles. Nous ne pouvons donc pas nous permettre de répercuter la facture purement et simplement sur nos résidents. »

Elle se débat aussi avec les différents niveaux institutionnels : « Au sein du groupe GZA, nous avons une asbl pour tout ce qui est soins hospitaliers et une seconde asbl pour les centres de soins. Malheureusement, la première est régie par le Fédéral, tandis que la seconde dépend des autorités régionales. Il est donc extrêmement compliqué de développer des collaborations entre les deux. »

Ida Verleyen aspire, pour permettre une plus grande collaboration, à une politique plus cohérente. « Des soins intégrés, oui ! Mais à condition qu’ils soient soutenus par une politique intégrée. » Sa prochaine ambition est clairement de pouvoir peser sur la politique afin de pouvoir faire changer les choses.

3 conseils d'Ida Verleyen
  • Veillez à établir des liens entre la direction et le personnel : communiquez et donnez la parole au chapitre à votre personnel.
  • Choisissez soigneusement vos projets : il y a de nombreux appels à projets dans le secteur. Ne vous dispersez pas. Osez dire non ! Choisissez les projets qui vous apportent une plus-value.
  • Fêtez vos succès, aussi petits soient-ils : remerciez les personnes qui ont contribué à vos réussites.