Gérer au quotidien

8 Juin 2018

Constituer son conseil d'administration avec des cerveaux supplémentaires

Kristof Mertens, CEO et cofondateur de Porphyrio, vit au quotidien au milieu des poules. Également entrepreneur technologique, il est celui qui a introduit l’Internet des objets dans le domaine des technologies agricoles. Porphyrio a toujours fait appel à des forces vives externes pour venir compléter la volonté d’entreprendre et les connaissances de ses fondateurs : Bart Kemps et Kristof Mertens. K. Mertens nous en dévoile tous les avantages et explique à quelle matière grise il fait ainsi appel.

Que fait Porphyrio ?

Porphyrio fournit des solutions en matière d’intelligence commerciale à des élevages professionnels dans le monde entier. « Notre mission consiste à optimiser le processus de production. La chaîne logistique contient une foule de données, que ce soit au niveau des exploitations, des entreprises d’aliments pour bétail, des vétérinaires, des laboratoires de génétique, etc. Ces données, nous les récoltons, les harmonisons et les analysons afin de renforcer tout le processus au moyen de l’établissement d’une veille et de prévisions, en ne perdant jamais de vue le produit fini. »

« Nous suivons tout ce qui est susceptible de survenir dans un poulailler et récoltons les données y afférentes. Nous nous occupons autrement dit de la gestion et de l’interprétation des données pour le secteur de la volaille. »

« Jamais nous n’aurions pu aller aussi loin si nous n’avions pas été une spin-off. »

« Je suis absolument ravi d’avoir pu lancer ce projet en partenariat avec la KU Leuven. Nous sommes une spin-off dans le plus pur sens du terme. L’université nous a fait profiter de ses algorithmes et de ses connaissances, contre une participation. Cette relation qui nous lie à elle est aujourd’hui cruciale. Élaborer de nouvelles méthodes d’analyse et constituer des données big data en matière de mesures animales est au bout du compte ce qui nous permettra de perdurer. Une mission qui s’avérerait impossible sans accès à ce gigantesque pôle de connaissances. »

« Les travaux de R&D se déroulent aujourd’hui en partenariat avec l’université. Au demeurant, notre statut de spin-off nous confère également des avantages sur le marché, excepté peut-être en Asie. Je suis convaincu que jamais nous n’aurions pu aller aussi loin si nous n’avions pas été une spin-off. »

« Nous avons fait entrer le mouton à cinq pattes dans notre poulailler. »

« La Belgique et les pays voisins constituent toujours notre plus gros marché. Nous fournissons nos services à tous ces pays par le biais de la vente directe. Nous avons par ailleurs eu la chance de bénéficier de la présence dans notre équipe d’un collaborateur de 57 ans doté d’une expérience internationale et possédant de nombreux contacts dans le secteur. Cela nous a permis d’élaborer une stratégie via des canaux de distributeurs. »

« Notre représentant commercial a choisi de travailler pour nous, car il avait déjà travaillé dans tous les domaines de la volaille. Ses connaissances correspondaient donc parfaitement aux besoins de notre produit. Il faut dire aussi que le timing était idéal. Et on peut, pour le coup, parler d’osmose et de vision commune, ce qui n’est pas sans importance. Nous nous sommes ensuite attaqués aux pays de l’Europe de l’Est avec des agents locaux. Lorsque la rumeur circule dans le secteur qu’une entreprise technologique recherche des distributeurs pour le domaine agricole, cela suscite des réactions. »

« Vous pouvez former vos distributeurs autant que vous voulez, mais arrive ensuite le stade où il faut pouvoir faire confiance. Nous avons dès le départ décidé d’accorder deux ans à nos distributeurs pour intégrer le réseau et réaliser des transactions. »

« Constituez un conseil d’administration et/ou un conseil consultatif assorti d’une véritable responsabilité. »
"Vous n’exercez jamais un contrôle total sur la composition du conseil d’administration"

« Vous n’exercez jamais un contrôle total sur la composition du conseil d’administration. Nos investisseurs, à savoir la KU Leuven et Gemma Frisius, possèdent chacun un administrateur. PMV, en revanche, n’a pas exigé de siège au conseil : il y avait donc place pour un administrateur indépendant. Comme, initialement, notre conseil manquait cruellement d’expérience, nous avons choisi d’y adjoindre deux observateurs. Il est désormais bien équilibré et comprend à la fois des profils scientifiques ainsi que des hommes d’affaires expérimentés, à l’instar de Luc Kindt et de Jos Deschagt. Le premier possède une grande expérience du monde des affaires à l’international, et le second a déjà dirigé bon nombre de spin-offs. ».

"Je n’ai encore assisté à aucun conseil dont j’aurais pu me dire qu’il n’avait servi à rien"

« Pour permettre le bon déroulement de nos réunions, nos membres reçoivent toutes les informations utiles bien à l’avance, et j’inscris mes questions de manière explicite dans le briefing. Nous exigeons toujours une participation active pendant le conseil d’administration. Les membres sont d’ailleurs eux-mêmes très exigeants à notre égard. Si les débuts ont été quelque peu pénibles, car constituer et gérer un conseil demande une belle dose de travail, celui-ci permet de prendre des décisions judicieuses. Je n’ai encore assisté à aucun conseil dont j’aurais pu me dire qu’il n’avait servi à rien. » « Notre présidente ne fait pas partie de l’équipe opérationnelle. Cela étant, elle pose les conclusions et les mesures à entreprendre de manière posée.Les procès-verbaux des réunions ont chez nous valeur de documents officiels. Cela signifie que nous sommes susceptibles d’être interpellés sur ce qui a été dit durant le conseil et que notre responsabilité peut être mise en cause. Le secrétaire n’est pas l’un des cofondateurs, mais il compte parmi les observateurs. Je suis, pour ce qui me concerne, celui qui prend le plus la parole, et je ne peux donc veiller à tout et prendre les notes en même temps. Notre observateur indépendant, qui siège dans bon nombre de conseils, a déjà laissé entendre que nous disposions d’un conseil d’administration doté d’une dynamique particulière. » Dans son bulletin d’information, Porphyrio annonce régulièrement de nouveaux clients dans de nouveaux pays, et même tout récemment le rachat d’un produit. Nul doute que l’entreprise a bien grandi et concrétise aujourd’hui ses ambitions de figurer parmi les acteurs mondiaux..

Des entrepreneurs déjantés

Kristof Mertens est l’un des entrepreneurs qui figurent dans le livre Hoek Af d’Eric Kenis. La troisième tome, Balls & Brains, met à l’honneur la culture start-up. Elle sera disponible dès le 21 mars 2018 sur www.hoek-af.be. Suivez Hoek Af sur @HoekAfBoek.

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