Gérer au quotidien

5 novembre 2018

Maisons de repos : tendances et défis du secteur

ING et Probis ont conduit une nouvelle étude auprès de 550 institutions représentant près du 1/3 du marché. Elle présente les principaux défis et tendances du secteur.

Enseignements de l’étude
Un secteur en pleine évolution

Durant les dernières décennies, l’accent a été mis essentiellement sur l’augmentation de la capacité des structures (institutions de soins et résidences services). On assiste désormais à un changement de paradigme qui tend à diversifier l’offre de soins afin de dépasser le concept de centres de soins résidentiels classiques. Un nombre croissant de gestionnaires et de cadres ont conscience que les besoins des seniors ont changé. Pourtant, la grande majorité des structures de soins interrogées n’a pas de plans concrets à court terme pour la mise en place de services de soins de jour, de centres d’accueil de jour, ou de soins itinérants (par exemple les soins à domicile). 


Baisse du taux d’occupation

Les taux d’occupation au sein des maisons de repos sont légèrement inférieurs à ceux d’il y a trois ans. Ceci s’explique par les nouvelles attentes des seniors, les durées de séjour plus courtes, les formes de soins alternatives et la plus grande capacité d’accueil. La plupart des gestionnaires (71 %) déclare que les listes d’attente structurelles qui étaient d’application il y a trois ans ne le sont plus – ou pratiquement plus - aujourd’hui. Un quart des structures interrogées éprouvent des difficultés à atteindre un taux d’occupation maximal. Dans une grande ville comme Bruxelles, où la capacité d’accueil est élevée, c’est même la moitié d’entre elles qui n’atteignent pas ce niveau .

Croissance du degré de dépendance et de la problématique de démence

Dans notre échantillon, le degré de dépendance aux soins a continué de croître au cours des 3 dernières années pour passer de 76,2 % à 78,3 %. En Flandre, la valeur médiane du degré de dépendance atteint 81 %, soit une médiane sensiblement plus élevée qu’à Bruxelles et en Wallonie (environ 70 %). Plus d’un tiers (34,4 %) des résidents sont confrontés à une situation de démence, contre 32 % en 2013-14. 

Une certaine mobilité au sein de la région

En moyenne, près de la moitié des résidents (47,9 %) sont originaires de la commune où est implantée la structure, environ un quart (25,5 %) des communes avoisinantes et environ un quart (26,6 %) de la région au sens large. La mission et l’ancrage local sont importants pour la plupart des structures (et des seniors), mais on constate néanmoins une certaine mobilité au sein de la région au sens large. 


Statu quo du nombre de travailleurs

Malgré l’augmentation du degré de dépendance, le cadre du personnel est resté pratiquement inchangé au cours des 3 dernières années. La valeur médiane atteint 10,5 équivalents temps plein pour le personnel infirmier et le personnel de soins pour 30 résidents. On constate toutefois de grands écarts au sein de l’échantillon en fonction des subsides, de la région et du type de gestionnaire.

Financement : déséquilibre croissant entre les différentes régions et les types de gestionnaires

D’une part, la différence significative entre la Flandre d’un côté, et la Région Wallonne et Bruxelles de l’autre, s’explique en grande partie par les politiques régionales en matière de financement des maisons de repos et de soins (MRS). Les structures flamandes bénéficient dès lors d’un financement plus conséquent permettant la mise en place d’un encadrement en personnel adéquat. 

Investissement supplémentaire en personnel malgré le pessimisme quant à l’avenir financier

La majorité (57%) des sondés sont plutôt pessimistes quant à l’avenir financier de leur structure. Pourtant, une grande majorité d’entre eux investissent pleinement dans les soins, plus particulièrement dans le personnel soignant

En savoir plus ?

Pour une meilleure compréhension du secteur des MRPA/MRS et des défis auxquels il fait face, lisez l’étude complète:

Maisons de repos: tendances et indicateurs (2018) - FR