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5 Octobre 2016

GuardSquare : un acteur belge de haut niveau sur le marché international de l'IT

Eric Kenis

Auteur du livre « Hoek af »

Entretien avec Heidi Rakels, PDG de GuardSquare, par Eric Kenis, auteur du livre Hoek af.

GuardSquare propose un logiciel pour la sécurisation des applications Android. En avril 2016, GuardSquare a été nominée comme faisant partie des start-ups IT les plus prometteuses au monde. Jurgen Ingels – Monsieur Fintech chez ING – a investi très rapidement dans la société. Aujourd'hui, il y est actif en tant que CFO.

Comment êtes-vous, en tant qu'athlète de haut niveau, devenue entrepreneuse ?

"Lorsqu'un utilisateur de Google télécharge une appli, notre logiciel libre source est installé." "J'ai suivi des études d'ingénieur civil en informatique. Par la suite, j'ai commencé à pratiquer mon sport de manière professionnelle et je me suis 'égarée' pendant 14 ans. Après ma carrière sportive, je suis allée travailler dans le secteur de l'IT et j'y ai revu mon ancien camarade de classe, Eric Lafortune. Il est également mon associé actuel et le CTO de l'entreprise. Eric était déjà pris depuis quelque temps par un projet libre source."

"Comme vous le savez, dans les logiciels libre source, le code source est disponible librement. Chacun peut voir le logiciel et le développer de manière libre. De plus, il est gratuit. Eric a créé le logiciel libre source ProGuard pendant son temps libre. Le logiciel réduit la taille et augmente la rapidité des programmes Java et les protège quelque peu du piratage. Puisque ce programme était très bon et, qui plus est, gratuit, il est devenu très populaire assez rapidement."

"En 2008, Google a sorti Android qui se base sur la technologie Java. En 2010, Google a intégré ProGuard au kit de développement d'Android. Depuis lors, à chaque fois qu'un utilisateur Google télécharge une appli, notre logiciel libre source est installé."

Cela vous a donné une bonne réputation, mais toujours pas des revenus.

"Au fil des années, des millions de développeurs ont utilisé ProGuard. Beaucoup de grandes sociétés développant des applis ont aussi utilisé le logiciel. Ainsi, 87 % des applis bancaires aux États-Unis sont protégées par ProGuard."

"ProGuard ne donne qu'une protection de base raisonnable. Nous avons évidemment reçu beaucoup de rapports de bugs, mais aussi beaucoup de questions concernant des développements. Suite à cela, Eric a eu l'idée de développer une extension commerciale."

"Depuis 2012, il était occupé à développer le produit de paiement DexGuard, mais dès que nous avons eu des clients, nous avons créé la société. Nous avions une très bonne raison pour cela. À travers le projet libre source, nous avons reçu beaucoup plus de commentaires qu'une start-up ne reçoit habituellement. Dans notre cas, il s'agissait de commentaires de millions d'utilisateurs. Avant même que l'entreprise n'existe, nous avions mis notre produit sur internet à un prix très bas. Quand nous avons remarqué que les banques et les très grandes entreprises commençaient aussi à acheter notre logiciel, nous n'avions pas d'autre choix que de créer une entreprise."

Que vous a apporté la libre source ? Tout de même pas d'argent ?

"Notre projet libre source nous a offert de grands avantages. Nous avons des millions d'utilisateurs, tandis que nos concurrents n'ont que quelques centaines de clients. Ils doivent toujours essayer leurs nouveaux produits auprès de leurs clients commerciaux. Notre avantage est que nous avons une quantité infinie de testeurs. De plus, il existe une compatibilité totale entre notre projet gratuit et notre projet payant. De ce fait, il est très facile de faire la mise à niveau. Et cela signifie qu'une mise à niveau n'est qu'un tout petit changement pour nos utilisateurs."

"En ce qui concerne le nombre d'utilisateurs, nous sommes leaders du marché en Europe et aux États-Unis. À notre grande surprise, il n'y avait quasiment aucune banque qui était protégée par un concurrent."

Le produit est prêt. En quoi consiste donc l'innovation ?
"On ne peut jamais protéger une appli à 100 %."

"Il faut en permanence travailler sur le produit. On ne peut jamais protéger une appli à 100 %. On ajoute donc à chaque fois de nouvelles couches pour rendre la tâche des pirates toujours plus difficile. Notre innovation est d'ajouter à chaque fois de nouvelles couches de manière créative, et en outre, de faire mieux que la concurrence. Chaque couche en elle-même doit être la meilleure possible, mais, en plus, il faut avoir autant de couches que possible."

"Avec notre produit de base, nous sommes entrés dans beaucoup d'entreprises et de banques. Si nous construisons ensuite de nouveaux produits autour de ce produit de base, il est beaucoup plus facile de proposer une montée en gamme. Toute une série de produits dérivés peuvent ainsi être utilisés dans beaucoup d'applis. C'est une nouvelle forme d'innovation et nous ne sommes encore qu'au début."

"En parlant avec nos clients, nous apprenons à connaître leurs besoins secondaires et nous pouvons décider plus facilement du développement de produits supplémentaires leur correspondant étroitement."

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