Innovation

6 novembre 2017

Innover dans le secteur financier : le rôle des fintech

Avec son FinTech Village, ING suit de près les évolutions du monde financier. "Cela dépasse largement la seule technologie", souligne David Dab, responsable de l'innovation. "C'est un état d'esprit qui doit nous rendre plus flexibles et davantage orientés technologie."

Le FinTech Village, auquel les start-up peuvent s'adresser pour tester un prototype dans un environnement bancaire, en est un bel exemple. L'an dernier, le Village comptait sept entreprises fintech. Six d'entre elles ont finalement pu démontrer la viabilité de leur technologie. ING Belgique a signé des accords de collaboration avec la moitié de ces starters, "un taux de conversion extrêmement élevé", sourit David Dab, Head of Innovation chez ING Belgique.

"Cette année, les chiffres sont encore meilleurs. Les neuf start-up ont réussi à ‘vendre' leur concept et à prouver leur valeur ajoutée au sein de la banque, et nous sommes en train de mettre en place concrètement la technologie de cinq d'entre elles." Les excellents résultats ont convaincu ING de poursuivre dans cette voie, avec la troisième édition du programme FinTech Village.

Comment les start-ups peuvent-elles intégrer le FinTech Village ?

"Il existe deux façons d'y arriver. La première, c'est de nous contacter. Si nous trouvons l'idée intéressante, nous cherchons un sponsor, un manager senior de la banque qui est prêt à s'investir au côté de la start-up. La seconde possibilité est d'être invité par ING, parce que nous pensons qu'ils sont capables de résoudre un problème crucial pour la banque. Ici aussi, le rôle du sponsor est capital."

Comment ING déniche t'elle ces
fintech ?

"Il se crée chaque jour entre trois et dix sociétés fintech en Europe. Nous participons à des événements et discutons avec des accélérateurs, incubateurs, investisseurs et autres acteurs financiers.
Il se crée chaque jour entre trois et dix sociétés fintech en Europe. Par ailleurs, la plupart de ces start-ups ne disposent pas encore d'un produit ou d'un service à la qualité avérée. Elles sont à la recherche d'une banque pour tester leur produit sur des systèmes financiers sophistiqués. La confiance est dès lors primordiale. Les start-up disposent de peu de moyens, de peu de liquidités et de peu de temps. Raison pour laquelle elles cherchent des banques qui sont prêtes à se lancer rapidement dans l'aventure et à les soutenir, comme nous le faisons. Nous les aidons par exemple à trouver leurs premiers clients, ce qui leur permet d'aller plus facilement frapper à la porte des investisseurs."

Pourquoi est-ce aussi important pour ING ?
Il s'agit donc bien plus que de technologie: c'est aussi un état d'esprit.

Ne serait-il pas plus simple, voire moins cher, d'acheter une société fintech déjà installée ? "Nous sommes à la veille de changements fondamentaux et nous devons être en mesure de nous adapter rapidement si nous voulons rester dans la course", répond David Dab. "Enfin, cette démarche s'intègre dans un processus plus large de changement de la culture d'entreprise au sein de la banque. Il s'agit donc bien plus que de technologie: c'est aussi un état d'esprit. Acheter une fintech qui a déjà fait ses preuves ne rend pas votre entreprise plus flexible ni davantage orientée technologie."

Que deviennent les fintech après la phase de test ?

La banque ne craint-elle pas que les fintech ne cherchent d'autres partenaires dès lors qu'elles ont testé leur produit ? "Il nous arrive de conclure des contrats d'exclusivité avec certaines start-up, mais c'est plutôt exceptionnel", poursuit David Dab. "Nous ne vivons plus dans un monde d'exclusivité mais de rapidité et de réalisation d'objectifs. Si nous exigeons d'être leur unique client, ces start-up devront rapidement déposer le bilan. Lorsque c'est possible, nous essayons même de les aider à conclure des contrats avec d'autres institutions financières."

La banque collabore également avec des sociétés fintech plus avancées. "Les fintech qui emploient déjà des dizaines de collaborateurs et qui affichent des revenus de plusieurs millions d'euros n'ont bien entendu pas besoin du programme FinTech Village, car elles ont démontré la pertinence de leur projet. Mais il peut être intéressant de lancer ensemble un projet-pilote ou d'intégrer leurs solutions dans nos systèmes. Pour ces entreprises, nous disposons d'autres formes d'engagement que le Village. Par exemple, nous avons récemment trouvé une société fintech qui rendait les sites internet plus conviviaux. Après avoir testé leur produit, nous avons été presque immédiatement convaincus de travailler avec elle."

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