Innovation

29 juillet 2019

La logistique portuaire à l’heure écologique

La nouvelle étude d’ING sur la logistique portuaire est publiée. Le professeur Theo Notteboom (Université d’Anvers) et Dirk Vanhoutteghem (Gosselin Group) nous éclairent sur le caractère durable des ports du delta Escaut-Rhin.

En quoi cette septième édition sur la logistique portuaire se différencie-t-elle des précédentes ?

Dirk Vanhoutteghem : Les études précédentes ont surtout mis en lumière la structure de la logistique portuaire. La prochaine met l’accent sur le développement durable, un thème très actuel. Nous y abordons la question du Green Supply Chain Management, qui vise à intégrer la durabilité dans l’organisation de la chaîne logistique. 

Cette nouvelle édition élargit aussi la portée de l’étude…
" Nous ajoutons une dimension transfrontalière, à l’échelle du delta Escaut-Rhin "

Dirk Vanhoutteghem : En effet. Nous ne nous limitons plus aux ports belges mais y ajoutons une dimension transfrontalière, à l’échelle du delta Escaut-Rhin, en intégrant les ports néerlandais. Nous couvrons aussi la collaboration entre Gand et Terneuzen, qui a débouché sur la création du North Sea Port. Ce domaine portuaire s’étend ainsi sur 60 kilomètres jusqu’à Vlissingen.

Quel est l’objectif de l’étude ?

Dirk Vanhoutteghem : En premier lieu, l’étude passe en revue les différents aspects du Green Supply Chain Management. Et, à travers l’enquête menée en parallèle, nous voulons savoir comment, et dans quelle mesure, les entreprises et autorités de ce domaine portuaire prennent en compte la durabilité.

Au-delà des considérations marketing qui peuvent les inciter à la mettre en avant, l’étude entend vérifier si elles joignent le geste à la parole. Des actions concrètes sont-elles entreprises ou s’agit-il plutôt de déclarations d’intention pour se donner une image écologique ?

L’étude va certainement nous donner des clés de compréhension pour l’ensemble du secteur et les pouvoirs publics concernés.  Ces derniers peuvent-ils jouer un rôle d’orientation dans ce domaine ? Par exemple, en obligeant les entreprises portuaires à réaliser un certain pourcentage de leur trafic par le rail ou la navigation intérieure.

Quel est le but de l'enquête ?

Theo Notteboom : Nous interrogeons des entreprises et autorités portuaires sur l’importance qu’elles accordent à l’écologisation et sur la manière dont elles l’appliquent. L’innovation et des collaborations avec des fournisseurs peuvent s’avérer fructueuses à cet égard.

Nous voulons aussi connaître leurs principales motivations : le font-elles pour l’image de l’entreprise, les coûts, la relation avec le client et le fournisseur ou parce que les autorités les y contraignent ? Et comment mesurent-elles cette écologisation ? Les coûts de carburant et le coefficient de remplissage sont des facteurs importants à cet égard. 

Quels sont les aspects du Green Supply Chain Management abordés dans l’étude ?
" Des développements spectaculaires sont mis en évidence, comme le stockage et la réutilisation du CO2 "

Theo Notteboom : Nous nous intéressons certainement à l’économie circulaire. Notamment à l’éco-conception puisqu’elle permet plus facilement de démanteler un produit, d’en retirer les matériaux et ensuite de les recycler ou de leur donner une nouvelle destination. Mais des développements spectaculaires sont également mis en évidence, comme le stockage et la réutilisation du CO2 comme matière première.

Et puis il y a les ports en tant que tels : où en est l’écologisation de la navigation et le recours aux véhicules électriques et hybrides dans les terminaux ? Nous examinons aussi la logistique dans l’arrière-pays, dont l’importance grandit avec l’accroissement des activités portuaires. Et nous évoquons dans ce contexte le transport ferroviaire et fluvial ainsi que la création de centres de distribution dans l’arrière-pays. De manière générale, nous pouvons affirmer que le secteur doit absolument poursuivre sa digitalisation.