Innovation

23 mai 2019

Les gènes qui nous font vivre plus longtemps

Que diriez-vous de vivre plus de 100 ans tout en restant en bonne santé, actifs et inclus dans la société ? Les gènes de la longévité et les biomarqueurs pourraient en être la clé.

  • La longévité est associée à des valeurs élevées du « bon » et à des valeurs faibles du « mauvais » cholestérol.
  • Les gènes de la longévité semblent protéger les centenaires contre d'importantes maladies liées à l’âge, telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète et la démence.
  • Les biomarqueurs peuvent être utilisés pour établir un diagnostic rapide et précis du vieillissement du système immunitaire chez le patient.

Le professeur Nir Barzilai est mondialement connu pour ses recherches en biologie et génétique du vieillissement. Il s'intéresse tout particulièrement aux personnes qui ont une espérance de vie hors norme. Nir Barzilai enseigne dans plusieurs universités, dirige le projet Longevity Genes et a découvert différents « gènes de la longévité ». Ces gènes semblent protéger les centenaires contre d'importantes maladies liées à l’âge, telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète et la démence.

Une meilleure qualité de vie

« Des centenaires qui vivent 30 % plus longtemps que la moyenne et qui jouissent d'une meilleure qualité de vie, qui ne s’explique pas par leur mode de vie : environ la moitié d’entre eux souffre d’obésité, ils sont nombreux à bouger peu et à fumer », indique Nir Barzilai. « Leur génome devait donc avoir quelque chose de particulier, ce que nos recherches ont confirmé par la suite. »

« Jusqu'ici, on n’avait jamais songé à traiter le vieillissement en lui-même. Ce que je souhaite, c’est mettre mes connaissances scientifiques à profit pour les traduire en traitements efficaces. C'est pour cette raison que j'ai fondé CohBar, une entreprise de biotechnologie axée sur le développement de médicaments pour les maladies liées à l'âge. Car le seul fait de vivre plus longtemps n’est pas un objectif en soi. Il s’agit bien de vivre plus longtemps en bonne santé. »

Vieillissement et métabolisme
« L'âge n'est qu'un chiffre. C’est l’âge biologique qui compte »

« L'âge n'est qu'un chiffre. C’est l’âge biologique qui compte, pas l’âge chronologique », affirme le professeur Barzilai. « Le fait qu'une personne paraisse plus âgée ou plus jeune que son âge montre que tout le monde ne vieillit pas de la même manière. Et c’est cela qui m’a poussé à étudier le vieillissement. »

« Au début, il n'y avait pas de groupes de recherche spécifiquement dédiés au processus de vieillissement. Le vieillissement était considéré comme quelque chose de complexe et d'inévitable. C'est pourquoi j'ai commencé par étudier notre métabolisme, puisqu'à cette époque c'était le seul domaine dans lequel on pouvait étudier les aspects du vieillissement. »

« Au bout de quelques années, j’ai créé ma propre ligne de recherche. En envisageant le vieillissement comme un processus modulé, la perception même du vieillissement a changé du tout au tout », ajoute Nir Barzilai. Tandis que la plupart des chercheurs dans ce domaine étudient des cas spécifiques comme la progéria, une maladie rare du vieillissement, le professeur Barzilai adopte une perspective diamétralement opposée.

Le professeur Nir Barzilai a découvert des gènes de la longévité, qui semblent protéger les centenaires contre d'importantes maladies liées à l’âge.

Le professeur Nir Barzilai a découvert des gènes de la longévité, qui semblent protéger les centenaires contre d'importantes maladies liées à l’âge.

Cibler le système immunitaire

Plus près de chez nous, on mène aussi des recherches sur le vieillissement. L'Université de Hasselt, l'Université de Liège, le Centre médical universitaire de Maastricht, la Clinique universitaire d'Aix-la-Chapelle, l'IMEC et cinq entreprises de l'Euregio Meuse-Rhin unissent leurs forces pour freiner le vieillissement en ciblant spécifiquement le système immunitaire.                

Le projet Healthy Aging vise à dépister plus tôt le vieillissement immunitaire grâce à des biomarqueurs afin de le prévenir ou de le freiner. Les biomarqueurs présents dans le sang trahissent la présence ou annoncent l'arrivée de maladies. Les meilleurs biomarqueurs peuvent ensuite être « utilisés » pour développer des biocapteurs qui pourront établir un diagnostic rapide et précis du vieillissement du système immunitaire chez le patient.

Les meilleurs biomarqueurs peuvent être utilisés pour établir un diagnostic rapide et précis du vieillissement immunitaire

Un autre volet s'intéresse à la « médecine personnalisée ». Actuellement, les patients qui souffrent d'une maladie chronique sont souvent soignés selon une approche uniformisée. Pourtant les patients ne réagissent pas tous de la même manière à une thérapie donnée. C'est pourquoi, à partir de l'étude des biomarqueurs, on travaille sur un système qui aiderait les médecins à prescrire le traitement le plus adapté à chaque patient. Outre les médicaments classiques, cette étude mise aussi sur l'immunothérapie ciblée et les compléments alimentaires capables de freiner le vieillissement du système immunitaire.

« Ce projet Interreg est étroitement lié à la mission de Happy Aging : stimuler les innovations dans le domaine du vieillissement dans la dignité. Avec ce projet, l’expertise en matière de vieillissement en bonne santé continue de progresser dans notre région », selon le professeur Piet Stinissen, doyen de la faculté de Médecine et des Sciences de la vie de l’Université de Hasselt. « Si nous menons à bien ce projet avec tous les partenaires, nous permettrons aux personnes âgées de vivre chez elles plus longtemps. D'une certaine manière, nous contribuons donc aussi à réduire le coût du vieillissement. »

Happy Aging comme facilitateur

Happy Aging, elle aussi, mise sur la recherche en vue d'accompagner le vieillissement, ainsi que sur l’accélération des innovations qui permettent de vieillir heureux et en bonne santé. Grâce à un réseau d'entreprises, d'organismes de soins, d'établissements de formation, d'organisations politiques et d'acteurs internationaux comme le professeur Nir Barzilai, Happy Aging tente d'encourager les innovations durables qui font progresser l'entrepreneuriat dans ce secteur, ainsi que la qualité des soins.

Dans ce laboratoire vivant unique, Happy Aging met l'accent sur l'utilisateur final : les personnes âgées, les intervenants de proximité et les professionnels des soins de santé. Ceux-ci communiquent leurs besoins, leurs souhaits et leurs limites, et testent des produits et services innovants.

Cet article a été rédigé grâce à la collaboration et au partenariat entre ING et Happy Aging.

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