Innovation

20 mars 2020

Déchets hospitaliers : économiser en triant mieux

Selon un récent rapport publié par l’ONG Health Care Without Harm, le secteur de la santé est responsable de 4,4 % des émissions nettes mondiales de gaz à effet de serre.

Les hôpitaux veulent réduire leur empreinte écologique

En Belgique, le renforcement progressif de la législation sur les rejets atmosphériques a contraint à la fermeture de nombreuses installations d’incinération en milieu hospitalier qui traitaient différents types de déchets (de A à E, voir encadré).

À titre d’exemple, les hôpitaux du CHwapi à Tournai se sont lancés dans une démarche d’optimalisation des déchets en s’appuyant sur l’expertise de l’intercommunale Ipalle, qui a réalisé un audit de leurs quatre implantations. « Le traitement d’une tonne de déchets B2 coûte 1.300 euros, contre 320 euros pour les déchets B1. Si l’on apprend à bien trier, les retombées sont immédiates. L’économie se chiffre maintenant à près de 100.000 euros par exercice », se félicite Didier Delval, directeur général du CHwapi.

Les hôpitaux écoresponsables visent évidemment un retour sur investissement. En 3 à 10 ans, l’investissement est récupéré et le gain pour la planète est d’ores et déjà là.

4 Chiffres

  • 250 kilos de déchets par heure traités suivant les types d’appareil
  • Entre 700 et 1.000 euros la tonne, le prix payé par les hôpitaux aujourd’hui
  • 80 % de volume de déchets en moins après le broyage
  • 20-25.000 tonnes de déchets infectieux : le tonnage global annuel estimé pour la Belgique.

Une société belge leader mondial

Si à Tournai, à Anvers et ailleurs, les autorités hospitalières ont fait le choix de collaborer avec une intercommunale, une alternative existe. La Belgique abrite en effet l’un des leaders mondiaux de la gestion de ses déchets. La société belge AMB Ecosteryl fabrique des machines qui traitent et désinfectent les déchets médicaux. Après avoir installé plus de 120 machines dans 50 pays à travers le monde, elle entend maintenant conquérir le marché belge également. « Nous broyons les déchets, puis les chauffons à l’aide de micro-ondes pour atteindre les 100°. Ils sont maintenus à cette température pendant une heure. C’est cette combinaison de chaleur et de temps qui permet de traiter et désinfecter les déchets », explique Amélie Matton, COO d’AMB Ecosteryl.


Amélie Matton, COO van AMB Ecosteryl

Amélie Matton, COO van AMB Ecosteryl


Amélie Matton estime que les hôpitaux pourraient réaliser 50 % d’économies en optant pour la solution proposée par sa société. « Avec notre système, main d’œuvre comprise, ils devraient s’acquitter de la somme de 350 euros la tonne. La Belgique est un marché compliqué vu les législations en vigueur. Mais nous souhaitons mettre en œuvre les efforts nécessaires afin de le conquérir ». Des pourparlers sont d’ailleurs déjà en cours avec différents hôpitaux du pays.

D’autres formes

Evidemment, d’autres types de déchets proviennent des hôpitaux, comme en témoigne François Burhin, Directeur général d’EpiCURA pour Mons et Ath : « Les employés se plaignaient de la vaisselle et des petites bouteilles d’eau en plastique. Ce sont des préoccupations fortes du personnel et des patients ». Comme dans d’autres établissements du pays, un comité de pilotage et des groupes projets ont été mis sur pied pour mener des actions concrètes qui diminueront leur empreinte écologique.

  •    B1 : Déchets anatomiques humains (tissus et organes du corps humain)
  •    B2 : Déchets tranchants / piquants (seringues, aiguilles, scalpels et lames de rasoir jetables, etc.)
  •    B3 : Déchets pharmaceutiques (vaccins et sérums périmés, inutilisés et contaminés)
  •    B4 : Déchets pharmaceutiques cytotoxiques (médicaments cytotoxiques utilisés dans le traitement du cancer)
  •    B5 : Sang et fluides corporels

ing.be/healthcare

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