Innovation

4 janvier 2018

La réforme des soins de santé mentale

Le nombre d'individus touchés par des troubles psychiques est en constante augmentation. Certaines sources décrivent même ces troubles comme l'épidémie des temps modernes. Le monde des soins de santé mentale fait face à de nombreux défis et nécessite certaines réformes radicales. Fin octobre, plusieurs experts du secteur se sont rassemblés pour discuter de l'avenir des soins de santé mentale.

Chaque année, environ 40 % de la population souffre de troubles psychiques. Si la prévalence des troubles psychiques reste stable, la demande de soins a fortement augmenté.

Cette augmentation peut notamment s'expliquer par :

  • Une psychologisation/psychiatrisation des problèmes de la vie quotidienne
  • Une amélioration du dépistage des troubles psychologiques
  • Une disposition accrue à recourir à l'aide de professionnels
  • Les maladies de démence liées au vieillissement

Ces dernières années ont été le témoin d'une diminution constante de la cohésion sociale. En outre, une partie de plus en plus importante de Belges vivent dans des conditions précaires. Ces derniers points sont également à l'origine de troubles mentaux, et participent également à l'augmentation de la demande de soins.

À savoir : L'importance des soins de santé mentale au niveau mondial

Le monde connaît une augmentation de la demande de soins de santé. Le rôle des soins de santé mentale dans le paysage des soins de santé ne cesse de croître. Consultez la présentation pour en apprendre davantage sur les tendances internationales.

La demande dépasse l'offre

Face à cette demande croissante, les hôpitaux font face à une pénurie de lits. L'offre en psychiatrie est actuellement inférieure à la demande, le taux d'occupation est élevé et les séjours sont de courte durée. L'aspect du financement pose lui aussi un certain nombre de problèmes.

À savoir : Le besoin d'une politique

Les experts mettent en garde sur le lien étroit entre santé mentale et santé physique : 30 % des personnes souffrant de maladies chroniques présentent également des troubles psychiques, et 46 % des personnes avec des troubles psychiques ont également des problèmes physiques. Les soins de santé mentale doivent dès lors tenir une place dans la politique de santé générale.

Il y a environ 40 ans, la Belgique entamait des réformes visant à limiter l'hospitalisation des patients psychiatriques. Depuis 1976, des efforts sont consentis pour harmoniser l'offre psychiatrique avec les besoins du patient. En 1990, une restructuration des lits en psychiatrie chronique a eu lieu et des alternatives ont été cherchées pour les hôpitaux. En attestent les maisons de soins psychiatriques et les initiatives de logements alternatifs.

En 2007, des projets pilotes de soins de santé mentale ont été lancés dans les circuits et les réseaux de soins. Ceux-ci visent à améliorer la continuité des soins. 2010 marqua le lancement des "projets 107" pour les adultes et 2015 celui des "projets 107" pour les jeunes.

Projets 107

Avec les "projets 107" pour adultes, la Fédération des établissements de santé bruxellois (GIBBS) veut garantir la continuité des soins. Elle souhaite créer un réseau coordonné et maintenir les patients dans leur environnement d'origine. Elle espère ainsi prévenir les rechutes et réduire le nombre d'hospitalisations.

Les projets ont 5 objectifs :
  • Continuité des soins
  • Travail coordonné en réseau
  • Maintien des patients dans leur environnement
  • Eviter les rechutes
  • Réduire le nombre d'hospitalisations et leur durée

Le plan est budgétairement neutre pour le gouvernement fédéral et pour l'hôpital qui gèle des lits. Le gel des lits d'hôpitaux pour les soins aigus et psychiatriques s'effectue volontairement, les moyens investis sont utilisés pour former des équipes mobiles et chaque réseau dispose d'un financement pour financer les coûts d'exploitation.

Les "projets 107" pour les jeunes disposent d'un seul réseau reconnu à Bruxelles : Bru-Stars. Bru-Stars repose sur le networking et une maximisation des soins du patient dans l'environnement de vie et scolaire des jeunes. Le gel des lits d'hôpitaux n'a pas lieu et le fédéral contribue au financement des équipes mobiles. En outre, le budget pour Bruxelles est plus conséquent, car le pourcentage de jeunes souffrant de troubles mentaux y est plus important.

Consultez la présentation pour en apprendre davantage sur les projets 107 à Bruxelles.

Les réformes futures devront faire l'objet de concertations entre les différentes parties. Les équipes mobiles doivent avoir suffisamment de liberté pour se développer et des moyens doivent être libérés pour intensifier les soins hospitaliers. Cette condition est essentielle à l'amélioration de l'offre du secteur des soins hospitaliers et au renforcement de l'organisation et de l'efficacité de cette offre.

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