Innovation

20 juin 2016

L’avenir est à l’écosystème

Partager ses connaissances ? Cela peut sembler étrange, pourtant c’est l’un des éléments contribuant au succès d’une entreprise. Bien que Jurgen Ingels ait trouvé cette idée et bien d’autres dans le secteur fintech, elle est tout aussi pertinente pour les entreprises actives dans d’autres secteurs.

La spécialisation est indispensable pour être compétitif au niveau international."L’époque où le client achetait des applications ici et là, puis engageait une entreprise pour les intégrer est révolue : désormais, il veut une solution totalement intégrée. Simultanément, tout change si vite qu’il est impossible de tout faire soi-même. La spécialisation est indispensable pour être compétitif au niveau international." Pour Jurgen Ingels, fondateur de Clear2Pay, c’est le principal défi de notre époque. La manière de le relever selon lui ? "Il faut créer un écosystème."

Argent, plateforme et connaissances partagées

Après cinq années dans le private-equity, Jurgen Ingels a créé Clear2Pay en 2000. Son entreprise technologique propose aux banques une solution permettant de transférer aisément de l’argent au niveau international. Maintenant que son entreprise a été vendue, il met ses connaissances et son expérience à profit pour donner un coup de pouce aux autres jeunes entreprises du secteur fintech.

L’idée d’écosystème et de partage de connaissances devient très importante."Le contexte actuel est à nouveau totalement différent", reconnaît-il. "Pour réussir, trois éléments sont requis. Tout d’abord de l’argent : c’est pourquoi nous avons créé Smartfin Capital." Mais, et c’est le deuxième élément, les entreprises doivent également savoir ce que veut exactement leur client final : comment il utilise leurs produits, mais aussi d’autres produits connexes. Dans le secteur fintech, c’est un défi technique auquel une plateforme qui relie différentes applications apporte une solution. Troisièmement, il est désormais clair qu’une seule entreprise ne peut pas tout faire toute seule. Elle doit se concentrer sur un aspect partiel et y devenir la meilleure. "Et là, il faut collaborer avec d’autres qui sont les meilleurs dans leur domaine pour construire ensemble des produits qui sont les meilleurs au monde. Cette idée d’écosystème et de partage de connaissances devient très importante", explique Jurgen Ingels.

Chacun son rôle

Les acteurs fintech particulièrement agiles vont-ils évincer les grandes banques plus rigides et reprendre leur rôle ? Jurgen Ingels n’y croit pas. "Une banque est une banque, une entreprise technologique est une entreprise technologique. Une entreprise technologique ne deviendra jamais une banque. Mais les acteurs technologiques vont aider les banques à fluidifier leur fonctionnement, à gagner en efficacité. Les banques doivent embrasser ces acteurs technologiques et intégrer leurs applications dans leur propre environnement pour rendre la vie de leurs clients plus agréable et confortable. Dans ce cas, le client n’aura aucune raison de s’en aller."

De la même manière, une banque ne deviendra jamais une entreprise technologique. Jadis, une banque pouvait recruter mille informaticiens et tout garder sous contrôle de A à Z. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Grâce à l’open source, une petite start-up peut se nourrir des connaissances et de l’expertise des meilleurs développeurs au monde.

L’approche aussi est totalement différente. "Aujourd’hui, une entreprise technologique va construire un produit qui n’est pas parfait, le commercialiser et créer une deuxième version sur base du feedback reçu du marché. Après plusieurs essais, vous obtenez un produit qui répond parfaitement aux exigences du marché."

Mais parlons-nous uniquement du secteur financier ? Non, répond clairement Jurgen Ingels. "Cela vaut également pour les soins de santé, la logistique… Le monde évolue rapidement, mais retenez que le temps réel et les données ne cessent de gagner en importance, quel que soit l’environnement."

Entreprendre, c’est partager des connaissances. Jurgen Ingels vous donne 5 conseils :
  1. Les entreprises qui entendent être compétitives au niveau international doivent se concentrer sur ce en quoi elles peuvent être les meilleures.
  2. Facilitez la vie du client si vous le connaissez, pas uniquement en ce qui concerne votre propre produit, mais aussi plus largement.
  3. Tant les "vieilles" banques que les jeunes "entreprises fintech" ont un rôle à jouer. Elles doivent se renforcer mutuellement en offrant une solution à leurs clients.
  4. Real time et Data driven : ce sont les exigences que les applications doivent satisfaire aujourd’hui.
  5. Aucune entreprise n’opère seule. Pour réussir, une entreprise doit collaborer au sein d’un écosystème, nouer des liens et partager des connaissances.
Et maintenant ?

N’hésitez pas à visiter notre site dédié au starters. Vous y trouverez des conseils et outils pratiques pour prendre un bon départ.