Starters

1 Decembre 2016

Chaque échec est un moment d’apprentissage

Le chef d’entreprise qui commet une erreur en paie généralement le prix. Mais ceux qui s’y prennent intelligemment n’en sortent pas perdants. Car un faux pas est aussi une opportunité d’apprendre. "Les échecs font partie du processus d’apprentissage du chef d’entreprise", assure Filip Cuypers, Program Director chez Idealabs.

Après une petite ou une grosse gaffe, nous sommes partagés entre la honte et le désespoir. À tort pour Filip Cuypers, Program Director chez Idealabs, l’incubateur de start-ups anversois et partenaire préférentiel du programme accélérateur Telenet Kickstart. Depuis 2014, Idealabs a accompagné 18 start-ups numériques de la phase de l’idée et du prototype aux premiers pas sur le marché. Un processus shape, build, launch en quatre mois, puis une phase de croissance (growthlabs) d’à nouveau quatre mois.

Culture de l’échec

Les starters commettent des erreurs, Filip Cuypers le reconnaît ouvertement. "Dans le paysage des start-ups, l’échec fait partie du job. C’est logique, puisqu’on lance un produit ou un service pour lequel il n’existe pas encore de marché." Pourtant, le Belge appréhende l’échec. "C’est en partie lié à notre culture. Je me suis récemment rendu à New York et parmi les start-ups, cette culture de l’échec est évidente. Le raisonnement est : cela n’a pas marché deux fois, mais j’ai beaucoup appris, et la troisième fois sera peut-être la bonne. La qualité du filet de protection sociale dont bénéficient nos salariés en dissuade beaucoup de faire le bond incertain vers l’entrepreneuriat."

Échec ou apprentissage ?

Les erreurs ne deviennent réellement des échecs que si l’on n’en tire aucun enseignement. "Nous conseillons à nos starters de faire valider par le marché le plus grand nombre possible d’idées dans cette première phase, via de petites expériences", recommande Filip Cuypers. "Lancez par exemple une page web où vous présentez votre produit et voyez comment réagissent vos clients potentiels. Adaptez votre produit en fonction des réactions et recommencez le processus. Dans le jargon, on parle d’itération. Il n’y a aucun sens à construire un produit que personne n’attend, quelle que soit sa qualité. C’est d’ailleurs la principale raison pour laquelle des start-ups ne percent pas : il n’y a pas de marché. Je préfère considérer les échecs comme des moments d’apprentissage. C’est pourquoi nous organisons également des événements communautaires, où des chefs d’entreprise belges peuvent raconter honnêtement leur histoire. Quand nos starters se rendent compte que tout n’a pas toujours été facile pour des entreprises à succès, cela les motive."

De l’échec à l’innovation
"Si l’on ne peut pas faire d’erreur, on ne fera rien de neuf, et on est condamné à stagner. Les innovations majeures sont précisément nées d’échecs."

Une petite entreprise qui ne tolère pas les erreurs verrouille l’innovation. Ceux qui doivent rendre des comptes sur la moindre fausse note deviendront trop prudents par la suite. "Ce sentiment ne peut jamais s’insinuer dans une start-up : un starter doit accepter qu’un membre de l’équipe se trompe parfois", insiste Filip Cuypers. "Si l’on ne peut pas faire d’erreur, on ne fera rien de neuf, et on est condamné à stagner. Les innovations majeures sont précisément nées d’échecs."

L’échec et la réussite sont souvent très proches dans le monde de l’entreprise. "La science évolue constamment en découvrant des erreurs, pensez à la terre plate. Cela vaut également pour les entreprises. Appelez cela disruption, destruction créative ou simplement progrès. Grâce à nos erreurs, nous choisissons peut-être un nouveau cap pour notre entreprise, ou une autre stratégie, ou un autre marché", conclut Filip Cuypers.

5 conseils pour gérer les erreurs :
  1. Faites valider le plus possible d’idées auprès du plus grand nombre de personnes. Développez une communauté autour de votre produit. Les start-ups échouent surtout par manque de marché.

  2. Essayez de trouver un cofondateur avec lequel vous pouvez tout partager, même vos échecs.

  3. N’ignorez pas vos erreurs. Ne les glissez pas sous le tapis et ne rejetez surtout pas la faute sur une autre personne. Apprenez de vos erreurs en tant qu’équipe.

  4. Continuez à communiquer honnêtement avec les clients et les investisseurs, même si les choses se passent moins bien. Imaginez : vous investissez 3.000 euros, et cela ne donne rien. Dites-le aussi à vos investisseurs. Ils finiront de toute façon par le découvrir.

  5. Faites preuve des ressources mentales utiles pour sortir d’un piège. Et voyez chaque échec comme un moment d’apprentissage.

Votre projet d'entreprise sera-t-il une réussite ?