Gérer au quotidien

2 février 2017

Comment apprendre de ses erreurs ?

Beaucoup d’entrepreneurs perçoivent l’échec comme un fait absolu et se considèrent comme des "loosers" dès lors qu’ils ont échoué. Un phénomène de peur, voire d’angoisse naît alors souvent, les freinant considérablement dans leurs projets futurs. Or, de nombreuses études et exemples démontrent que ceux qui réussissent brillamment se sont souvent plantés dans le passé. Et pour certains, plusieurs fois, et souvent de manière très sérieuse.

L’échec est honteux en Belgique

Plusieurs causes d’échecs peuvent être citées. Elles peuvent être liées à :

  • la personnalité du dirigeant
  • un manque de préparation
  • l’utilisation des mauvais outils
  • un manque de conseil ou de suivi
  • une certaine malchance ou autres retournements de marché

Quelles que soient les causes d’échecs, se tromper est grave et honteux en Belgique. Aux Etats-Unis au contraire, l’erreur fait partie des étapes évidentes amenant au succès. Le concept de la "seconde chance" est certes à l’ordre du jour des programmes politiques européens, mais il est encore loin d’être concrétisé sur le terrain. Il n’est pas évident pour l’entrepreneur ayant échoué ou commis une erreur de s’en tirer indemne. Son image est souvent ternie, son matricule entaché… et ce pour longtemps.

Comment l’échec peut servir de leçon ?

Beaucoup d’entrepreneurs se sont servis de leurs échecs comme de leçons qu’ils ont accueillies avec humilité et ouverture. Pour autant que l’entrepreneur puisse prendre du recul, l’erreur peut en effet donner des ailes pour le futur. Pour preuve, Walt Disney, Ford, Heinz, Dyson ou Bill Gates ont tous connus des échecs avant leur succès.

"Ces entrepreneurs-types analysent leur échec et en tirent souvent un apprentissage puissant."

Pour eux, l’échec fait partie du voyage. Ils ne le renient pas. Ces entrepreneurs-types analysent leur échec et en tirent souvent un apprentissage puissant, et ce sans blâmer les autres ou évoquer des conditions environnementales ou économiques défavorables.

Avant de faire preuve d’un courage extrême, les entrepreneurs qui rebondissent font preuve d’une attitude particulièrement positive et volontariste. L’apprentissage par essais/erreurs leur semble évident dans un monde aux mouvances si importantes et rapides.

Le mot d’ordre est donc clair : déculpabiliser pour mieux rebondir !

5 leçons de l’échec
  1. L’échec permet tout d’abord d'apprendre et de progresser. Apprendre à ne plus commettre les mêmes erreurs, à tirer le bon du mauvais et à faire évoluer son projet dans le bon sens. Et le faire en cherchant de nouveaux débouchés et une nouvelle manière d'exploiter ses idées. Dès lors qu’elles sont conscientisées, les erreurs permettent une approche plus critique et réaliste du futur.

  2. L’échec permet de faire le bilan et de souligner les faiblesses certes, mais aussi les forces de l’entrepreneur et de son entreprise. L’échec apprend, en d’autres termes, à mieux se connaître et à trouver pour le futur une meilleure cohérence entre les atouts personnels et les opportunités à exploiter.

  3. L’ échec permet souvent de remettre les pieds sur terre et de remettre ses priorités en ordre. Après un échec, le bon sens est souvent dopé. Les vraies valeurs surgissent naturellement et l’équilibre professionnel est renforcé.

  4. L'échec permet d’endurcir le chef d'entreprise dans un environnement toujours plus compétitif et agressif. Comme le dit l’adage : "ce qui ne tue pas rend plus fort" !

  5. L’échec permet de doper l'innovation : les bonnes idées surgissent souvent dans les moments les plus difficiles. Les concepts les plus forts naissent régulièrement dans la douleur.

Apprendre de ses erreurs, une évidence ?

En théorie, la réflexion semble avoir du sens. En pratique, elle s’avère moins évidente. Le réflexe du déni ou de la culpabilisation restent plutôt courant chez les entrepreneurs. Dommage, car "crever l’abcès" et faire le point permet souvent de tirer de bons enseignements et de ranger, ensuite, l’erreur passée au placard.

Alors oui, plutôt que de s’enterrer en cas d’échec, il faut sortir la tête de l’eau, prendre du recul, analyser la situation, croire en ses forces et en l’avenir. Cela permettra souvent de rebondir d’autant mieux et plus haut.

Il est trop difficile de le faire seul ? L’appel à l’aide sera le bienvenu. Il sera même souvent indispensable.

Et maintenant ?