Photo d'un train de boxeur.
GÉRER AU QUOTIDIEN

26 avril 2017

Assumer ses erreurs, s’adapter et s’entourer


Olivier Kahn

Expert-comptable et accompagnateur d’entrepreneurs

3 conseils à retenir :
  1. Il convient de développer une culture de l’échec dans l’entreprise.

  2. Tout est question de rapidité et il faut donc disposer d’outils simples permettant d’exercer un contrôle.

  3. En interne comme en externe, les bons collaborateurs sont la clé de la réussite.

Olivier Kahn est expert-comptable et accompagnateur d’entrepreneurs spécialisé en stratégie et gestion. Ces deux casquettes l’amènent régulièrement à rencontrer et conseiller des dirigeants confrontés à des difficultés ou à des résultats insatisfaisants. Quelle est alors, selon lui, l’attitude à adopter ?

"Dans le monde sportif, on a compris depuis longtemps qu’on ne bat pas un record du premier coup… Dans l’entreprise, c’est la même chose. Après un premier essai dévalorisant, il faut que les entrepreneurs soient capables de récidiver et de faire une deuxième, voire une troisième tentative… Toujours en tirant les leçons, en s’adaptant." La comparaison que propose Olivier Kahn pour sensibiliser les entrepreneurs en difficulté est particulièrement bien choisie : leurs objectifs et ceux des sportifs, ainsi que les méthodes qu’ils mettent en place pour les atteindre sont, dans leur principe, semblables… Leur réaction face à l’adversité peut être lourde de conséquences !

"La condition première est d’avoir un ego limité, d’accepter l’échec, et d’être alors capable de réorienter sa stratégie."
Accepter et réagir

"Le principal élément qui fait que certaines entreprises restent bloquées face à un mur, c’est qu’elles continuent à essayer de le traverser… Et ce n’est que lorsqu’elles sont à bout de ressources qu’elles pensent enfin à changer de stratégie. Donc, pour dépasser cet obstacle, la condition première est d’avoir un ego limité, d’accepter l’échec, et d’être capable de réorienter sa stratégie et sa manière de faire." En d’autres termes, il faut développer aussi une culture de l’échec dans l’entreprise.

"C’est un des éléments qui manquent d’ailleurs dans de nombreuses structures : réussir à accepter et à apprendre de ses erreurs. Se planter, ce n’est pas grave… Mais il faut réagir vite. C’est le problème de beaucoup d’entrepreneurs : nombreux sont ceux qui attendent d’atteindre leurs propres limites et de ne plus avoir de cash pour réagir. Ce qui est souvent trop tard." Tout est question de rapidité et il faut donc disposer d’outils simples permettant de contrôler, "d’un tableau de bord avec quelques indicateurs… Il faut être capable de définir le degré de gravité des choses. D’où l’intérêt de s’adresser à un conseiller qui aura parfois une vision plus large."

"Nombreux sont ceux qui attendent d’atteindre leurs propres limites et de ne plus avoir de cash pour réagir. Ce qui est souvent trop tard."
Se préparer et s’entourer

Afin de mettre toutes les chances de votre côté et d’obtenir un succès durable, il est essentiel d’avoir une vision claire sur l’avenir de l’entreprise, de faire preuve de flexibilité, d’être capable de s’adapter à un environnement en mutation permanente et de disposer d’une équipe et d’un réseau qui soutiennent le projet. "La première erreur que commettent de nombreux entrepreneurs est de ne pas se fixer des objectifs précis et de prendre les choses comme elles viennent. Beaucoup de gens ont de bonnes idées et connaissent les marchés, mais sous-estiment le professionnalisme nécessaire à la bonne exécution des choses."

"Bien se préparer, c’est définir des objectifs clairs et très vite être capable de mesurer s’ils sont atteignables."

D’où la nécessité de bien s’entourer : "Aujourd’hui, il est impossible d’avancer seul ! En interne comme en externe, les bons collaborateurs sont la clé de la réussite." Et, dans toutes les fonctions de l’entreprise, il faut prévoir une certaine souplesse, une certaine flexibilité : "Bien se préparer, c’est, je le répète, définir des objectifs clairs et très vite être capable de mesurer s’ils sont atteignables." Le secret est de bien faire la distinction entre les causes et les conséquences d’un obstacle… De réussir à se concentrer sur les premières : "Un entrepreneur qui ne vend pas assez va, en général, faire plus de publicité ou baisser ses prix, s’axer sur la vente. Alors que le premier réflexe à avoir est de réfléchir sur la cause profonde de la mévente. Il faut comprendre pour agir efficacement."

Plus d’informations ?