Innovation

24 avril 2018

Quand la R&D devient trop vaste, trop coûteuse et trop risquée

De nombreuses entreprises ont conscience que leur modèle interne de R&D est dépassé, mais elles ont du mal à l'abandonner. Elles devront pourtant s'y résoudre parce que la recherche innovante multidisciplinaire avec des tiers devient la seule norme réalisable et abordable.

L'écart entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée est en effet devenu trop grand – et trop risqué – pour qu'une entreprise puisse le combler par ses propres moyens. Centre de recherche de renommée internationale, imec encourage et soutient une innovation coopérative et ouverte.

La fin du modèle de R&D fermé
"IMEC offre pour réemploi toute la connaissance non concurrentielle acquise"
Piet Verhoeve, program director imec

Un premier entretien chez imec commence souvent de la manière suivante :

- Client : "Je veux l'exclusivité de tous les droits sur tous les résultats de la recherche pour notre entreprise !"

- imec : "D'accord, mais comment allez-vous financer cela ?"

Après quoi imec affine la question : "Que cherchez-vous réellement ? Quel est le minimum de droits de propriété intellectuelle (IP) dont votre entreprise a besoin pour faire la différence ?". 

Ce n'est qu'à ce stade des négociations qu'imec peut entamer effectivement le projet de R&D dans le cadre d'une collaboration la plus optimale pour chacun. La pratique révèle que même lorsque les entreprises parviennent à obtenir l'exclusivité de tous les droits d'IP, elles n'en utilisent qu'une fraction. En d'autres termes, elles disposent d'une montagne de connaissances dans laquelle elles ont pompé de nombreuses ressources sans en faire grand-chose.

Le syndrome "Non invented here"
"De nombreuses entreprises restent imperméables à l'innovation"
Luc Van den hove

De nombreuses entreprises ont conscience qu'elles doivent remplacer leur approche linéaire classique de la R&D (research > development > engineering > manufacturing) par une approche ouverte, multidisciplinaire et en réseau. Mais elles restent imperméables à l'innovation. Curieusement, la plus forte résistance vient souvent des départements de R&D eux-mêmes. Ils souffrent parfois du syndrome ‘non invented here' et adoptent avec difficultés les idées ou connaissances pionnières venant du monde extérieur. 

"Pourtant, l'innovation ouverte n'implique pas par définition de tout partager avec le monde extérieur. La capacité d'un département interne de R&D d'absorber des connaissances externes est au moins aussi déterminante pour le succès de l'innovation", poursuit Luc Van den hove, CEO d'imec. "Cette ouverture fondamentale au monde extérieur doit aussi se traduire dans la culture de l'entreprise et ses aptitudes.

Nous venons d'une époque de la confidentialité, où le secret était de mise même entre divisions internes. Aujourd'hui, on attend exactement l'inverse et la R&D doit innover par-delà les frontières des entreprises et des secteurs. Une telle révolution exige une tournure d'esprit et des compétences totalement différentes."

Les défis de la R&D
  • Qu'est-ce qu'un modèle coopératif ?
  • Pourquoi ne pas investir avec des tiers (en coopération) dans la R&D jusqu'au moment où chacun devient concurrentiel ?
  • Comment alors gérer la propriété intellectuelle et où s'arrete l'intérêt commun ?
  • Les entreprises déplacent leurs efforts de R&D vers le niveau de l'application: mais la recherche appliquée a-t-elle de l'avenir sans recherche fondamentale ?

Découvrez les réponses à ces questions dans l'interview detaillée ici.

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