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20 décembre 2017

"Les initiatives qui menacent notre culture d'entreprise n'ont pas leur place."

Eric Kenis

Hoek Af-auteur

Le cheval de bataille de Lorenzo Bown, fondateur de StoryMe ? La culture d'entreprise au sein de sa start-up. Elle s'est développée de manière très organique, mais elle est vivement respectée. "Tout le monde, depuis les stagiaires jusqu'aux indépendants avec lesquels nous collaborons, en passant par les personnes en formation professionnelle individuelle (IBO), doit aujourd'hui incarner nos valeurs."

Que fait StoryMe ?

StoryMe rend simples les choses complexes. Depuis 2013, l'entreprise fait fureur avec ses animations vidéo de 60 secondes qui présentent de manière limpide les processus les plus complexes. Depuis 2017, de nombreux autres services de marketing vidéo sont venus s'ajouter à leur palmarès. Ils aident ainsi les entreprises à trouver les bons canaux et le bon public, à choisir les bons médias pour leur message, et ensuite à mesurer le succès de leurs campagnes.
En 4 ans, StoryMe a dû déménager ses bureaux pas moins de 3 fois pour faire face à sa croissance exponentielle. L'entreprise n'a pas levé un seul cent de capital. Aujourd'hui, l'entreprise compte 85 collaborateurs dans 5 pays.
Elle dispose de bureaux à Sofia, Londres, Bruxelles, Gand et Singapour, ainsi qu'en Suède. Elle propose en permanence des postes vacants, à Gand et sur le plan international, et espère ainsi poursuivre sa croissance rapide.


À propos de son cheval de bataille - la culture start-up de StoryMe - Lorenzo Bown, le fondateur, est très clair : "Lorsque j'ai fondé StoryMe, je ne me suis pas assis à mon bureau pour réfléchir à nos valeurs. J'étais entouré de quelques personnes motivées et nous nous sommes lancés. Tout simplement. Notre culture d'entreprise s'est donc développée petit à petit, au fil des ans, de manière très organique."

La culture avant tout
Toutes les personnes avec lesquelles nous collaborons doivent incarner nos valeurs

Aujourd'hui, toutes les personnes avec lesquelles nous collaborons doivent incarner nos valeurs. "Cette culture a toujours été présente dans notre esprit, mais, au début, c'était quelque chose de très informel. Bien entendu, on engage les personnes avec lesquelles on a envie de travailler, des gens qui partagent nos principes et nos valeurs. Mais nous n'avions encore rien sur papier. Au début, nous avons construit un bac à sable où les ambitieux pouvaient laisser libre cours à leur imagination. À leur tour, ces personnes en ont attiré d'autres qui étaient sur la même longueur d'onde. C'est ainsi qu'ont été posés les premiers jalons vers cette véritable culture."

"À partir de là, tout est allé très vite. D'un seul coup, nous étions 10 à 15 personnes et là, nous avons commis quelques erreurs. Nous avons par exemple engagé des gens qui n'étaient pas en phase avec notre culture. Comme cette culture n'était pas encore tout à fait formalisée, nous avons véritablement analysé en détail, pour chaque individu, ce qui n'allait pas : Quelles qualités leur manque-t-il ? Pourquoi ne s'épanouissent-ils pas dans notre structure ? C'était un tournant crucial. Pour la première fois, les valeurs ont été rédigées noir sur blanc, et on a réellement pu démarrer. Aujourd'hui, tout le monde, depuis les stagiaires jusqu'aux indépendants avec lesquels nous collaborons, en passant par les personnes en formation professionnelle individuelle (IBO), doit incarner nos valeurs."

Cohésion et transparence
Cette cohésion nous rend vraiment plus forts

"Aujourd'hui, notre culture passe avant tout. Vous pouvez poser la question à n'importe lequel de nos 85 employés. Les gens doivent se sentir ici comme chez eux. Par exemple, nos collaborateurs ne se contentent pas de travailler ensemble. Ils mangent ensemble, font du sport ensemble et font la fête ensemble. Ça fait plaisir à voir. Cette cohésion nous rend vraiment plus forts."

"La transparence est un autre principe fondamental qui nous est très cher. Tous les lundis, l'équipe se réunit pour discuter de ce qui est prévu dans la semaine. Tous les vendredis, nous discutons à nouveau de ce qui s'est bien passé pendant la semaine et de ce qui n'a pas marché. Ensuite, toutes les deux semaines, un petit e-mail circule, avec sept questions qui permettent à chacun d'exprimer ses préoccupations et ses attentes. Nos coachs prennent ainsi régulièrement le pouls des équipes."

Structure horizontale

"La structure hiérarchique de StoryMe est extrêmement horizontale. Nous ne travaillons pas avec des managers, mais avec des coachs et des équipes autonomes. Chaque équipe est constituée de 3 à 4 personnes et contrôle de bout en bout les projets qui lui sont confiés. Seule l'échéance est fixée. En cas de problème ou de doute, on peut toujours s'adresser au coach. Mais en fin de compte, ce sont les équipes elles-mêmes qui tiennent les rênes."

Génération Y

La génération Y attend beaucoup de ses employeurs, c'est un fait.
"Je trouve important de s'investir dans une organisation avant-gardiste. Compte tenu de la nature de nos services, nous travaillons généralement avec des 'millennials'. Cette génération Y attend beaucoup de ses employeurs, c'est un fait. Ce sont eux qui choisissent pour qui ils veulent travailler, et plus l'inverse. Et ils sont très exigeants quant à ce à quoi ils veulent consacrer leur précieux temps : ils feront rarement quelque chose s'ils n'en voient pas le but ni le sens."

"Nous nous efforçons donc d'être aux petits soins pour nos collaborateurs, en leur proposant des activités amusantes et des initiatives fortes avec une dimension sociale. Ainsi, nous sommes actuellement à la recherche d'un chef qui pourrait venir nous préparer des plats bio deux ou trois fois par semaine. Ce sont toutes ces petites choses qui créent véritablement une énorme valeur ajoutée pour votre équipe."

Travail à distance

Un bureau satellite soulève des défis structurels.
"Nous avons une solide équipe créative en Bulgarie, même si nous aurions préféré qu'elle soit en Belgique. Un bureau satellite soulève des défis structurels. Comme toute la communication passe par voie électronique, cela conduit rapidement à des malentendus. Nous perdons aussi une part de la culture d'entreprise sur laquelle repose StoryMe. Tous les mois, nous nous rendons là-bas avec notre équipe créative, car j'accorde beaucoup d'importance au fait que l'on puisse se voir en vrai. J'espère vraiment que c'est suffisant."

"Bien entendu, le spectre de la grosse entreprise plane toujours au-dessus de nos têtes, mais nous essayons de conserver notre mentalité de start-up grâce à cette confiance extrême et permanente envers notre personnel. Il faut vraiment être capable de dire 'vas-y !' à ses collaborateurs. Je suis convaincu que, dans notre équipe, tout le monde se lève le matin avec la motivation de travailler dur."

Flexibilité et liberté

"Nous essayons constamment de trouver des manières d'accorder de la flexibilité et de la liberté à notre personnel. Nous avons mis en place un jour de télétravail pour chacun, mais nous sentons que c'est une source d'éloignement au sein de l'équipe. Le simple plaisir de se voir et de pouvoir organiser, d'un claquement de doigts, des sessions de brainstorming créatif se perd."
"Nos collaborateurs prennent le petit-déjeuner ensemble ou vont faire du sport pendant le temps de midi et après le travail. Si chacun vient au bureau à un moment différent, c'en est fini de tout cela. Je trouve dommage de devoir mettre fin au télétravail, parce que je veux laisser un maximum de liberté à mes collaborateurs. Il ne faut pas qu'ils aient la sensation que je veux les contrôler. Mais les initiatives qui menacent notre culture n'ont plus leur place."

L'enthousiasme par-delà les frontières
Nous donnons à nos collaborateurs les bons outils et nous créons un environnement qui leur permet de laisser libre cours à leur imagination

"L'échange de feed-back est une autre pierre d'achoppement dans notre recherche d'évolutivité. Afin de nous armer contre ce phénomène, nous avons développé notre propre plate-forme informatique en Pologne. Là où un projet vidéo nous prenait encore six semaines par le passé, il n'en faut déjà plus que trois et demie."
"C'est ainsi que nous sommes parvenus à étendre cette mentalité du 'no bullshit' et cet enthousiasme par-delà les frontières. Nous donnons à nos collaborateurs les bons outils et nous créons un environnement qui leur permet de laisser libre cours à leur imagination, mais nous attendons aussi beaucoup d'eux. Les personnes sont et restent le moteur de l'entreprise, et nous veillons à toujours avoir les bonnes personnes à bord, que ce soit à Gand, à Bruxelles, en Bulgarie, à Singapour, au Royaume-Uni ou en Suède."

Des entrepreneurs déjantés

Lorenzo Bown est l'un des entrepreneurs qui figurent dans le livre Hoek Af d'Eric Kenis. Hoek Af organise aussi régulièrement des ateliers et des conférences itinérantes très instructives fondées sur l'expérience de ces entrepreneurs déjantés.
Pour rester informé(e) des expériences proposées par Hoek Af, rendez-vous sur www.hoek-af.be/roadshow

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