Grandir

30 Novembre 2016

Noordzee Helikopters Vlaanderen : investir et fusionner pour continuer à grandir

Spin-off de la force aérienne belge, l’entreprise ostendaise de services de transport par hélicoptère NHV a démarré ses activités en 1997. Année après année, elle a enregistré une forte croissance. Mais, depuis sa fusion avec le groupe norvégien Blueway fin 2014, l’entreprise est prête à décoller !

Création

1997

Activités

Transports par hélicoptère

Lieu

Base principale à Ostende, actif sur 15 bases dans 9 pays sur 3 continents

Chiffre d’affaires

221 millions d’euros

Personnel

650 collaborateurs (dont 360 chez NHV) www.nhv.be

Mission : pilotage

À ses débuts, NHV (Noordzee Helikopters Vlaanderen) avait pour mission le pilotage par hélicoptère. Cette opération consiste à amener un pilote à bord des navires au long cours devant faire escale dans un port flamand (une démarche obligatoire). Généralement, le pilote est amené par bateau-pilote et il monte à bord des navires à l’aide d’une échelle. Mais, cette opération est trop dangereuse en cas de forte tempête et lorsque la mer est démontée. C’est ici que les hélicoptères entrent en action, et permettent d’éviter une perte économique. Il y a vingt ans, le pilotage par hélicoptère n’existait qu’à l’étranger. Jef De Kinder, à l’époque pilote à la force aérienne belge au 40e escadron de Coxyde, y voit une opportunité de marché. Il soumet son idée à son frère adoptif, Eric Van Hal, qui dirigeait depuis quelques années déjà un chantier naval à Nieuport.

Qui est Eric Van Hal ?

Eric Van Hal (51 ans) est né au Congo. Il a habité à Anvers jusqu’à l’âge de 17 ans, puis a déménagé à la côte. Il est diplômé en kinésithérapie mais n’a jamais exercé. En tant que jobiste étudiant, il a été capitaine de port à Nieuport, où il ouvrira un chantier naval en 1988. En 1997, il quitte son chantier naval pour se consacrer à temps plein à Noordzee Helikopters Vlaanderen (NHV), dont il est encore toujours le CEO. Il possède aussi, avec un associé, le restaurant De Spelleplekke à Oostduinkerke.

Un énorme investissement pour démarrer

Les deux frères fondent NHV en 1997. Leur tout premier hélicoptère, un Dauphin N3 d’Airbus Helicopters, coûte 5 millions d’euros, alors qu’ils tablent sur un chiffre d’affaire d’à peine 700.000 euros pour leur premier exercice. Grâce à la garantie de rachat d’Airbus Helicopters et à l’apport d’un investisseur privé anversois, ils peuvent financer leur investissement.

À la recherche d’un contrat

Décrocher un premier contrat est le second obstacle qu’il leur faut surmonter, car le secteur du pilotage en Flandre fait traîner sa décision d’impliquer des hélicoptères. Jusqu’à ce que NHV puisse exercer cette activité dans le port de Rotterdam en 1998, en tant que sous-traitant de Schreiner Airways, à l’époque et aujourd’hui encore leader mondial.

Extension des activités au offshore

Depuis 1997, les activités de NHV ont particulièrement pris de l’extension. Son pilier principal, représentant près de 75 % du chiffre d’affaires, est le transport de personnel et de fret de et vers les plateformes de forage. "Nous n’avons commencé cette activité qu’en 2004. Mais depuis nous avons conclu des contrats avec les principaux producteurs de pétrole et de gaz naturel sur trois continents", précise Eric Van Hal.

Transport vers les parcs à éoliennes et transport de pilotes

Dans la branche offshore, c’est-à-dire les activités en mer, on trouve aussi le transport vers les parcs à éoliennes et, bien entendu, le transport des pilotes. NHV a aussi exercé cette activité de 1999 à 2012 pour les ports flamands, mais désormais le pilotage s’y effectue de nouveau uniquement par bateau-pilote. "Les ports ont investi dans de nouveaux bateaux-pilotes plus stables, si bien que l’accès aux ports ne serait plus refusé que trois jours par an", explique Eric Van Hal.

Sauvetage en mer et transport médical urgent

Une quatrième et dernière activité de la branche offshore comprend les opérations de recherche et de sauvetage. Dans le jargon, on parle de "SAR" pour "Search and Rescue".
Depuis 2009, NHV effectue des opérations de sauvetage pour la marine française et, depuis 2011, aussi pour la marine néerlandaise. Dans notre pays, les opérations de sauvetage en mer restent le monopole des Seakings à Coxyde. "Des voix s’élèvent en Belgique pour que ces activités de SAR soient aussi privatisées dans le cadre des économies annoncées. Ce que nous applaudissons des deux mains, bien entendu ! Nous avons cette ambition depuis quinze ans déjà. Mais nous sommes encore loin d’une concrétisation", indique Eric Van Hal.

Activités onshore

Sur le marché onshore, NHV assure principalement des transports médicaux urgents.
L’entreprise dispose pour ce faire d’un hélicoptère à Bra-sur-Lienne, à mi-chemin entre Liège et Arlon. Elle possède aussi cinq appareils dans le Nord de la France dans les villes de Lille, Arras, Amiens et Laon. L’hélicoptère d’Arras est responsable depuis 2007 de tous les transports médicaux dans la région Nord-Pas de Calais.

Des formations certifiées

Outre les services médicaux, NHV propose aussi des formations certifiées à Ostende, tant pour son propre personnel que pour des personnes extérieures à la firme. De plus, la base principale d’Ostende est aussi réparateur agréé du constructeur d’hélicoptères Airbus Helicopters.

Des chiffres de croissance en hausse constante

Ces 17 dernières années, NHV a réalisé de fortes croissances, avec une pointe à 38 % en 2013. Cette année-là, l’entreprise ostendaise a même été désignée "Gazelle de l’année" pour sa croissance rapide par l’hebdomadaire économico-financier Trends. Cette même année, elle a aussi été finaliste du concours "Entreprise de l’Année". Malgré cette belle croissance, NHV reste un acteur relativement modeste dans le secteur des services de transport par hélicoptère. 80 % du marché mondial sont aux mains des deux acteurs principaux américains, CHC (successeur de Schreiner Airways) et Bristow, qui réalisent chacun un chiffre d’affaires annuel de près de 1,5 milliard de dollars. À titre de comparaison, NHV détenait en 2013 près de 2 % du marché européen, avec un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros.

De gros investissements à réaliser pour une rentabilité décalée

Le secteur des services de transport par hélicoptère a une dynamique de croissance particulière. De gros investissements sont nécessaires – un nouvel hélicoptère coûte entre 7 et 25 millions d’euros – qui ne sont rentables que bien des années plus tard. "Pour avoir une croissance naturelle, vous devez d’abord augmenter votre capacité en ayant des hélicoptères et du personnel supplémentaires", explique Eric Van Hal. "Vous proposez ensuite cette capacité sur le marché." Pour ce faire, vous devez tenir compte de longs délais de livraison variant de 2 à 4 ans, et de la capacité de production limitée des constructeurs d’hélicoptères.

Créer un avantage stratégique

Certains acteurs en profitent d’ailleurs pour se doter d’un avantage stratégique en commandant toute la production annuelle d’un modèle déterminé ! NHV est, par exemple, le premier propriétaire mondial du nouvel Airbus EC175. Au total, l’entreprise en a commandés 16 exemplaires pour une valeur totale de 240 millions d’euros. Plus NHV grandit, plus les investissements en capacité sont importants.

Augmentation de capital externe

Et cette équation n’est pas sans conséquence pour NHV. "C’est pour cette raison que nous avons réalisé une première augmentation de capital externe en 2009. Fin.co Capital Partners, la société d’investissement de la famille Plouvier, a alors rejoint les actionnaires de départ. Nous avons ainsi pu acheter 6 nouveaux hélicoptères, soit un investissement de 50 millions d’euros", précise Eric Van Hal.

Passer à la vitesse supérieure pour continuer à grandir

Fin 2013, une nouvelle augmentation de capital s’est avérée nécessaire. "Pour continuer à croître, par exemple grâce à ce nouvel Airbus EC175, nous devions encore passer à la vitesse supérieure." Fin.co est sorti du capital, cette fois avec quelques pilotes actionnaires de la première heure, dont le cofondateur Jef De Kinder.

À leur place, la société d’investissement française Ardian a repris 75 % des actions. Les 25 % restants sont restés aux mains du management sous la houlette d’Eric Van Hal.

Fusion avec Blueway

Le mois d’août 2014 a vu l’annonce d’une nouvelle étape encore : la fusion avec le groupe de transport par hélicoptère norvégien Blueway, avec lequel NHV collaborait déjà depuis quelques années. "Nous étions tous les deux ‘too big to be small and too small to be big’", explique Eric Van Hal. "La fusion nous permet de profiter des effets de l’économie d’échelle – nous pouvons accepter des missions plus complexes – et notre visibilité est plus grande. Ensemble, nous voulons grandir de façon organique et doubler notre chiffre d’affaires d’ici 2020."

Prêt pour une nouvelle croissance

La fusion avec Blueway a pris effet fin 2014. Eric Van Hal est le premier CEO du nouveau groupe. Le dernier trimestre de 2014 a été particulièrement chargé avec la fusion et la livraison du premier Airbus EC175. Eric Van Hal : "Nous sommes désormais prêts pour le futur. Nos perspectives d’avenir sont bonnes".

Une relation durable basée sur la confiance

"Nous sommes fiers d’avoir été à bord de chaque étape de l’histoire de cette entreprise dynamique, aussi quand des reprises et des glissements se sont produits dans l’actionnariat"ING est un partenaire privilégié de NHV depuis sa création en 1997. "Nous sommes fiers d’avoir été à bord de chaque étape de l’histoire de cette entreprise dynamique, aussi quand des reprises et des glissements se sont produits dans l’actionnariat", commente Nico Himpe. "ING Lease Belgique s’est occupée du financement du tout premier hélicoptère jusqu’au plus récent. En outre, ING a joué un rôle important dans le trafic de paiement international de NHV, aidée bien évidemment en cela par le fait qu’elle est présente dans plusieurs des pays où NHV déploie ses activités."

3 bons conseils d’entrepreneur
1. Cherchez l’équilibre entre passion et raison

Ne vous entourez pas de béni-oui-oui. Acceptez que vos décisions puissent être remises en question et étayez-les avec des chiffres.

2. Anticipez

Prévoyez, élaborez un plan B et un plan C. Mais comme on ne peut pas toujours tout planifier, il faut de temps en temps oser prendre des risques raisonnés.

3. Ne vous accrochez pas à votre projet

Soyez suffisamment souple afin d’être à même de vous en rendre compte quand quelque chose ne va pas. Osez tenter une autre approche si nécessaire.