Economie

10 Juin 2016

Les éventuelles conséquences du Brexit pour l’Europe


Le 23 juin prochain les Britanniques décideront du sort de leur pays et de la poursuite, ou non, de l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union européenne. Cette situation a déjà entrainé des hauts et des bas sur les marchés financiers. Si à l’issue de ce scrutin, le Royaume-Uni devait sortir de l’Union européenne, nous assisterions à un Brexit. L’amplification de ces mouvements est alors pratiquement certaine et l’impact serait négatif tant pour le Royaume-Uni que pour l’Europe.

Que disent les sondages ?

Si l’issue du référendum est aujourd’hui fondamentalement incertaine, les résultats des sondages convergent plutôt vers le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. Les chiffres évoluent toutefois sans cesse et ne sont nullement, comme on le sait, un indicateur infaillible.

Selon les derniers sondages (15 mai 2016), 43 % des sondés seraient en faveur d’un Brexit et 46 % en défaveur. Ce qui laisse 11 % d’indécis. Notons par ailleurs que les pro-Brexit sont plus enclins à aller voter que les autres votants. L’incertitude quant aux résultats est donc palpable.

Les bookmarkers se veulent quant à eux plus rassurants. D’après ces derniers, le risque d’occurrence d’un Brexit ne s’élèverait qu’à 30 %.

À retenir
  • Un impact négatif sur le produit intérieur brut du Royaume-Uni et sur celui des pays de l’Union européenne, tant les liens économiques et financiers entre les pays sont étroits.
  • Une période de transition de 2 ans teintée d’incertitude politique
  • Un risque de contagion : à titre d’exemple, l’Ecosse a menacé d’organiser, en cas de Brexit, son propre référendum pour quitter le Royaume-Uni et adhérer à l’Union européenne
  • Une certaine instabilité des devises : la livre sterling perdrait du terrain face à l’euro et l’euro risquerait également de fléchir face au dollar US.
Vous souhaitez avoir un résumé de la situation d’un éventuel Brexit ?

Visionnez la vidéo ci-dessous.

Des implications politiques et économiques

Dans le contexte du Brexit, l’économie européenne ne serait certainement pas épargnée. Selon nos prévisions, le Brexit pourrait entrainer une perte cumulée de 0,3 % au niveau du PIB de la zone euro d’ici la fin de l’année 2017. L’étendue des dégâts dépendra néanmoins fortement de l’impact politique, qui pourrait jouer le rôle d’amplificateur. Le risque d’une plus grande fragmentation est élevé, ce qui suggère que les dégâts pourraient être plus importants et durer plus longtemps. On ne peut ainsi pas exclure la possibilité que le Brexit pourrait donner une impulsion dramatique au processus d’intégration européenne et aux réformes des entreprises. Une chose est sûre : le génie a déjà quitté la bouteille. Le processus a été lancé et laissera vraisemblablement des traces.

Quelles seraient ces implications ?

Dans l’étude “Damage from a rolling stone”, les implications politiques et économiques du référendum britannique ont été analysées en se focalisant sur le reste de l’Europe et en particulier sur la zone euro. Les principaux résultats sont les suivants :

  • En acceptant un "accord", le reste de l’Europe s’est rendu vulnérable à une résurgence d’autres demandes ou exigences de traitement spécial en provenance d’autres pays ou régions. Il est clair que l’Union Européenne et la zone euro sont actuellement à la croisée de chemins différents. Certains favorisent une intégration plus marquée, d’autres préféreraient choisir la voie de la désintégration. La solution consistant à "passer à travers" semble montrer ses limites. Le Brexit pourrait donc devenir soit un catalyseur, soit un accélérateur pour l’une des deux directions.
  • Dans le scénario du Brexit, le reste de l’Europe passerait par une période de turbulences financières et politiques. Les dirigeants européens devraient dès lors passer encore plus de temps à essayer de contenir les mouvements séparatistes et populistes et ainsi éviter d’animer davantage de forces centrifuges.
  • Alors qu’il reste compliqué de quantifier l’impact politique dans le cadre du scénario du Brexit, il semble certain que l’Europe entrera dans une période d’agitation sur les marchés financiers. Ceci entraînera indubitablement des dommages collatéraux au niveau des investissements étrangers (FDIs), du commerce international et du secteur bancaire. Dans le cas d’un divorce à l’amiable, l’économie de la zone euro pourrait endurer une perte cumulée de 0,3 % du PIB d’ici la fin de l’année 2017. L’Irlande, Malte et les Pays-Bas seraient parmi les pays les plus affectés. Toutefois, des scénarios plus pessimistes et un impact plus fort et plus long sur le PIB ne sont pas difficiles à envisager.
En savoir plus ?

Lisez les études (en anglais) sur les implications du référendum britannique, Britain backs Brexit et Fed “post-Brexit”