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ÉCONOMIE

8 mai 2017

Élections françaises : résultat du second tour et impact sur les marchés


Luc Charlier

Investment Office ING

Rarement le calendrier électoral aura autant tenu en haleine les marchés financiers qui avaient pris l’habitude de se focaliser davantage sur les programmes de rachats d’actifs des banques centrales que sur les programmes des partis politiques.

Mais depuis le vote des Britanniques en faveur du Brexit en juin de l’année passée, l’élection de Donald Trump à la présidence américaine et l’échec du référendum italien voulu par Matteo Renzi à la fin 2016, les marchés doivent composer avec une montée en puissance des mouvements nationalistes et des velléités protectionnistes.

La zone euro n’échappe pas à ce processus qui sème le doute dans l’esprit des investisseurs dans la mesure où il tend à recomposer le paysage politique dans de nombreux pays et à remettre en cause la traditionnelle opposition entre la gauche et la droite.

Après les Pays-Bas, qui ont tourné le dos aux idées populistes du mouvement de Geert Wilders, c’est désormais au tour des Français d’en faire autant en écartant Marine Le Pen et en choisissant Emmanuel Macron comme nouveau président.

Un choix qui, à notre sens, valide notre positionnement stratégique actuel privilégiant les actions par rapport aux obligations.

Notre vision

Même si l’abstention et l’indécision se révèlent relativement élevées dans le chef des électeurs, la victoire d’Emmanuel Macron dont le mouvement « En Marche ! », que l’on peut qualifier de centriste, est porteur d’un programme plus « favorable » aux actifs financiers à risque dans la mesure où il vise, dans les grandes lignes, à rendre le marché de l’emploi plus flexible, réduire la fiscalité pesant sur le travail, diminuer légèrement les dépenses publiques, accroître les investissements publics et renforcer la zone euro qu’il souhaite plus intégrée et ambitieuse en matière de dépenses d’investissements.

Sachant qu’il n’est pas certain qu’il puisse bénéficier d’une majorité parlementaire à l’issue des élections législatives de juin, il devra vraisemblablement composer avec une forme de « cohabitation » pour faire passer ses réformes. Bien que cela soit de nature à induire un peu d’instabilité, les réformes envisagées devraient néanmoins, selon nos économistes, favoriser une légère accélération de la reprise économique française tout en stabilisant le surendettement du pays.

Dans ce contexte, les actions, surtout dans la zone euro mais aussi dans les marchés émergents, devraient pouvoir continuer à profiter d’une activité manufacturière mondiale qui n’a plus été aussi dynamique depuis près de six ans, de l’augmentation des attentes inflationnistes, du retour de la croissance bénéficiaire, ainsi que d’une faible volatilité.

Un cocktail qui s’avère également favorable aux matières premières, en particulier pour les métaux industriels, qui semblent enfin vouloir s’extirper d’une longue période de surproduction.

Sur le terrain obligataire, la récente hausse de la prime de risque des emprunts d’État français devrait s’annuler. Mais, de manière générale, nous continuons de considérer les obligations publiques, à l’exception des obligations émergentes (en devises « solides »), comme rémunérant insuffisamment le risque d’une remontée des taux.

Pour ce qui est des obligations d’entreprises, nous restons prudents, les banques centrales étant appelées, à l’instar de la Réserve fédérale US, à relever progressivement leurs taux directeurs et réduire la taille de leur bilan.

Quant à l’euro, il pourrait connaître une certaine appréciation grâce à la baisse du risque politique en zone euro et la perspective d’une normalisation de la politique monétaire de la banque centrale européenne d’ici la fin de l’année.

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