Gérer votre capital

30 Mars 2017

Les banques deviennent des entreprises technologiques

Isabelle de Laminne

Ce jeudi 16 mars, un petit déjeuner financier était organisé par La Libre et le blog MoneyStore, en partenariat avec ING Private Banking. Celui-ci a permis d’identifier et de clarifier les avancées digitales auxquelles le secteur bancaire et ses clients doivent faire face aujourd’hui. Tous les métiers financiers sont actuellement confrontés à la digitalisation et l’offre des FinTechs vient heurter les acteurs existants.

L’innovation du paiement aux crédits

"Par FinTechs, on entend les sociétés qui allient les nouvelles technologies à la finance. Mais en réalité, ces technologies existent déjà depuis des décennies et évoluent sans cesse. Aujourd’hui, elles poursuivent différents axes de développement : l’amélioration du service aux clients, l’automatisation des tâches rébarbatives et la diminution des coûts", explique David Dab, Chief Innovation Officer chez ING Belgique.

"Les FinTechs visent l’amélioration du service aux clients, l’automatisation des tâches rébarbatives et la diminution des coûts."

En matière de paiement, la digitalisation permet d’automatiser des tâches qui existaient déjà auparavant, comme le retrait des billets de banque. Mais grâce à l’avancée des techniques, on peut désormais réaliser de nouvelles opérations de façon différente, comme par exemple le paiement avec les téléphones. Les réglementations qui arrivent, comme PSD2, permettront, grâce à la mise à disposition volontaire des données par les clients, de proposer une gamme de services plus large et plus personnalisée.

"Les avancées sont aussi marquées du côté de la gestion de patrimoine avec l’émergence des robots de gestion. Ces outils permettent d’offrir une allocation d’actifs à moindres coûts pour des portefeuilles de plus petite taille. Nous n’en sommes qu’au début et il faudra encore tenir compte de l’impact des nouvelles réglementations comme MiFID II. Dans quelle mesure les clients seront-ils encore prêts à payer des commissions pour du conseil en investissement ?", se demande Yannick Grecourt, Partner chez EY.

En matière de crédits, on assiste aussi à une révolution : les demandeurs et les prêteurs ne passent plus nécessairement pas le canal bancaire. Le modèle traditionnel du crédit bancaire est désormais contesté par les modèles alternatifs comme le crowdlending, le crowdfunding et l’affacturage.

Découvrez, en vidéo, la vision de David Dab, Chief Innovation Officer chez ING Belgique.

Le client est gagnant

Mais au bout du compte, qui sera le grand gagnant de cette évolution ? "Le grand gagnant sera incontestablement le client. En ce qui concerne le secteur, c’est plus incertain car une grande partie de la valeur a déjà été transférée vers le client", estime David Dab. Cependant, le client ne sera effectivement le bénéficiaire de ces avancées que si, de son côté, il fait l’effort de se plonger dans cet environnement. Il doit essayer ces nouveautés à son rythme mais s’il n’essaye pas, il sera perdant.

"Les banques sont devenues des entreprises technologiques."

Quant aux banques, elles sont face à des défis de taille. "Auparavant, les cycles de changement étaient de 20-25 ans. Actuellement, il y a des choix technologiques à faire pratiquement tous les jours. Parmi tous les projets qui émergent, les banques doivent choisir ceux qui seront les plus porteurs. Aujourd’hui, il faut admettre que les banques sont devenues des entreprises technologiques. Elles doivent aussi veiller à engager des talents qui permettent cette transition", ajoute Yannick Grecourt.

Jusqu’où ces évolutions iront-elles ? L’utilisation de la monnaie papier va s’estomper dans le temps et la question de la protection des données va être un enjeu crucial pour demain. Les compétiteurs du secteur bancaire seront des acteurs souvent en-dehors du secteur : les FinTechs, les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) ou encore les entreprises de télécom. La banque de demain ne ressemblera plus à la banque d’aujourd’hui et les clients sont acteurs de ce mouvement. "Les gens veulent du 'fun' dans leur relation avec leur banquier et il faudra répondre aux besoins des nouvelles générations", conclut David Dab. La tendance digitale et les changements sont incontestables et personne ne peut se permettre de rater cette marche.

Découvrez, en vidéo, la vision de Yannick Grécourt, Financial Services Partner chez EY.

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