Économie

23 Juin 2016

Investir dans le climat économique actuel : quelles actions et obligations privilégier ?


L’économie mondiale poursuit sa progression à un rythme faible. Associée à une inflation trop basse, elle rend la croissance vulnérable. Cette configuration est problématique dans un environnement où les niveaux d’endettement sont toujours trop élevés. Les banques centrales n’ont donc pas d’autre choix que de maintenir une politique monétaire caractérisée par des taux d’intérêt faibles, voire négatifs.

Le climat économique mondial à la loupe
La Chine

L’économie chinoise, dont le ralentissement a semé le trouble au début de l’année, semble se stabiliser grâce aux interventions du gouvernement. Cela a également enrayé la chute des prix des matières premières. Bien qu’il y ait encore une offre abondante de matières premières, dont le pétrole, Peter Vanden Houte, Chief Economist d’ING Belgique, estime que les prix ont probablement déjà atteint leur niveau le plus bas. Une forte augmentation reste néanmoins peu probable.

Les États-Unis

Aux États-Unis, l’économie commence à présenter des signes de fatigue après sept années d’expansion. Il est certes trop tôt pour parler de risque de récession, mais il est évident que la Réserve fédérale devra marcher sur des œufs durant la normalisation de sa politique monétaire. Cela laisse un peu de répit aux pays émergents, qui ont dû faire face à une fuite de capitaux.

La zone Euro

La reprise modérée se confirme dans la zone Euro, où la demande intérieure est devenue le principal moteur de croissance. Toutefois, une croissance de 2 % ne semble pas réalisable à ce stade et certains dossiers chauds (la Grèce, mais surtout le risque de Brexit) pourraient toujours empêcher la poursuite de la reprise. Tant que les entreprises et les ménages ne font plus confiance au projet de croissance européen, le rythme de croissance médiocre couplé à une inflation trop faible risquent de perdurer.

La BCE tente de contrer ces éléments par sa politique monétaire non conventionnelle. Cela a fait en sorte que tant les taux d’intérêt à court et à long terme que les spreads de crédit ont atteint un niveau anormalement bas. Une situation qui pourrait se maintenir pendant plus d’un an. Cette politique soulève un flot de critiques croissant, surtout dans les États membres qui présentent traditionnellement des excédents d’épargne. En effet, les revenus de l’épargne diminuent, tandis que le secteur des banques et des assurances subit aussi une érosion des bénéfices.

"Le principal avantage réside dans le fait que le niveau d’endettement est plus supportable pour le gouvernement, ce qui fait que la politique fiscale est moins restrictive qu’il y a quelques années", affirme Peter Vanden Houte. Dans ce sens, la politique a bel et bien un effet positif sur la croissance. L’histoire nous enseigne qu’une telle situation de "répression financière" peut durer longtemps.

Privilégier les actions les plus défensives et les moins volatiles

Comme Thierry Masset, Chief Investment Officer d’ING Belgique, le disait déjà en décembre dernier : "le temps où l’on pouvait acheter les actions les yeux fermés semble révolu."Leur ratio risque/return et leur valorisation sont indéniablement moins attractifs que lors des dernières années. De plus, il y a beaucoup de facteurs qui sont de nature à raviver la volatilité boursière.

Le temps où l’on pouvait acheter les actions les yeux fermés semble révolu.
Récession bénéficiaire

La récession bénéficiaire est tout sauf encourageante. Celle-ci est palpable au niveau mondial (les bénéfices des sociétés reprises dans l’indice MSCI Monde ont diminué de quasi 20 % depuis fin 2014) et l’est encore plus aux États-Unis. Si les prévisions s’avèrent exactes, les États-Unis vont enregistrer cinq trimestres consécutifs de baisse des bénéfices. Une perspective qui est historiquement synonyme de baisse du marché boursier : depuis 1970, les États-Unis ont connu sept épisodes similaires de baisse des bénéfices et à six occasions cela a fait chuter le pays en récession économique, et à chaque fois Wall Street a subi une correction.

Ce que nous privilégions : dans cette partie plus mature du cycle boursier, Thierry Masset préfère adopter un positionnement prudent par rapport aux actions et attribuer tactiquement dans le portefeuille plus de poids aux liquidités.

Dollar relativement stable

Comme la Réserve fédérale américaine adopte un cycle de hausse des taux particulièrement modéré et progressif, le dollar devrait rester relativement stable. Ce qui est plutôt positif pour les marchés émergents et les matières premières, même si ceux-ci restent confrontés à des problèmes de surcapacités.

Ce que nous privilégions : dans cette optique, nous privilégions les actions et obligations en devises solides émises par les pays émergents ainsi que l’or qui, même avec un rendement nul, peut se révéler plus rentable que d’autres actifs dont la valeur est inexorablement érodée par des taux d’intérêt négatifs.

Qualité

Les achats de la Banque centrale européenne sur le marché de la dette privée justifient également notre préférence pour les obligations d’entreprise de bonne qualité crédit.

Cette quête de la qualité prévaut aussi au niveau des actions. Nous préférons les titres pouvant faire état d’un flux de trésorerie et d’une image de marque solide, ainsi que d’une croissance durable des dividendes. Depuis le pic boursier de fin mai 2015, un panier constitué d’actions de ce type devance de 4 % (en euros) les actions de moindre qualité. Ce qui démontre que les investisseurs en actions tiennent compte de la qualité crédit des entreprises quand ils ont des doutes sur le cycle économique. Ces actions de qualité se retrouvent pour le moment surtout dans les secteurs défensifs, tels que les biens de consommation de base, les services aux collectivités et les télécoms.

Nos conseils :
  1. Privilégiez un positionnement prudent par rapport aux actions.
  2. Attribuez tactiquement plus de poids aux liquidités dans votre portefeuille.
  3. Privilégiez les actions et obligations en devises solides des pays émergents et/ou l’or.
  4. Privilégiez les actions de qualité (que l’on retrouve souvent dans les secteurs défensifs).
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