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Editorial

Croissance économique moins vigoureuse, inflation persistante et resserrement monétaire des banques centrales sont autant de perspectives qui alimentent la fébrilité des marchés financiers.

  • Les actions ont effacé une grande partie de leur rebond du mois mars et affichent désormais une perte de valeur de 11 % (en euros) depuis le début de l’année (en euros).
  • Après avoir été influencées pendant près d’une décennie par une inflation historiquement faible et des banques centrales très accommodantes, les obligations sont, pour leur part, confrontées à un net rebond des rendements. Le mouvement est à ce point violent que les emprunts d’Etat et les obligations émises par les entreprises enregistrent leur pire contreperformance depuis au moins 1990 (-12% depuis le début de l’année)!
  • Quant aux matières premières, elles restent la classe d'actifs la plus dynamique (avec un gain de +35% en 2022 et +36% en 2021) car elles offrent, comme certaines parties du marché boursier, une meilleure protection face à une inflation que l’on n’avait plus connu aussi vigoureuse depuis le début des années 1990.

Dans un contexte caractérisé par une volatilité relativement élevée et de nombreuses sources d’inquiétudes, les investisseurs recherchent en priorité les entreprises, les secteurs et les styles d’investissement qui peuvent encore tirer leur épingle du jeu.

  • A cet égard et pour autant que l’inflation reste une de ces préoccupations, les matières premières et les actions liées aux matières premières devraient rester attractives.
  • Comme les craintes suscitées par le ralentissement de la croissance commencent à se traduire par un mouvement de repli des capitaux vers les actifs moins risqués (« flight to quality »), comme le dollar US qui enregistre une forte appréciation, on peut s’attendre à ce que les gestionnaires de fonds adoptent un profil plus défensif en privilégiant les sociétés dont les bénéfices sont plus stables et prévisibles. On songe, notamment, aux actifs à faible duration, telles que les actions de valeur que l’on retrouve principalement dans les secteurs énergétique et financier et qui surperforment les valeurs de croissance (+19 % depuis le début de l'année, en euros) lorsque les prévisions d'inflation et de taux d'intérêt sont revues à la hausse. On songe aussi aux sociétés plus "défensives", comme les services publics ou les soins de santé, qui, grâce à leur moindre sensibilité à la conjoncture économique, leur pouvoir de fixation des prix, leurs dividendes élevés ou leur faible volatilité, surperforment les actions plus cycliques de près de 17 % (en euros) depuis le début de l'année.

Afin de se protéger contre les turbulences sur les marchés, les investisseurs peuvent aussi se tourner vers les obligations, car leurs rendements avoisinent désormais 2,7%, en moyenne, alors que le rendement moyen des dividendes de l'indice MSCI des principales actions mondiales est d'environ 2,1%. Leur surplus de rendement (0,6%) n’a jamais été aussi élevé depuis 2011 ! Aux États-Unis, où la hausse des taux est la plus forte, le surplus de rendement (2%) est même encore plus important !