Private Banking

Editorial

Les craintes de récession ou de stagflation animent les débats depuis des mois avec, en toile de fond, la guerre en Ukraine, un monde en proie à de profondes divisions géopolitiques, une Chine contrainte par le coronavirus de confiner, des chaînes d'approvisionnement perturbées et des politiques monétaires plus restrictives. Comme les efforts des banques centrales pour endiguer la hausse des prix font redouter une contraction des marges bénéficiaires, la capitalisation boursière mondiale enregistre un dégonflement de près de 9 000 milliards d'euros depuis le début de l’année (-8 %).

Le repli des actions est essentiellement imputable à la baisse de leurs valorisations, qui ont été tirées vers le bas par la hausse des rendements obligataires. Leur ratio cours/bénéfices attendus d’ici 12 mois est inférieur de 10 % à ce qu'il était au début de l'année. Jusqu’ici, les bénéfices ne semblent pas susciter d’inquiétudes. Les prévisions de croissance bénéficiaires ont, en effet, augmenté d'environ 7 % (en euros) depuis le 1er janvier. Mais cela ne tient pas compte du fait que, même dans l’hypothèse où l’économie se bornerait à un « atterrissage en douceur » - c’est-à-dire un ralentissement de l’activité qui n’engendrerait pas de récession -, cela pourrait suffire à peser sur les bénéfices des entreprises. Si la croissance de leurs ventes s’avère inférieure à la croissance de leurs coûts de production, leurs profits et leurs marges bénéficiaires, qui restent historiquement élevées, sont susceptibles de s'affaiblir. Autrement dit, il n’est pas exclu que les investisseurs en actions ou en obligations d’entreprises puissent être confrontés à davantage de volatilité.

Dans ce contexte incertain, les investisseurs ont donc intérêt à continuer de protéger leurs portefeuilles en se concentrant sur les facteurs d'investissement privilégiant les actions à faible duration (peu sensibles aux variations de taux), les actions des entreprises capables d’augmenter leurs prix de vente, offrant un rendement élevé des dividendes, une faible volatilité et une moindre sensibilité au cycle économique.

o   Lorsqu'il s'agit de trouver en bourse des valeurs refuge, les actions dites de valeur, car sous-évaluées par rapport à leurs fondamentaux, devraient continuer à mieux performer que les valeurs de croissance. Ces actions, que l’on retrouve, en particulier, dans les secteur de l’énergie et de la finance, sont, en effet, moins pénalisées par la hausse des anticipations d'inflation et des taux d'intérêt en raison de leur plus faible duration. Depuis le début de l'année, leur surperformance par rapport aux actions de croissance s'élève à 18% (en euros) !

  • Les sociétés "défensives", qui sont notamment présentes dans les services publics ou les soins de santé, devraient, elles aussi, continuer à bien se comporter. Grâce à leur moindre sensibilité à la conjoncture économique, leur capacité à répercuter la hausse des coûts de production dans leurs prix de vente, leurs rendements des dividendes élevés ou leur faible volatilité, elles ont surperformé les actions plus cycliques de près de 16% (en euros) depuis le début de l'année !
  • Les matières premières (+46% depuis le début de l'année), ainsi que les sociétés qui les produisent offrent toujours une excellente protection contre les pressions inflationnistes.
  • Enfin, les investisseurs qui cherchent à se protéger contre d’éventuelles turbulences sur les marchés pourraient commencer à se montrer moins négatifs à l'égard des obligations de bonne qualité crédit, car ces dernières offrent un rendement (3,2 %), qui s’avère désormais plus élevé que le rendement des dividendes des actions (2,4 %).