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Pas besoin de vendre vos actions pour vous protéger

Après un plongeon des cours au début de la pandémie, les bourses ont connu une période de forte hausse ininterrompue. Mais elles connaissent aujourd'hui un regain de volatilité et donc d'incertitude. Les investisseurs craignent une diminution de la valeur de leur portefeuille-titres ou ont peur d'acheter au mauvais moment. Une solution existe pourtant pour se protéger contre ces aspects moins agréables de la dynamique boursière. Comment ? À quel coût ? Et pour quel résultat ? Nous vous l'expliquons dans ce qui suit.

Volatilité sur les bourses

Les bourses viennent de connaître deux années chahutées. Après un plongeon au début de la pandémie, les marchés se sont fortement redressés au cours des mois qui ont suivi. Cette période de hausse ininterrompue semble néanmoins avoir touché à sa fin. Les cours alternent désormais les hauts et les bas.

Les raisons sont simples : les taux d'intérêt commencent doucement à se redresser, la reprise de l'économie est freinée par une pénurie de matières premières, des perturbations dans la chaîne d'approvisionnement et la flambée des prix de l'énergie, etc. Bref, il règne actuellement une grande nervosité sur les bourses et des corrections ne sont certainement pas à exclure.

Face à cette volatilité, nombreux sont les investisseurs qui se posent des questions à propos de leurs placements en actions. Le plus simple consisterait bien sûr à vendre votre portefeuille-titres et à investir votre argent ailleurs. Mais cela n'est évidemment pas simple non plus.

Vendre ne constitue d'ailleurs généralement pas la meilleure solution. Sur le long terme, les actions sont en effet souvent le placement qui rapporte le plus. En outre, lorsque vous achetez ou vendez des actions, vous devez également payer des taxes (TOB) et des frais de transaction, qui peuvent facilement dépasser 1 %. Et se pose aussi toujours la question de savoir quel est le meilleur moment pour reprendre ensuite le chemin de la bourse.

D'un autre côté, la peur de perdre de l'argent est tout à fait humaine et compréhensible. Mais une solution intéressante a été créée pour répondre à cette crainte. 

Vous pouvez vous protéger contre les pertes en bourse !

Un système existe pour vous protéger contre d'éventuelles corrections boursières. Cet instrument vous permet de continuer à profiter du potentiel de hausse de votre portefeuille-titres, tout en vous offrant une protection en cas de chute des cours. Vous trouverez plus d'explications dans ce qui suit.

Supposons que vous possédez un portefeuille-titres qui vaut aujourd'hui 100. Vous avez peur que les cours boursiers diminuent au cours des quatre prochains mois.

Vous décidez donc de vous couvrir contre ce risque pour une période de quatre mois. Cette couverture vous coûte 3 % de la valeur de ce que vous voulez protéger et vous protège à hauteur de 95 %, quelle que soit l'ampleur de la correction sur les bourses. En d'autres termes, vous ne subirez que 5 % des pertes et le reste vous sera le cas échéant restitué.

Imaginons maintenant que la bourse ne recule pas comme prévu, mais, au contraire, grimpe de 20 %. Dans ce cas, vous aurez peut-être payé cette prime de 3 %, mais vous aurez en même temps pu profiter du reste de la hausse de la bourse. La valeur de votre portefeuille ne s'élèvera donc pas à 120, mais à 117. Et si les cours gagnent ensuite encore 10 %, votre portefeuille passera à 127 (au lieu de 130). En d'autres termes, vous ne payerez jamais plus que 3. Vous profiterez donc pleinement de la progression de la bourse, diminuée de cette prime de 3 %.

À l'inverse, supposons que les cours chutent, comme redouté, de 20 %. Sans couverture, la valeur de votre portefeuille-titres tomberait alors à 80. Mais avec une couverture, la baisse serait limitée à 92, à savoir 100 moins 5 (5 % de pertes à votre charge), moins 3 (le prix de la couverture).


Tableau comparatif

Couverture contre une baisse attendue


Si les cours chutent ensuite, par exemple, de 50 %, votre portefeuille-titres vaudra toujours 92, grâce à la couverture.

En bref, vous payez une sorte de prime d'assurance de 3, que vous perdez en cas de hausse des bourses, mais qui permet de limiter vos pertes à 8 en cas de recul des marchés.

Comment fonctionne ce système concrètement ?

Nous vous épargnerons les détails techniques. Pour faire simple, c'est comme si vous achetiez une option put sur une action ou un indice, comme par exemple le SPX (Standard & Poor’s Index). Une option put donne le droit de vendre l'action sous-jacente ou l'indice sous-jacent à un cours fixé à l'avance (par exemple 95) à un moment prédéterminé (par exemple dans quatre mois). Pour cette option, vous payez une prime de, par exemple, 3.

Grâce à cet instrument, vous avez, en d'autres termes, le droit de vendre quelque chose qui vaut 100 aujourd'hui à 95 dans quatre mois.

Si, à l'échéance, le cours a chuté à, par exemple, 80, vous pourrez alors exercer votre droit, car il vous permettra de vendre à 95 quelque chose qui ne vaut pas plus de 80 à ce moment-là. Comme le sous-jacent valait 100 au moment de l'achat, votre perte s'élèvera donc à 5 (plus le prix de la prime d'option que vous avez payé, à savoir 3). La différence de 15 (100-80-5) vous sera versée par la banque. Au final, votre « bénéfice net » s'élèvera par conséquent à 12 (100 - 80 - 5 - 3).

En résumé, l'option peut être comparée à une assurance qui vous est versée en échange de la prime de 3 que vous avez payée.

À l'inverse, si la bourse a grimpé à 120 à l'échéance, vous n'aurez alors pas à exercer votre droit, car celui-ci vous permet de vendre à seulement 95. L'option expirera sans aucune autre conséquence. Dans ce cas, vous aurez donc payé votre « prime d'assurance » de 3 « pour rien », mais vous aurez tout de même pu profiter de la progression de la bourse.

La durée de la couverture varie et peut aller jusqu'à un an. Plus la durée pendant laquelle vous souhaitez vous protéger est longue, plus la prime est chère.

Le montant de la prime est donc déterminé par la durée, mais aussi par le degré de protection dont vous souhaitez bénéficier (une couverture de 100 % coûte logiquement plus cher qu'une couverture de 95 %) et la volatilité des bourses (plus les marchés sont nerveux, plus la prime est élevée).

À qui s'adresse cette technique ?

La couverture d'un portefeuille-titres par le biais d'options put est surtout intéressante pour ceux qui investissent dans un portefeuille actif (d'une certaine taille) avec d'importantes positions en actions et qui craignent momentanément d'éventuelles (lourdes) corrections sur les bourses.

Le grand avantage de cette méthode de couverture réside dans le fait que vous pouvez l'utiliser sans devoir renoncer à vos produits de placement traditionnels. En d'autres termes, vous pouvez donc conserver votre portefeuille-titres existant, même si la situation actuelle sur la bourse ne vous rassure pas vraiment.

Attention ! Aux yeux des règles MiFID, il s'agit d'un produit « complexe » pour lequel des formalités doivent être remplies (formulaires à compléter). Avant d'acheter des options put, mieux vaut donc d'abord prendre contact avec votre Private Banker pour qu'il vous aide à régler toutes les formalités.

Beaucoup de variantes possibles

L'exemple décrit ci-dessus n'est qu'une possibilité parmi d'autres. De nombreuses variantes existent, en fonction de la durée de couverture que vous souhaitez, du risque que vous voulez couvrir, de la prime que vous êtes prêt(e) à payer, etc.

Nous ne les détaillerons pas toutes ici. À titre purement informatif, imaginons, par exemple, un autre cas de figure où vous ne payez qu'une prime de 2 %, mais où les pertes ne sont couvertes qu'à hauteur de 20 %, avec toujours 5 % à votre charge. Cela donne la situation suivante.

Supposons que votre portefeuille-titres vaut 100 aujourd'hui.

  • La bourse progresse de 20 % Comme vous avez payé 2 %, la valeur de votre portefeuille s'élèvera alors à 118 (et pas 120).
  • La bourse chute de 20 %. Vous devrez supporter vous-même 5 % de pertes. La différence de 15 vous sera versée par la banque. Vous avez, en outre, également payer une prime de 2. La valeur de votre portefeuille-titres s'élèvera donc encore à 93 (100-2-20+15).


Tableau comparatif (2)

Couverture contre une baisse attendue (2)


  • La bourse dégringole de 50 %. Votre couverture est plafonnée à 20 %, dont 5 % à votre charge. Vous avez aussi payé une prime de 2. La valeur de votre portefeuille s'élèvera donc encore à 63 dans ce cas (100-2-50+15). Sans la couverture, votre portefeuille-titres ne vaudrait plus que 50.

 

De nombreuses autres variantes sont possibles, mais nous ne les détaillerons pas toutes dans cet article.

N'hésitez pas à contacter votre Private Banker pour plus d'informations.

Conclusion

  • Avec les options put, vous pouvez vous couvrir contre les risques de pertes en bourse pendant une période donnée. Vous devez pour cela payer une prime dont le montant est déterminé par la durée, le degré de protection dont vous voulez bénéficier et la volatilité des bourses.
  • Ces options constituent une sorte de prime d'assurance, qui entraîne certes une légère diminution de vos gains en cas de hausse des bourses, mais qui vous permet surtout de limiter considérablement vos pertes en cas de baisse des marchés. Plusieurs formules sont possibles, avec une couverture (et donc un coût) plus ou moins élevée.
  • Cette solution est idéale pour quelqu'un qui investit dans un portefeuille actif d'une certaine taille, avec d'importantes positions en actions, et qui craint momentanément des corrections sur les bourses.
  • La réglementation MiFID impose cependant toute une série de formalités administratives. N'hésitez pas à contacter votre Private Banker pour vous aider à les remplir.