Pension

6 mars 2019

Prendre sa retraite à 40 ans ? Yes, you can !

Prendre votre retraite à 40 ou 45 ans. L’idée vous plaît ? Lisez la suite pour découvrir comment faire de ce rêve une réalité.

À 65 ans aujourd'hui, à 66 ans en 2024 et à 67 ans en 2025. Alors que nous nous préparons à travailler toujours plus longtemps, certains ont développé une vision bien différente : prendre leur pension le plus tôt possible. Pas grâce à la prépension ou à d’autres mesures exceptionnelles. Mais en économisant énormément, en investissant intelligemment et en réfléchissant à l’utilisation de chaque euro afin de pouvoir prendre leur retraite à 40 ans. Bienvenue dans le monde merveilleux du mouvement FIRE : « Financial Independance and Early Retirement ».

Les origines du mouvement FIRE

L’idée de l’indépendance financière et de la retraite précoce vient des États-Unis. Après avoir dépensé sans compter pendant des années, Amy Dacyczyn a changé son approche il y a 30 ans. Elle a développé le projet inhabituel de vivre une vie confortable (dans une belle maison) sans salaire. Elle a partagé son expérience dans « The Tightwad Gazette », un journal, rapidement devenu culte, et qui s’est arrêté 6 ans plus tard. Mais l’idée a continué de germer en ligne. Aujourd'hui, des centaines de milliers de personnes du monde entier sont abonnées au podcast et au blog de FIRE, ou échangent sur de nombreux forums sur la manière de mener une vie plus simple afin d’économiser davantage.

Le phénomène FIRE en Belgique
« L’argent, les revenus ou le patrimoine sont encore tabou en Belgique »

Ce phénomène, voire ce mode de vie, a traversé les frontières belges il y a quelques années. Depuis, plusieurs jeunes adultes et trentenaires belges partagent leurs expériences sur un blog sous couvert d’un pseudonyme... « L’argent, les revenus ou le patrimoine sont encore tabou en Belgique », explique Stijn, qui a, lui aussi, emprunté un surnom. « J’en parle assez librement avec mes amis et en ligne, mais je préfère ne pas divulguer mon nom sur Internet. Histoire de ne pas retrouver des personnes avec de mauvaises intentions sur le pas de ma porte. »

Plus d’économies, moins de dépenses
"L’idée du mouvement FIRE est en fait relativement simple : on dépense moins que ce que l’on reçoit."

Stijn a lancé son blog Fight to Fire en novembre 2018. Il y explique comment il économise intelligemment, raconte ce qu’il fait de son argent et partage des conseils accessibles à tous pour atteindre ses objectifs financiers. L’idée du mouvement FIRE est en fait relativement simple : on dépense moins que ce que l’on reçoit et on applique le plus possible ce principe. Ou on augmente ses revenus en prenant un deuxième job ou en créant des « revenus passifs ». « En théorie, on peut prendre sa retraite dès que l’on a économisé 25 fois l’équivalent de ses dépenses annuelles », affirme Stijn.

Une voiture ? Non, merci

Alors que de nombreux Belges consacrent facilement le tiers ou la moitié de leur salaire à leur loyer ou à leur hypothèque, Stijn a fait le choix conscient de rester habiter chez ses parents. « Ils n’y sont heureusement pas opposés. Je participe aux tâches ménagères en échange des frais et du logement. J’achète également ma propre nourriture », précise Stijn. « La mobilité est un autre grand poste de dépenses que je peux réduire. Je n’ai pas de voiture, et je n’en veux pas. Mais je peux parfois utiliser celle de mes parents. Mon travail me paie l’abonnement de train et de métro, et je reçois en plus une indemnité vélo de 50 euros tous les mois. »

Faire ses courses de manière économique

Outre les grosses dépenses, Stijn fait attention aux petits achats. Il emporte une gourde remplie d’eau du robinet au lieu d’acheter une bouteille d’eau de source, par exemple. Il n’achète pas de livres, il les emprunte à la bibliothèque. « Je fais également mes courses comme ça », dit Stijn. « J’achète presque toujours des marques de distributeur, et je fais mes courses dans le supermarché qui propose le meilleur rapport qualité-prix. Cela veut dire que je me rends souvent dans 3 ou 4 supermarchés avant d’avoir tout coché sur ma liste des courses. Un conseil ? Lorsque vous comparez des produits, regardez également le prix au kilo. Il est inscrit la plupart du temps en tout petit sur l’étagère. Vous en avez ainsi plus pour votre argent. »

Les petits plaisirs
"Je suis conscient que je vis de manière très économique, mais je ne laisse pas mon mode de vie me paralyser."

Est-on moins heureux en faisant attention à chaque euro dépensé ? « Je suis conscient que je vis de manière très économique, mais je ne laisse pas mon mode de vie me paralyser », dit Stijn. « Je me fais aussi régulièrement plaisir, avec des petites choses comme un « vrai » Coca Zéro au lieu d’une marque de distributeur, ou parfois avec des réjouissances plus importantes, comme le roadtrip d'un mois que j’ai réalisé aux États-Unis il y a quelques années. »

Une gestion financière serrée

Stijn a pour projet de prendre sa retraite à 40 ou 45 ans. « Cela paraît ambitieux, mais c’est tout à fait réalisable », explique-t-il. Les approximations ne sont pas permises. Tel un véritable comptable, il gère ses finances d’une main de fer dans une grande feuille de calcul. « Si je reçois 100 euros, j’en dépense maximum 25 », déclare Stijn, développeur de logiciels dans une entreprise tech bruxelloise.

Investir en bourse

Stijn économise ainsi 75 % de ses revenus tous les mois. Il parvient même parfois à mettre 89 % de côté. « Je garde une partie de l’argent comme tampon en cas de grosses dépenses imprévues. J’investis le reste en bourse. C’est le deuxième grand pilier de mon plan financier, à côté des économies. John C. Bogle, fondateur de Vanguard, a estimé qu’au cours de ces 200 dernières années, la bourse américaine a grimpé d’environ 8 % par an (sans compter l’inflation), toutes crises majeures incluses. Malgré les hauts et les bas, c’est la seule manière de faire gonfler davantage son patrimoine sur le long terme qu’avec un livret d’épargne. »

Vivre confortablement
"J’estime toutefois que je pourrai vivre confortablement avec environ 1 700 euros par mois."

Stijn s’attend à disposer d'un portefeuille d'investissement d’environ 500 000 euros d’ici ses 40 ou 45 ans. C’est de là que l’argent proviendra. « En tenant compte du fait que je laisserai cet argent en bourse, j’aurai la liberté d’arrêter de travailler. Je pourrai générer plus de revenus, notamment grâce aux dividendes. Je devrai bien entendu faire attention à mes dépenses. J’estime toutefois que je pourrai vivre confortablement avec environ 1 700 euros par mois. »

Cohabiter ?

Stijn a une petite amie depuis un moment. Que pense-t-elle de son projet ? « Heureusement, nous sommes sur la même longueur d’onde sur le sujet. Bien qu’elle ne pense pas tout le temps à sa prépension, elle est au moins aussi consciente de ses dépenses que moi. Si pas plus », plaisante Stijn. « Habiter ensemble n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour. Mais je suis ouvert à l’idée de le faire dans un an ou deux. Je ne suis donc pas totalement attaché à l’objectif des 40 ans. Si c’est faisable, tant mieux. Si cela arrive à 45 ans, je serais également satisfait. »

« L’envie d’avoir des enfants pourrait-elle m’empêcher d’atteindre mon objectif ? J’y ai déjà souvent pensé. Certes, cela ajouterait un autre pilier à mon plan, mais cette idée est encore vague », conclut Stijn qui « souhaite profiter de la liberté, voyager un peu plus souvent et faire du bénévolat » pendant sa retraite.


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