Pension

Que pouvez-vous attendre de votre pension en tant qu’indépendant ?

Les pouvoirs publics versent-ils une pension aux indépendants ? Quel est le montant d'une telle pension ? Puis-je la simuler moi-même ? Et existe-t-il des moyens de la compléter ?

Selon l'OCDE, la pension légale en Belgique est en moyenne inférieure de 38,1 % au salaire de fin de carrière (net). La baisse est encore plus importante pour les entrepreneurs, car leurs pensions sont de toute façon inférieures à celles des salariés. Nous allons vous en dire plus sur la pension légale des indépendants. 

Existe-t-il une pension minimale légale pour les indépendants ?

Oui, c’est le cas. Après une carrière de 45 ans, la pension minimale garantie pour un travailleur indépendant célibataire s'élève à 1 502,78 euros bruts par mois. La pension minimale au taux ménage s'élève à 1 877,89 euros par mois. Mais pour avoir droit à la pension minimale, il faut avoir une carrière d'au moins 30 ans. En cas de carrière plus courte, votre pension est calculée sur la base de vos revenus professionnels. Supposons que vous ayez une carrière de 33 ans en tant qu'indépendant, votre pension légale sera alors de 33/45 du montant ci-dessus.

Tous les indépendants n'ont pas une carrière linéaire. Si vous avez également été salarié pendant un certain temps, vous pouvez bénéficier d'une pension minimale garantie pour une carrière mixte, à condition toutefois d’avoir travaillé pendant au moins deux tiers d'une carrière complète (45 ans). Pour le calcul de la pension minimale garantie, chaque régime tient compte de la carrière accomplie dans son propre régime.

Un exemple

Supposons que vous ayez 25 années de carrière en tant que salarié et 15 en tant qu'indépendant à titre principal. Dans ce cas, votre pension minimale garantie en tant que salarié sera calculée comme suit : 25/45 de la pension minimale pour salariés, plus 15/45 de la pension minimale pour indépendants (ces montants sont toutefois les mêmes pour les deux régimes).

Attention : si vous percevez un montant de pension supérieur au minimum en tant que salarié, vous n'avez pas droit à la pension minimale garantie intégrale en tant qu’indépendant. Supposons que vous perceviez, en tant qu’isolé, une pension de 1 000 euros pour votre carrière de 25 ans en tant que salarié, au lieu de la pension minimale de 834,88 euros (parce que vous aviez un salaire élevé, par exemple). Vous recevriez aussi théoriquement une pension minimale de 500,93 euros pour vos 15 années d'activité indépendante. Toutefois, la somme (1 000 euros + 500,93 euros) des deux dépasse le revenu minimum garanti maximal de 1 335,81 euros (834,88 euros + 500,93 euros). La différence (165,12 euros) sera alors déduite du minimum mensuel perçu en tant qu’indépendant. 

Vous constatez la complexité du calcul de votre pension et ses nombreuses règles. Heureusement, il existe un outil pratique qui calcule votre pension pour vous : sur MyPension.be, vous pouvez à la fois simuler votre pension légale et suivre la situation actuelle de votre pension complémentaire.

La pension légale ne suffit pas : démarrez une PLCI (sociale)

La pension légale n'est pas très élevée. Le message est donc de constituer sa propre pension, surtout en tant qu'entrepreneur. Vous pouvez vous constituer une pomme pour la soif tout en bénéficiant d’un avantage fiscal grâce à la pension libre complémentaire pour indépendants, en bref la PLCI.

La PLCI est accessible tant aux entrepreneurs en société qu'aux indépendants en personne physique. Il existe deux types de PLCI : une PLCI ordinaire et une PLCI sociale.

Différences entre la PLCI et la PLCI sociale

La PLCI vous permet de verser annuellement jusqu'à 8,17 % de votre revenu net imposable (avec un plafond de 3 447,62 euros en 2022). Cet argent est investi dans un produit de la branche 21 Un tel produit offre un taux d'intérêt garanti, éventuellement complété par une participation bénéficiaire. Les sommes versées sont déductibles fiscalement, car vous pouvez les déclarer en tant que frais professionnels. Par conséquent, vous payez moins d'impôts et de cotisations sociales. Contrairement à l'assurance de groupe (pour salariés) ou à l'assurance-vie, vous ne payez pas d'impôt sur les dépôts dans une PLCI.

Alors qu’elle repose sur les mêmes principes qu'une PLCI, la PLCI sociale présente toutefois des différences. Le montant du dépôt que vous pouvez effectuer est plus élevé : 9,4 % de votre revenu net imposable (plafond de 3 966,67 euros en 2022). 10 % du montant que vous versez sont consacrés à la couverture de risques sociaux. Ce qui est exactement couvert varie d’un prestataire à l’autre. Vous (et votre famille) bénéficiez par défaut d'une protection supplémentaire des revenus en cas, entre autres, d'incapacité de travail, de maternité et de décès.

Que procure exactement une PLCI (sociale) ?

Vous pouvez facilement chiffrer vous-même le montant constitué et le montant de votre avantage fiscal. 

Supposons que votre revenu annuel brut (moins les frais professionnels) soit de 100 000 euros et que vous versiez le maximum de 3 477,60 euros par an dans une PLCI ordinaire. Votre avantage fiscal annuel sera alors de 1 844,47 euros. Après 20 ans, vous vous serez constitué un capital de 88 819,20 euros et vous aurez réalisé un bénéfice fiscal de 36 889,32 euros.

Vous optez pour une PLCI sociale ? Dans ce cas, avec un revenu annuel brut (moins les frais professionnels) de 100 000 euros, vous pouvez effectuer un dépôt maximum de 3 966,67 euros par an. Votre avantage fiscal s'élève ainsi à 2 122,2 euros par an. Après 20 ans, vous aurez constitué un capital de 102 189,60 euros1 et réalisé un avantage fiscal de 42 443,9 euros .

Veuillez noter que le capital que vous avez constitué par le biais d'une PLCI (sociale) ne peut pas être retiré de manière anticipée. Vous devez être âgé d'au moins 60 ans. Il existe toutefois une exception. Vous pouvez en effet retirer une partie de votre capital avant votre 60e anniversaire si vous l'utilisez à des fins immobilières.

Un impôt est prélevé lors du versement de votre capital. En fonction de l'âge de votre pension, on utilise pour cela une rente fictive, qui varie de 3,5 à 5 %. Vous devez ensuite déclarer cette rente fictive dans votre déclaration d'impôt pendant 10 ans (si vous prenez votre retraite à 65 ans ou plus tard) ou 13 ans (si vous prenez votre retraite avant 65 ans). Vous payez ensuite l'impôt sur ce montant selon les tranches progressives de l'impôt sur le revenu des personnes physiques.

Et si on commençait dès maintenant ?