GÉRER VOTRE CAPITAL

16 juin 2017

Quelles opportunités pour vos investissements ?


Philippe Ledent

Senior Economist ING

Benoît Brillet

Team Manager Content & Segment Management ING

Comment investir aujourd’hui ? Actions ou obligations ? Le marché est-il trop cher ? Privilégier le long terme ? Tels ont été les sujets abordés par les experts d’ING à l’occasion d’une conférence investissement organisée ce lundi 12 juin.

En dépit de l’imprévisibilité de Donald Trump et des inquiétudes que peuvent générer les élections en Europe, les indicateurs économiques au niveau mondial ont tendance à s’améliorer.

Lors de la conférence Personal Banking, Philippe Ledent et Benoît Brillet ont donné un aperçu de la situation économique actuelle et partagé leur expertise pour vous guider dans la gestion de vos avoirs financiers.

Risque d’un retour de la volatilité

"Plutôt porteur, ce climat économique ne laisse pas présager de risque de forte récession et de correction boursière majeure au cours des prochains trimestres", estime Philipe Ledent, Senior Economist chez ING.

En revanche, l’économiste table sur un retour de la volatilité et rappelle qu’en dépit d’une période faite d’incertitudes historiquement élevées, politiques en tête, les marchés financiers sont restés jusqu’à présent étonnement calmes.

Légère surpondération des actions
“Le carburant principal du marché d'actions européen est enfin de retour.”

Indépendamment des risques actuels, ce contexte devrait malgré tout rester relativement favorable aux actions par rapport aux autres classes d’actifs. Ce qui amène les experts d’ING, dans leurs allocations, à les surpondérer légèrement, avec une préférence pour les actions européennes.

"Et pour cause, le carburant principal du marché d’actions européen, à savoir la croissance des bénéfices des entreprises, est enfin de retour", indique Philipe Ledent. "Après plusieurs trimestres négatifs, les bénéfices se sont en effet stabilisés et la croissance observée au deuxième semestre de 2016 devrait se poursuivre cette année".

Les marchés sont-ils trop chers ?
"Le rendement des marchés d’actions reste relativement intéressant par rapport aux autres classes d’actifs".

Les prix des actions européennes évoluent autour de la moyenne historique, là où leurs consœurs américaines, qui ont déjà huit années de croissance derrière elles, affichent une valorisation au-dessus de la moyenne historique.

"Ce constat renforce notre scénario selon lequel les marchés boursiers européens présentent davantage de potentiel", précise Philipe Ledent.

Quid de l’immobilier ?

Souvent cité comme alternative, l’immobilier a fait parler de lui ces derniers mois, des rumeurs faisant état du souhait de la Banque nationale de Belgique de voir les banques refuser tous crédits représentant plus de 80 % de la valeur du bien.

"En réalité, la BNB demande simplement aux banques commerciales dont elle est le régulateur, un peu plus d’assurance en cas de tension sur le marché", explique Philippe Ledent. Comme beaucoup, l’institution a fait le constat que ces vingt dernières années, le prix de l’immobilier n’a cessé d’augmenter, sans connaître la moindre période de correction, même au plus fort de la crise économique.

"Or, l’institution est bien consciente que deux des principaux moteurs de cette hausse, que sont les taux bas conjugués à une fiscalité très attractive, risquent quelque peu de s’inverser dans les prochaines années. Raison pour laquelle la BNB souhaite un peu plus d’assurance de la part des banques, ce qui pourrait certes, avoir un impact sur le coût du crédit", reconnaît l’économiste.

Une plus grande résilience des marchés

Benoit Brillet, Team Manager Content & Segment Management chez ING, a présenté quant à lui quelques éléments susceptibles de rassurer les investisseurs, comme la capacité plutôt inédite des marchés à se remettre rapidement de chocs majeurs.

"Accueillies par une chute des marchés boursiers et laissant craindre le pire, les victoires surprises du Brexit et de Donald Trump ont finalement très vite fait place à un rebond. Ces événements constituent donc à ce titre, des exemples révélateurs d’une grande capacité des marchés à rebondir".

Un constat qui va dans le sens d’une optique à long terme de ses investissements. "Un épargnant qui aurait placé il y a vingt ans 10.000 euros dans l’indice MSCI Europe et laissé courir son investissement, disposerait aujourd’hui d’une somme de 37.000 euros. Si pour telles ou telles raisons, il aurait raté cinq des meilleurs séances durant cette période, son patrimoine serait ramené à 23.000 euros, somme qui diminuerait à 16.000 euros dans le cas où il aurait manqué dix des meilleurs séances", rapporte Benoit Brillet.

En conclusion, plutôt que de céder à la panique et de sortir du marché en période d’incertitude, mieux vaut désormais rester investi pour éviter de passer à côté de belles journées boursières et de pénaliser fortement son patrimoine.

“Il est plutôt rassurant de voir la faculté des marchés à se remettre rapidement de chocs majeurs.”

Investir de manière récurrente et de façon automatique peut être la solution. Un plan d’investissement périodique permet de se familiariser avec le monde des investissements et est accessible à partir de montants très limités. Il permet de rester investi, de profiter des baisses en achetant davantage et d’éviter d’acheter trop quand les marchés sont chers.

Et maintenant ?