Gérer votre capital

10 Février 2017

Marchés financiers : perspectives pour 2017


En 2016, les marchés financiers ont été principalement marqués par la volatilité. Pour 2017, les experts d’ING affichent un optimisme prudent. Quoi qu’il en soit, les investisseurs seront toujours confrontés au défi de la volatilité. Plus que jamais, le timing des transactions sera capital.

Optimisme pour le marché des actions ?

Malgré une croissance en berne et le tsunami provoqué par le Brexit d’une part et par le résultat des élections américaines de l’autre, le marché des actions se porte globalement bien. L’attractivité d’un investissement en actions se mesure en calculant la différence de rémunération entre le rendement d’une action et celui d’une obligation d’État, c’est-à-dire un placement sans risque. "L’equity risk premium ou prime de risque sur actions s’élève à 6,2 %, ce qui est supérieur à la moyenne de 5,6 % des titres d’État à 10 ans", explique Emmanuel Carlier, Equity Research Analyst chez ING. "Si les choses restent en l’état, nous pouvons nous montrer relativement optimistes. Optimistes parce que les performances de l’equity risk premium sont supérieures à la moyenne. La prudence reste cependant de mise car les actions sont globalement surévaluées."

Accroissement de l’activité sur l’Equity Capital Markets
"En période de forte volatilité, un émetteur y regarde à deux fois avant de procéder à une introduction en bourse."

L’an dernier, l’Equity Capital Market (ECM) européen a enregistré des transactions à hauteur de 142 milliards d’euros. La nature de ces transactions était en grande partie conditionnée par l’extrême volatilité des marchés. "En période de forte volatilité, un émetteur y regarde à deux fois avant de procéder à une introduction en bourse", indique Michaël Van Eenoo, Head of Corporate Finance ING. "C’est pourquoi nous avons assisté, en 2016, à un grand nombre d’investissements privés, tant en quantité (244), qu’en montant (59,6 milliards d’euros). De leur côté, les émissions d’actions nouvelles ont atteint 28,4 milliards d’euros. Quant au nombre d’introductions en bourse ("Initial Public Offering" ou "IPO"), il était en net recul. Pour l’ensemble de l’Europe, on dénombrait 72 introductions en bourse ayant généré 27 milliards d’euros. En Belgique par contre, pas la moindre IPO à se mettre sous la dent."

Le recul des introductions en bourse est un phénomène planétaire. "L’incertitude politique engendrée par le Brexit et par l’élection de Donald Trump a incité les entreprises à postposer leur entrée en bourse, voire à privilégier d’autres pistes telles que, par exemple, la vente. Et celles qui tentent malgré tout l’aventure le font en tentant de réduire les risques liés à la volatilité et en limitant autant que possible la transaction dans le temps", précise Michaël Van Eenoo.

En 2017, Michaël Van Eenoo prévoit un accroissement de l’activité sur l’ECM, principalement dans le domaine de l’immobilier et de la biotechnologie, qui étaient déjà les deux secteurs les plus performants en 2016. La volatilité des marchés est cependant devenue la nouvelle normalité. "Telle ou telle déclaration d’un homme politique influent, le résultat d’une élection ou un acte terroriste sont des éléments susceptibles d’exacerber la frilosité des marchés. Si vous rejoignez le marché à un moment inopportun, la transaction risque de mal se passer, voire de capoter. D’où l’importance pour les investisseurs de choisir avec précaution et pertinence le moment de leurs transactions. Et ceci est valable quel que soit le marché. Désormais, il n’est plus question de mois, mais de semaines, voire de quelques jours. Le management ponctuel et la prise en compte d’un contexte incertain sont des éléments de plus en plus déterminants. En cas d’IPO par exemple, vous serez amené(e) à travailler davantage de manière proactive et à élargir dans le temps le champ des possibles", conclut Michaël Van Eenoo.

Hausse des fusions & acquisitions (Mergers & Acquisitions)

Le climat régnant sur le marché des fusions et acquisitions est également étroitement lié à celui du marché des actions. De 2015 à 2016, le nombre de fusions-acquisitions a chuté de 18,1 %. Malgré quoi, 2016 apparaît comme la troisième année la plus prolifique depuis 2007 en termes de fusions-acquisitions. Les 210 M&A belges ont totalisé 14,6 milliards d’euros. "Ce qui fait de 2016 une année moyenne, ni bonne, ni mauvaise", signale Pierre Walkiers, Head of Corporate Finance ING.

Ce qui frappe, c’est la fièvre de rachats qui s’est emparée des grands groupes de la région Asie-Pacifique, et plus particulièrement du marché chinois. "Une tendance pressentie de longue date et devenue aujourd’hui réalité. Les groupes les plus enclins à racheter des entreprises en Europe sont principalement chinois. Ils viennent en Europe faire leur shopping. Dans le monde, les investissements en provenance de la région Asie-Pacifique ont augmenté de 82,6 % et culminent à 255,8 milliards de dollars. Dans le même temps, les investissements européens et américains en région Asie-Pacifique ont reculé de 10 %", affirme Pierre Walkiers.

Que nous réserve l’année 2017 sur le plan des fusions-acquisitions ? "Au fil du temps, le processus de rachat s’est considérablement rallongé au gré de réglementations de plus en plus complexes. Fin 2016, nous avons constaté un accroissement du nombre d’initiatives qui devraient se concrétiser dans le courant de cette année. Le volume des transactions sera fortement tributaire du climat régnant sur l’Equity Market. Nous prévoyons cependant une nouvelle hausse du nombre de transactions en raison de la quantité de liquidités disponibles. L’acquisition d’entreprises technologiques de rupture semble un moteur stratégique déterminant", commente Pierre Walkiers.

Situation sur le marché obligataire
"Le secteur immobilier a confirmé sa position d’acteur de premier plan en matière d’obligations privées."

En 2016, le marché obligataire a enregistré une hausse significative de son volume de transactions, soit quelque 34 milliards d’euros (contre 24,8 milliards en 2015). L’an dernier, l’État belge a émis des bons d’État à hauteur de 14,6 milliards d’euros. Les émissions en provenance d’autres instances du secteur public s’élevaient à 4,3 milliards d’euros. Quant aux émissions privées, elles se chiffraient à 15 milliards d’euros. Dans le même temps, le nombre d’émissions chutait à 32, dont 14 émanaient du secteur public et 18 provenaient du secteur privé. "Ce qui frappe, c’est la prééminence d’AB InBev" constate François Opfergelt, Head of DCM Origination Brussels chez ING. "Chaque année, le groupe AB InBev émet pour quelques milliards d’obligations (par exemple, 3 milliards en 2015). En revanche, en 2016, ce montant s’élevait à 38,1 milliards d’euros. Si l’on excepte AB InBev, les émissions obligataires privées se seraient limitées à 1,7 milliard d’euros. En 2016, le secteur immobilier a confirmé sa position d’acteur de premier plan en matière d’obligations privées. Au même titre d’ailleurs que le secteur de l’énergie, grâce notamment à l’emprunt obligataire de 500 millions d’euros émis par RESA, le principal gestionnaire de réseaux d’électricité et de gaz de la province de Liège."

Que nous réserve le marché obligataire privé en 2017 ? "Cela variera d’une entreprise à l’autre", poursuit François Opfergelt. "La BCE achète massivement des obligations privées (pour 54 milliards d’euros en 2016). Et les taux d’intérêt sont au plus bas. Nous sommes donc en présence d’un marché favorable augurant d’une augmentation du nombre d’émissions privées. Mais le problème est que l’argent récolté grâce aux émissions obligataires doit être réinvesti, ce qui suppose un certain nombre d’opportunités. Si les entreprises se retrouvent avec trop de liquidités, que vont-elles en faire à court terme ? Les placer moyennant un taux d’intérêt négatif ? Sans oublier que le crédit bancaire est aujourd’hui particulièrement attractif. Pour toutes ces raisons, nous ne prévoyons pas pour 2017 d’augmentation sensible du volume des émissions privées."

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