Gérer votre capital

7 octobre 2020

Quelle attitude adopter lorsque la bourse se montre plus fébrile ?

Depuis quelques semaines, on assiste à un regain de volatilité des marchés financiers. En matière de placements, les fluctuations sont monnaie courante et peuvent donner des sueurs froides. Comment réagir dans ce contexte ?

En bourse, les jours se suivent, mais se ressemblent pas. Après avoir connu un violent rebond (+40% en moyenne), qui leur a permis d’effacer la quasi-totalité des pertes subies lors de la correction boursière de février-mars, les actions sont confrontées depuis plusieurs semaines à une phase de consolidation. L’inquiétude générée par la pandémie de coronavirus et l’impact négatif des mesures de confinement sur l’économie, sans oublier l’incertitude inhérente aux élections présidentielles américaines se traduisent par un regain de volatilité. Une situation qui, même si les banques centrales et les gouvernements font tout leur possible pour relancer l’activité, a de quoi rendre les investisseurs plus frileux. Si la prudence est un sentiment légitime, il convient cependant de rappeler qu’une stratégie d’investissement doit conserver une perspective de long terme et ne pas être « contaminée » par des émotions de court terme. L’adage selon lequel la peur est souvent mauvaise conseillère reste plus que jamais d’actualité !

La panique est mauvaise conseillère

Cet effet yo-yo provoque un sentiment d’inquiétude et d’insécurité, a fortiori si vous effectuez vos premiers pas en bourse. Vous consultez probablement davantage les graphiques boursiers. Dois-je vendre ou, au contraire, est-ce le moment d’acheter ? Que faire si la bourse continue de chuter ? Et si je manquais certaines opportunités au moment où les marchés connaissent un regain d’optimisme ? Dans ce type de situations, la panique se révèle la pire des conseillères. Acheter ou vendre de manière impulsive est fortement déconseillé. Une stratégie d’investissement s’inscrit dans la durée (5, 10, 20 ans, voire davantage). Afin de ne pas vous laisser guider par une émotion ponctuelle, il est essentiel de garder la tête froide et de maintenir cette vision à long terme. C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire car votre instinct vous dicte probablement le contraire. 

Investir : entre raison et intuition

On a longtemps considéré que les investisseurs ne basaient leurs décisions que sur des faits rationnels. Avant de passer un ordre, l’investisseur prenait en compte des facteurs tels que l’intérêt, la rentabilité, les performances et les dividendes. Il mettait en balance risque et rendement. La finance comportementale est venue remettre en cause ce postulat de base. Les investisseurs se laisseraient en fait fréquemment guider par leurs émotions. Rien à voir avec un prétendu manque de discernement ou de lucidité. Quel que soit leur degré de compétences, ils succombent à des influences ou s’inscrivent dans des schémas. 

Investir : des comportements mimétiques

Bien qu’investir relève principalement de l’initiative individuelle, nous nous laissons guider par notre instinct grégaire. De nombreux investisseurs ont tendance à calquer leur comportement sur celui des autres. Lorsque les bourses regorgent de liquidités, la perspective de rentabilité et de croissance se traduit par une frénésie d’achat. La flambée des cours n’a dès lors plus grand-chose à voir avec la valeur sous-jacente ou les perspectives. Elle résulte davantage d’un effet d’émulation. L’inverse est également vrai : lorsque les vendeurs sont majoritaires, les investisseurs ont tendance à suivre le mouvement, comme c’est le cas actuellement. Conséquence : cette attitude pousse parfois certains investisseurs à acheter à la hausse et à vendre à la baisse. 

"De nombreux investisseurs ont tendance à calquer leur comportement sur celui des autres."

Conseil

Une stratégie d’investissement s’inscrit dans la durée. Consultez les performances de vos placements lorsque vous le jugez nécessaire, sans jamais perdre de vue votre vision à long terme. Consulter les cours de manière compulsive est source de stress et génère des comportements d’achat et/ou de vente irrationnels.

Les bourses finissent toujours par se reprendre

Vous arrive-t-il d’éprouver le sentiment d’avoir acheté au « mauvais moment » ? Et lorsque de nombreux investisseurs se débarrassent de leurs positions, avez-vous tendance à en faire autant ? Rappelez-vous qu’investir est une stratégie destinée à atteindre vos objectifs financiers à long terme. Les crises, quelle que soit leur ampleur, sont le plus souvent passagères. Qu’il s’agisse du krach boursier de 1929 à l’origine de la « Grande Dépression », du « Lundi noir » d’octobre 1987 ou de la crise financière de 2008, les marchés finissent toujours par se ressaisir. 

Il est désormais important de se projeter dans l’après-coronavirus. La probabilité que le taux des livrets d’épargne augmente au cours des années à venir est extrêmement mince. Afin d’éviter que votre épargne ne se traduise par une perte de pouvoir d’achat, trouver d’autres sources de rendement reste judicieux.

La patience est toujours récompensée

En cas de dépression profonde, les investisseurs qui s’en sortent le mieux sont ceux qui ont su se montrer patients. Les investisseurs qui n’ont pas cédé à la panique lors de la crise financière de 2008 et ont réparti leurs placements sur divers investissements, marchés et secteurs, ont vu leurs positions récupérer leur niveau, voire le dépasser quelques années plus tard. Si, en 2008, votre portefeuille comprenait uniquement des valeurs bancaires, votre situation était des plus précaires. C’est pourquoi nous recommandons de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier et de faire preuve de patience. 

"Les investisseurs qui n’ont pas cédé à la panique lors de la crise financière de 2008 ont vu leurs positions récupérer leur niveau, voire le dépasser."

L’importance du profil d’investissement

Avant de vous lancer dans l’aventure boursière, il convient de déterminer votre profil d'investissement. Il s’agit en quelque sorte d’un passeport financier reflétant votre situation financière, votre connaissance et votre expérience en matière de placements, vos objectifs, votre horizon d’investissement, etc. Votre profil d’investissement comporte en outre des éléments subjectifs, tels que votre attitude face au risque ou vos attentes en termes de rendement. Sur base de ces éléments, la banque sera en mesure de vous proposer des produits financiers en adéquation avec votre profil. Une manière d’éviter les risques que vous n’êtes pas prêt à assumer en période de volatilité. Si vous estimez que votre profil d’investissement ne correspond plus à vos objectifs et à vos attentes, contactez votre interlocuteur ING.

Investir en période de crise

Les investisseurs professionnels devraient profiter des périodes de crise pour acheter « à prix bradés » des actions de qualité. Or, cette stratégie est parfaitement à votre portée. L'une des solutions peut être l’investissement périodique, qui vous permet de placer, chaque mois ou chaque trimestre par exemple, un montant déterminé dans un fonds d’investissement. Mais attention, il est important alors de maintenir une certaine régularité, surtout en période de volatilité et de turbulences boursières, comme c’est le cas actuellement. Vous éliminez ainsi le risque de prendre des décisions sous le coup de l’émotion. En résumé : mieux vaut vous en tenir à la stratégie et à l’horizon d’investissement que vous avez choisis que d’acheter et vendre de manière impulsive et désordonnée. 

Ne perdez jamais de vue les conseils suivants : 

  • ne cédez pas à l’euphorie ou à la panique ambiante
  • privilégiez une vision à long terme
  • continuez à consulter régulièrement les performances de vos placements
  • restez patient en cas de crise, les bourses finissent toujours par se reprendre
  • pensez à l’investissement périodique, qui peut vous éviter de prendre des décisions sous le coup de l’émotion 
"Mieux vaut vous en tenir à la stratégie et à l’horizon d’investissement choisis que d’acheter et vendre de manière impulsive et désordonnée."

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