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29 Mai 2018

Comment investir dans le climat économique actuel

Retour de la volatilité sur les marchés, ralentissement de la croissance en Europe, l’Amérique qui carbure… Les experts d’ING ont dressé le bilan de santé de l’économie mondiale lors d’une conférence organisée le 14 mai dernier

« Les fondamentaux de la zone euro restent solides »

« Le climat économique à l’échelle mondiale reste globalement très bon », rassure d’emblée Philippe Ledent, Senior Economist chez ING.

Certes, la tendance est pour le moment à un ralentissement de l’activité dans la zone euro, après une période extrêmement positive au deuxième semestre 2017. Un ralentissement que l’économiste qualifie toutefois de « temporaire ». « La plupart des indicateurs ayant atteint des niveaux historiquement élevés, il est normal que le cycle économique passe par une zone de stabilisation ».

Les États-Unis connaissent, au contraire, une nouvelle accélération de leur croissance, dopée par la réforme fiscale dont les pleins effets sont attendus cette année.

Dans les pays émergents, des éléments de vulnérabilité apparaissent cependant. C’est le cas en Argentine, qui, au même titre que d’autres pays de la région, souffre de la remontée du dollar et des taux américains. Mais dans l’ensemble, les taux de croissance sont toujours très supérieurs à ceux des pays développés.

Pour autant, les grandes économies émergentes, indiennes et chinoises en tête, seront-elles en mesure de soutenir la croissance mondiale en cas de crise majeure ? « On ne le pense pas », explique Philippe Ledent. « Ces pays restent un moteur mais ne sont plus la locomotive de l’économie mondiale comme ce fut le cas par le passé ».

Les éléments potentiellement perturbateurs
« Il ne devrait pas y avoir de guerre commerciale »

Si les perspectives économiques mondiales demeurent solides, certaines zones de turbulences sont à surveiller.

Les craintes d’une guerre commerciale, avec des impacts potentiellement négatifs, en font bien sûr partie, alors que le dénouement du « Brexit » reste un gros point d’interrogation. « Dans les deux cas, notre scénario n’est cependant pas celui du pire », indique Philippe Ledent.

L’Italie, qui s’apprête à être dirigée par un gouvernement populiste et eurosceptique, au même titre qu’une hausse des prix pétroliers au-delà des 80 dollars le baril, sont également à surveiller de près.

Retour de la volatilité
« Le retour de la volatilité ne doit pas faire peur »

Autre facteur qui pourrait inquiéter l’investisseur : la volatilité qui a très clairement fait son retour cette année sur les marchés.

Mais Philippe Ledent rassure : « Le regain de nervosité sur les marchés ne doit pas effrayer l’investisseur, et est simplement annonciateur d’un retour à la normale ».

Ce qui n’était pas normal, c’était de voir les bourses performer sans connaître la moindre petite phase de consolidation. « Si l’alignement des planètes (croissance, taux bas, pétrole bon marché...) avait assuré une hausse quasi ininterrompue des marchés ces dernières années, il y a désormais davantage d’incertitudes et donc, plus de volatilité ».

Quels actifs privilégier ?

Dans un contexte où l’activité devrait rester soutenue aux quatre coins de la planète, avec une croissance attendue autour des 14 % cette année, ING continue de surpondérer les actions, avec une préférence pour la zone euro.

« Les actions européennes offrent un rendement sur dividende non seulement attractif mais aussi supérieur à celui de leurs consœurs américaines », justifie Serge Ivlef, Expert en investissement au sein de la banque.

À l’inverse, les actions des pays émergents ne sont désormais plus à surpondérer. « À court terme, la hausse du dollar ne constitue pas une bonne nouvelle pour les sociétés cotées émergentes », explique-t-il.

Préserver une poche obligataire

Qui dit surpondération des actions, dit naturellement sous-pondération des autres classes d’actifs, et singulièrement de l’obligataire. Les taux en euro restant ce qu’ils sont, la situation n’encourage toujours pas à investir significativement en obligations.

« Pour autant, préserver une poche obligataire au sein d’un portefeuille diversifié n’en est pas moins indispensable », affirme Philippe Ledent, et ce, dans l’éventualité d’un choc qui n’aurait pu être anticipé.

L’or, un peu plus que d’habitude !

L’or reste une classe d’actifs particulière et a, aujourd’hui un peu plus que d’habitude, très clairement sa place en portefeuille.

On le sait, l'instabilité favorise l'actif refuge. L’or devrait profiter en ce sens de la montée en puissance des tensions géopolitiques. Par ailleurs, « le métal précieux est toujours intéressant, ne fût-ce que par son caractère de dé-corrélation », rappelle Philippe Ledent.

Le moment est-il judicieux pour investir ?

Compte tenu de l’environnement de marché actuel, investir de manière récurrente et de façon automatique peut être une solution. « Un plan d’investissement périodique permet de se familiariser avec le monde des investissements et est accessible à partir de montants très limités. Il permet de rester investi, de profiter des baisses en achetant davantage et d’éviter d’acheter trop quand les marchés sont chers », affirme Bernard van Laethem, Manager au sein du département Personal Banking d’ING.

Et maintenant ?

 

Ces informations sont communiquées à titre informatif uniquement et ne doivent être considérés que comme une recommandation.