Gérer votre capital

6 juillet 2017

Quoi de neuf sur les marchés financiers ?


Chaque mois, Thierry Masset, Chief Investment Officer ING Belgium & Luxembourg, fait le point sur l’actualité économique et financière dans notre publication « Monthly Market Review ».

Que faut-il retenir ce mois-ci ?
  • Les obligations et les actions sont actuellement portées par la même dynamique, à savoir des excédents de liquidités et une faible inflation.
  • Mais comme, dans le même temps, il n’y a pas non plus de risque de déflation, les conditions semblent davantage favorables aux actions.
  • La zone euro devrait profiter du recul des incertitudes politiques pour continuer à surperformer, pour autant que la croissance des bénéfices demeure solide.

En face de chaque acheteur, il y a un vendeur. Et en face de chaque gagnant, il y a un perdant. C’est du moins ainsi que les choses fonctionnent habituellement. Mais cette logique ne se vérifie pas pour le moment sur les marchés des actions et des obligations. Pour preuve, la capitalisation de l’indice Bloomberg des actions mondiales flirte actuellement avec un plus haut historique, après avoir grimpé d’environ 13% (en dollars) depuis la fin du mois de décembre. Ce qui n’empêche pas les obligations de signer un de leur meilleur début d’année depuis 2003 : au terme de cinq mois consécutifs de hausse, leur valeur de marché s’est étoffée de 15%.

Pour l’heure ces deux classes d’actifs continuent d’attirer les capitaux car elles profitent de la même dynamique, à savoir un manque d’inflation et des excédents de liquidités. ll n’est donc pas étonnant que les investisseurs achètent à la fois des obligations et des actions, du moment qu’elles leur prodiguent du rendement.

Dans de telles conditions, les achats d’obligations ne sont donc pas la résultante d’un mouvement de fuite vers la qualité. Ils s’expliquent plutôt par le manque d’inflation, les développements technologiques et les évolutions démographiques mondiales continuant d’alimenter structurellement des pressions déflationnistes. Le marché obligataire, qui, au lendemain de l’élection de Donald Trump, avait souffert d’un possible scénario de « reflation », se pose de plus en plus de questions quant à la pérennité du retour des pressions inflationnistes.

Mais comme, dans le même temps, il n’y a pas non plus de risque de déflation, les conditions semblent particulièrement favorables aux actions. Même si leur valorisation absolue ne peut plus être qualifiée de bon marché, l’indice MSCI Monde affiche actuellement un rendement du dividende attendu de 2,5% pour cette année et ce malgré les gains engrangés depuis janvier. Cela leur confère un surplus de rendement de 1,6% par rapport au rendement moyen (0,9%) de l’indice Bloomberg des obligations souveraines émises par les pays industrialisés !

Les actions et les obligations progressent aussi de concert car cela fait pratiquement un an que les investisseurs en actions n’avaient plus eu autant intérêt à se couvrir contre le risque de pertes en achetant des obligations et vice-versa. C’est ce qui explique que, même dans un environnement de taux bas, détenir des obligations afin de diversifier son portefeuille reste une stratégie valable.

Mais miser sur les deux tableaux afin de répartir le risque encouru peut également devenir risqué lorsque, comme c’est le cas actuellement, cette stratégie fait de plus en plus d’émules auprès des investisseurs. Cette situation n’est pas tenable et un jour ou l’autre, l’un des deux camps y perdra des plumes.
A cet égard, nous restons convaincus que les taux vont augmenter ces prochaines années et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, certains investisseurs obligataires insensibles à l’évolution des cours, tels que la Réserve fédérale américaine, sont en train de quitter le marché. Ensuite, les investisseurs étrangers pourraient, eux aussi, se retirer à mesure que leurs propres banques centrales commenceront à resserrer leur politique monétaire. Enfin, les fonds de pension ne peuvent continuer à justifier leurs achats d’obligations souveraines considérées comme sûres si elles n’offrent pas des rendements plus élevés.

Par ailleurs, la crise politique à Washington ne semble pas avoir d’impact sur la reprise de la croissance bénéficiaire : 78% des sociétés du S&P 500 et 64% de celles du Stoxx 600 ont, en effet, publié des bénéfices meilleurs que prévu au premier trimestre. Et elles sont respectivement 63% et 76% à avoir réalisé des ventes supérieures aux attentes. La bonne tenue des entreprises US dépendant de la demande étrangère est aussi un autre signe que tout ne tourne pas autour de Donald Trump. Un indice de Goldman Sachs suivant les actions américaines les plus exposées à la croissance mondiale a ainsi grimpé de 17% (en dollars US), contre une hausse de 5% pour un panier reprenant des sociétés tournées sur le marché intérieur.

Face à l’absence criante de mesures de relance aux États-Unis, aux critiques de plus en plus nombreuses auxquelles doit faire face Donald Trump et à la posture moins accommodante adoptée par la Réserve fédérale, les actions non US, en particulier celles de la zone euro et des marchés émergents, semblent disposer d’un plus grand potentiel de hausse après être restées à la traîne pendant sept années d’affilée. D’autant que le mouvement de rotation des capitaux des actions US vers les actions non US n’en est encore qu’à ses premiers balbutiements. Le ratio entre l’indice MSCI Monde (hors États-Unis) et l’indice S&P 500 a grimpé de 4% (en euros) depuis le plancher historique de décembre, après avoir dégringolé de 51% par rapport au pic d’octobre 2009. Même son de cloche avec les entreprises européennes qui génèrent la majorité de leurs ventes dans la zone euro. Elles surperforment celles qui dépendent le plus des États-Unis pour la première fois depuis près d’un an !

Découvrez le "Monthly Market Review".

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