Économie

Le marché immobilier belge en 2022

Wouter Thierie

Wouter Thierie

Économiste ING

Les prix de l’immobilier devraient augmenter de 5% en 2022 et de 1% en 2023, soit moins que l’inflation.

Au premier trimestre de 2022, les prix de l'immobilier dans notre pays ont à nouveau fortement augmenté. Les prix devraient augmenter en 2022 et 2023, mais à un rythme plus lent que l'inflation, de sorte que la croissance réelle des prix sera (légèrement) négative. Une enquête internationale commandée par ING et réalisée par IPSOS auprès de 1004 Belges entre le 24 mai et le 1er juin 2022 indique également que les Belges prévoient d'investir massivement dans l'efficacité énergétique de leur logement au cours de l'année à venir. Les personnes à faibles revenus sont davantage exposées au problème de l’efficacité énergétique. Leurs maisons ont généralement un score énergétique plus faible, ce qui signifie qu'elles sont plus durement touchées par les prix élevés de l'énergie, tandis que le besoin d'investissement est justement plus élevé.

Les prix de l'immobilier en Belgique ont à nouveau fortement augmenté au premier trimestre

Les chiffres officiels de Statbel montrent qu'au cours des 3 premiers mois de cette année, les prix de l'immobilier ont augmenté de 7,8 % par rapport à la même période l'année dernière. L'enquête d'ING montre également que les Belges croient à une nouvelle hausse des prix de l'immobilier l'année prochaine. "Bien que 66 % des personnes interrogées pensent que les prix de l'immobilier sont actuellement surévalués, seuls 6 % d'entre elles pensent que les prix des logements vont baisser au cours des 12 prochains mois.

Néanmoins, l'activité sur le marché de l'immobilier semble s'être refroidie récemment. Les chiffres du baromètre des notaires, qui sont généralement en avance sur les chiffres officiels, ont montré une diminution du nombre de transactions au cours du premier semestre (-1,8 %). En juin, l'activité était même inférieure de -12,7 % à celle de l'année dernière. En outre, au cours des cinq premiers mois de l’année, le nombre de recherches Google sur les trois plus grands sites de recherche immobilière (Immoweb, Immovlan et Zimmo) a été en moyenne de 15 % inférieur à celui de l'année dernière, et même de plus d'un quart en février.

Les prix de l'immobilier devraient augmenter de 5 % en 2022 et 1 % en 2023, les prix sont susceptibles de diminuer en termes réels. Bien que le nombre de transactions semble diminuer, la demande de biens immobiliers reste élevée. Le nombre de ménages continuera à augmenter dans les années à venir. En outre, le revenu disponible réel se maintient bien grâce à la forte croissance de l'emploi et à l'indexation automatique des salaires prévue l'année prochaine, qui soutiendra la croissance des prix. Par contre, la hausse des taux hypothécaires exercera une pression sur les prix de l'immobilier. Les taux hypothécaires ont déjà fortement augmenté cette année et les prêts immobiliers risquent de devenir encore plus chers dans les mois à venir. En outre, la guerre en cours en Ukraine et l'inflation élevée créent une incertitude qui peut amener les acheteurs de maisons à reporter leur décision d'achat.

"Au cours des 3 premiers mois de cette année, les prix de l'immobilier ont augmenté de 7,8 % par rapport à la même période l'année dernière."

Etude complète

1 personne sur 3 ne considère pas que son propre logement est économe en énergie

Une grande partie des logements en Belgique ont un score relativement faible en matière d'efficacité énergétique. 32 % des Belges considèrent que leur maison n'est "pas très efficace" ou "pas du tout efficace". S’agissant des propriétaires, 28 % d’entre eux ont indiqué qu'ils ne considéraient pas leur maison comme efficace (ou pas du tout efficace) sur le plan énergétique. Chez les locataires, ce chiffre s'élève à plus de la moitié. Ainsi, 80 % des propriétaires ont déjà un double vitrage, contre 55 % des locataires. Nous observons un schéma similaire pour d'autres investissements dans les économies d'énergie.

En outre, l'enquête montre que les personnes à faible revenu sont davantage exposées au problème de l’efficacité énergétique. Leurs logements sont moins performants en termes d'efficacité énergétique, de sorte que la hausse des prix de l'énergie pèse encore plus lourdement sur leur budget. D'autre part, le besoin d'investir est très élevé et beaucoup de ces ménages n'ont plus la marge nécessaire pour le faire. L'efficacité énergétique étant de plus en plus importante lors de l'achat d'un logement, ces logements risquent d'être encore plus vulnérables à une correction des prix et de perdre une partie de leur valeur.

Notre enquête indique également que les Belges prévoient d'investir massivement dans l'efficacité énergétique de leur logement au cours de l'année à venir. Le coût élevé de l'énergie inquiète de nombreux ménages et les incite à améliorer l'efficacité énergétique de leur logement afin de réduire leur facture énergétique. L'achat d'appareils à faible consommation d'énergie, une meilleure isolation et une chaudière plus économique sont les trois investissements les plus populaires. Respectivement 14 %, 9 % et 9 % des Belges prévoient d'y investir au cours de l'année à venir. Il reste à savoir si la détérioration des perspectives économiques aura raison de ces intentions. Enfin, il est frappant de constater que la volonté d'investir chez les jeunes est plus de deux fois plus élevée, et ce pour toutes les mesures d'économie d'énergie incluses dans l'enquête. Il faut constater en outre que nombre de ces nouvelles technologies sont plus courantes chez les jeunes.

"Les Belges prévoient d'investir massivement dans l'efficacité énergétique de leur logement au cours de l'année à venir."

Les Belges veulent vivre dans des logements plus grands et plus économes en énergie

Depuis le début de la pandémie, les préférences des Belges en matière de logement ont changé. Le Belge moyen veut vivre dans un espace plus grand, de préférence avec un jardin privé. La plupart des Belges (44 %) ont exprimé le fait que l'espace extérieur est devenu important, comme un jardin ou une terrasse. L'espace extérieur a pris encore plus d'importance au cours de l'année écoulée, puisque "seulement" 35 % l'indiquaient il y a un an. En plus d'une maison plus grande, le classement énergétique de la maison devient également plus important. Par exemple, 1 personne sur 4 trouve que l'efficacité énergétique du logement est devenue plus importante, ce qui est considérablement plus qu'il y a un an, où "seulement" 15 % l'indiquaient. Si les prix de l'énergie restent élevés, on peut s'attendre à ce que ce chiffre augmente encore. Enfin, 22 % des personnes interrogées attachent également plus d'importance à la vie privée et au coût du loyer mensuel ou de l'hypothèque.


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