Économie

14 juillet 2021

FOMO* sur l'immobilier ou la peur de manquer une opportunité

Steven Trypsteen

Steven Trypsteen

Économiste

Dans ce Focus Real Estate, nous examinons de plus près les mouvements récents sur le marché de l'immobilier résidentiel. Nous le faisons sur la base des données publiques disponibles, telles que l'évolution des prix et le nombre de transactions, mais aussi sur la base d'une enquête réalisée par ING entre le 28 mai et le 6 juin en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni. En voici les principales conclusions.

L'intérêt pour l'immobilier a atteint des niveaux sans précédent après le premier confinement. Dans les médias, on peut lire de nombreux articles sur la flambée des prix et la pression exercée sur l'accessibilité au marché immobilier. Et parfois, on parle même d'une bulle immobilière. Par exemple, Bloomberg a récemment publié un classement des bulles immobilières pour tous les pays de l'OCDE, et la Belgique se situe à la huitième place de ce classement. 

Ecoutez les principales conclusions de l'étude sur le marché immobilier belge dans notre podcast.

La croissance des prix s'est ralentie au premier trimestre de 2021

  • En 2020, 65 % des Belges pensaient que les prix de l'immobilier allaient augmenter, mais dans notre enquête la plus récente, ce pourcentage est passé à un niveau énorme de 81 %. L'anticipation que les prix vont continuer à augmenter crée le sentiment qu'il faut acheter maintenant, et rapidement. Beaucoup semblent penser : "Si nous ratons la fête du marché immobilier, nous allons perdre". C’est en fait un exemple de FOMO (Fear of missing out). En effet, même si une grande majorité part du principe que les prix vont continuer à augmenter, de nombreux Belges (62%) affirment également que les prix actuels de l'immobilier sont surévalués.
  • Une autre mesure de l’optimisme potentiellement excessif en matière d'immobilier est le pourcentage de la population qui pense que les prix de l'immobilier ne peuvent jamais baisser. Selon notre récent sondage, ce pourcentage équivaut aujourd'hui à 59 % de la population, soit une augmentation de 11 points de pourcentage par rapport à 2020. Cela signifie que les Belges envisagent à nouveau le marché immobilier avec plus d'optimisme.
  • Au cours du premier trimestre de 2021, la croissance des prix s'est ralentie pour atteindre 0,3 % par rapport au trimestre précédent, contre 3,5 % au quatrième trimestre de 2020. Toutefois, les chiffres issus du baromètre des notaires montrent que la croissance des prix sera à nouveau plus forte à partir du deuxième trimestre. Nous avons donc augmenté notre prévision de croissance des prix pour 2021 à 7%. Cette forte croissance est due à une croissance des prix plus forte que prévue à partir du deuxième trimestre, mais également à un effet de seuil important. Compte tenu de l’évolution des prix déjà connue et même si le prix médian de l’immobilier n’augmentait plus au cours des trois derniers trimestres de l’année, la croissance des prix en 2021 par rapport à 2020 serait de 4,6 %.
  • Les maisons sont devenues moins abordables selon l'indice d'accessibilité d'ING. Et notre enquête semble le confirmer : les Belges ne voient pas un avenir brillant pour les jeunes qui veulent devenir propriétaires. Selon notre enquête, 72% des Belges pensent que les jeunes auront plus de mal à devenir propriétaires dans les trois prochaines années. Cela nourrit le sentiment de FOMO.
"L'anticipation que les prix vont continuer à augmenter crée le sentiment qu'il faut acheter maintenant, et rapidement."

Etude complète

Une grande maison de qualité et un bon emplacement

La crise du Covid a également un impact sur ce que les gens considèrent comme important dans leur maison :

  • Depuis la crise du Covid, les Belges veulent une habitation plus grande, de meilleure qualité et mieux située. 35 % des Belges déclarent que l'espace extérieur est devenu plus important. Près d'un Belge sur quatre estime qu'un bon voisinage et/ou des voisins sympathiques sont devenus plus importants. La proximité de toutes sortes de commodités, telles que des parcs, des écoles et des magasins, gagne également en importance.
  • Il est intéressant de noter que les préférences en matière de logement dans d'autres pays d'Europe occidentale ont évolué de manière tr��s similaire à celle de la Belgique. En Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, les trois caractéristiques qui ont obtenu le plus d'importance sont identiques à celles de la Belgique : une bonne connexion Internet, plus d'espace extérieur et une maison dans un quartier agréable avec des voisins sympathiques.
  • L'importance accrue de son habitation se traduit également par une vague de rénovations. Le nombre de permis accordés pour des rénovations a sensiblement augmenté ces derniers mois, surtout en Flandre. Nous prévoyons que le nombre de rénovations restera élevé, car environ un Belge sur cinq envisage ou planifie une rénovation au cours des 12 prochains mois.
"35 % des Belges déclarent que l'espace extérieur est devenu plus important"

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*FOMO: fear of missing out