Économie

12 décembre 2018

Financial News

Retrouvez tous les mois en vidéo les analyses économiques et boursières de nos économistes.

2019: la fin de la stabilité

Sommes-nous à la veille d’une nouvelle crise économique et financière ? Le sommet du cycle de l’économie mondiale semble derrière nous, alors que l’explosion de la dette apparait préoccupante. En outre, de nouvelles crises politiques liées au Brexit et au budget italien pourraient causer de grandes tensions. Les taux à 0% sont-ils en passe de devenir la norme en Europe et est-il encore possible de trouver du rendement en bourse ? Peter Vanden Houte, Chief Economist ING Belgique et Steven Vandepitte, Strategist ING Belgique, exposent les tendances économiques et financières les plus probables.

Découvrez les explications de Philippe Ledent et Luc Charlier.

Réduire la voilure sur les actifs à risque…

Les marchés financiers ont-ils atteint un point de retournement ? A en juger par la piètre performance annuelle et la volatilité accrue des principaux actifs à risque (actions, obligations d’entreprises, secteur technologique, valeurs cycliques, matières premières …), il est fort probable que le sommet du cycle haussier a été atteint en 2018. De là à anticiper la fin de l’un des plus longs rallyes boursiers de l’histoire, il y a un pas que Steven Vandepitte, responsable de la stratégie d’investissement chez ING Belgique, ne franchit toutefois pas encore. Il ne faut pas confondre la fin d’un cycle avec la dernière phase d’un cycle ! La nuance est importante car cela signifie que le moment n’est pas encore venu de significativement sous-pondérer les actions en portefeuille.

Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faille s’aventurer en bourse à la légère. Il faut, en effet, être conscient que la volatilité induite par l’atténuation progressive des bilans des banques centrales, une croissance mondiale moins dynamique et un environnement (géo)politique plus incertain, va continuer à alimenter l’aversion au risque des investisseurs. D’autant que ces derniers vont devoir également intégrer dans l’équation une moindre croissance bénéficiaire. Les profits générés par les sociétés US devraient, certes, avoir progressé de près de 25% cette année, mais l’impact positif, promis par Donald Trump, de la baisse de la fiscalité est sans doute en bout de course. Les analystes anticipent une croissance des bénéfices US d’environ 10% l’année prochaine. Une prévision qui, bien que plus faible, risque de se révéler encore trop optimiste.

Les marchés boursiers étant confrontés à une conjonction défavorable - des taux plus élevés et une moindre croissance bénéficiaire -, Steven Vandepitte recommande de conserver un profil d’investissement moins cyclique en privilégiant les actions défensives et les actions « value » (sous-évaluées par rapport à leurs fondamentaux), comme les soins de santé.  Les valeurs disposant d’une capitalisation boursière élevée, d’un solide bilan, d’une croissance stable des marges bénéficiaires, sans oublier les actions offrant un rendement des dividendes élevé devraient, elles aussi, tirer leur épingle du jeu.

 Dans la même logique, mieux vaut, sur le marché des matières premières, privilégier les métaux précieux qui s’avèrent, par nature, plus défensifs et devraient profiter d’une banque centrale américaine potentiellement moins agressive et, par ricochet, d’un billet vert probablement moins vigoureux.

Enfin, sur le terrain obligataire, ce positionnement défensif se traduit par une préférence marquée pour les emprunts d’Etat les plus sûrs au détriment des obligations d’entreprises.

En savoir plus ?