Économie

22 juin 2018

Russie : quelles perspectives économiques ?

Avec une superficie quatre fois plus grande que l’Union Européenne et un PIB équivalent à 3 fois celui de la Belgique, la Russie est une grande puissance politique, mais aussi un partenaire économique non-négligeable pour la Belgique.

Si la croissance économique russe a été impactée ces dernières années par les sanctions occidentales et la chute du prix du pétrole, ce qui a causé une récession entre 2014-2016, les perspectives pour 2018 et 2019 sont modérément optimistes et la croissance du PIB pourrait s’établir à 2% en 2018.

Avec près de 17,1 millions de Km² (soit près de 4 fois la superficie de l’Union Européenne), la Russie est le pays le plus vaste de la planète. Economiquement, la situation est différente. C’est notamment dû à une densité de population très faible : on dénombre « à peine » 147 millions d’habitants, soit l’équivalent de la population de la France et de l’Allemagne réunies.

Sur le plan de l’activité économique, le PIB russe atteignait, en 2017, 91.650 milliards de roubles, ce qui au taux de change de l’époque, correspond à 1.356 milliards d’EUR. Cela situe le PIB russe entre celui de l’Espagne et de l’Italie, ou encore à un peu plus de 3 fois celui de la Belgique. Si l’on corrige néanmoins ces chiffres compte tenu d’un taux de change qui ne reflète pas bien un niveau de prix plus faible en Russie, on peut néanmoins considérer qu’en parité de pouvoir d’achat, l’activité économique de la Russie correspond à celle de l’Allemagne.

Les secteurs de l'économie russe

L’économie russe est évidemment dominée par le secteur du pétrole, du gaz et de manière plus générale de l’énergie. Au début de cette année, la production de pétrole atteignait en effet 10,5 millions de barils par jour, soit 12,9% de la production mondiale. Il faut y ajouter les 60 millions de m³ de gaz produits chaque mois. Le secteur de l’énergie est également crucial pour les finances publiques russes, puisqu’il est la source de plus de la moitié des revenus de l’état. Cela explique également pourquoi les évolutions tant de la croissance économique ou des finances publiques que du taux de change du rouble sont dépendants des cours pétroliers.

Perspectives modérément optimistes
"Nous prévoyons une croissance de 2% du PIB russe en 2018"

Après une période de récession entre 2014 et 2016, l’économie russe a repris le chemin de la croissance depuis 2017. Pour 2018, la hausse des prix du pétrole ainsi que le bon niveau des indicateurs PMI nous permettent de considérer un scénario relativement optimiste.

Le PIB a augmenté de 1,3% au premier trimestre 2018, et nous estimons qu’il devrait augmenter de 2% sur l’ensemble de l’année, malgré un certain nombre de risques tels que l’impact des nouvelles tensions et l’évolution du cours du rouble. 

La consommation des ménages devrait également contribuer à la croissance, car d’une part les salaires réels sont en hausse, principalement suite à une hausse des salaires publics et, d’autre part, la confiance des consommateurs est à un haut niveau, qui n’avait pas plus été atteint depuis le début d’année 2014.

De plus, l’inflation des prix à la consommation est restée stable durant les 3 derniers mois à 2,4%, après le point bas à 2,2% en début d’année. L’inflation reste donc historiquement faible et loin de l’objectif de 4% de la banque centrale, mais la dépréciation du rouble pourrait faire augmenter le prix des biens importés.

Charlotte de Montpellier, économiste chez ING Belgique analyse les caractéristiques principales l'économie russe en vidéo.

Découvrez l'étude complète