Économie

Sortir de la dépendance au gaz russe

Samuel Abettan

Samuel Abettan

Économiste ING

Alors que les gouvernements européens prennent leurs premières mesures pour réduire la dépendance au gaz russe, les entreprises et les ménages disposent aussi d'une poignée d’options possible sans réduire drastiquement leur niveau de production et leur niveau de confort. Mais si les prix du gaz restent élevés, la réduction de la consommation jouera un rôle plus important.

Agir sur l'offre et la demande

  • La dépendance de l'Europe à l'égard du gaz russe est une préoccupation de longue date. Depuis l’invasion de l’Ukraine, l’Europe cherche des solutions d’urgence pour réduire ses importations d’énergie en provenance de Russie. Parmi les pays que nous avons examinés, l'Italie et l'Allemagne sont les plus dépendants du gaz russe. Des pays comme le Portugal, l'Espagne et la France sont moins dépendants au gaz russe.
  • Les trois secteurs les plus gourmands en gaz sont l'industrie manufacturière, l'immobilier résidentiel et commercial (bâtiments) et le secteur de l'électricité, chacun représentant grosso modo un tiers de la consommation européenne de gaz. Toutefois, la répartition au sein de chaque pays est unique.
  • Pour réduire les importations de gaz russe, il faut agir sur l’offre et la demande. Dans le meilleur des cas, l’Europe ne sera en mesure de remplacer assez rapidement qu'environ 55 % des 155 milliards de mètres cubes (mmc) de gaz acheminés par les gazoducs russes en le substituant par du gaz non russe.
  • Du côté de la demande de gaz, les entreprises et les ménages ont une poignée d’options seulement pour 2022. Il s’agit de l'augmentation de la production d'électricité à partir de charbon, la réduction de la production industrielle ou encore des mesures de sobriété énergétique comme la baisse des thermostats dans les bâtiments. Nous estimons les économies en gaz de toutes ces options de 10 à 15 % en 2022. Ce chiffre peut atteindre 20 à 30 % en 2025.
  • Nombre des options visant à réduire la dépendance au gaz russe étaient déjà valides pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Néanmoins, si les gouvernements cherchent à assurer leur sécurité énergétique par tous les moyens, ils trouveront le charbon sur la table, ce qui entravera leur capacité à atteindre leurs objectifs climatiques à court terme.

Etude complète

>Lisez l'étude complète sur la dépendance de l'Europe au gaz russe et les solutions pour en sortir.