Durabilité

11 avril 2018

Investir dans la navigation verte

La durabilité du transport maritime est incontestable en soi. En effet, les navires transportent, sur de longues distances, d'importantes quantités de marchandises de la façon la plus efficace qui soit.

Parallèlement à cet aspect, le secteur comprend qu'il y a encore des possibilités d'amélioration. La navigation doit consommer moins d'énergie et réduire ses émissions de CO2. En collaboration avec la Banque européenne d'investissement (BEI), ING réserve une somme de trois cents millions d'euros pour le financement de projets maritimes verts.

"Aboutir à une navigation propre est faisable"

Depuis 2016, le groupe de réflexion international Maritime Industry Decarbonization Council se penche sur les pistes éventuelles devant mener à une navigation exempte d'émissions de CO2. « Aboutir à une navigation propre est faisable », explique Wilfried Lemmens, directeur général de l'Union Royale des Armateurs belges. « Toutefois, il s'agit d'un processus qui exige du temps. » Les navires peuvent être utilisés longtemps. Aujourd'hui, ils fonctionnent majoritairement au fuel lourd. C'est justement à cet aspect que le secteur souhaite rapidement remédier et trouver une alternative.

Dans un futur proche, des taxes sur les émissions de CO2 sont attendues dans le secteur de la navigation. À partir de l'année 2020, l'utilisation du diesel à faible teneur en soufre sera obligatoire. D'ici 2050, la totalité des émissions de gaz issus du domaine de la navigation - notamment les CO2, les SOx (oxydes de soufre), les NOx (oxydes d'azote) et les fines particules – devrait être réduite de moitié par rapport à aujourd'hui.

La diminution des émissions est une préoccupation qui dépasse le secteur de la navigation. La preuve réside dans le programme World Ports Sustainability Program avec lequel les fédérations portuaires participantes ont récemment marqué leur accord en signant une charte internationale dans le port d'Anvers. Grâce à leur engagement, les ports durables souhaitent contribuer à la réalisation de dix-sept objectifs articulés autour du développement durable des Nations Unies.

Réduction de l'empreinte sur l'environnement
"Il s'agit du client, de l'opinion publique, de nos propres collaborateurs. Se préoccuper de l'environnement concerne tout le monde"

« La navigation constitue la forme de transport la plus durable », affirme Dario Bocchetti, Energy Saving Manager chez Grimaldi Group. Le groupe logistique exploite un peu plus de cent navires opérationnels, dont la majorité du type « roulier ou ro-ro» (dédiés au transport de véhicules). « Le transport d’un conteneur par la mer a une empreinte environnementale beaucoup plus petite que le même conteneur voyageant par la route pour atteindre la même destination, les émissions de Co2 pouvant être jusque réduites de 50%. ». À cet égard, le secteur de la navigation affiche de bons résultats. La réduction des émissions permettra de continuer à diminuer cette empreinte sur l'environnement.

« La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et la durabilité forment des éléments importants au sein de notre stratégie d'entreprise », poursuit Dario Bocchetti. « En même temps, notre principal coût est le carburant. » Une économie sur les coûts ne constitue cependant pas la principale motivation liée aux efforts fournis par l'entreprise en vue de réduire sa consommation et ses émissions de gaz. La multinationale Grimaldi dispose d'une feuille de route relative à l'utilisation des batteries à l'instar de l'exemple de la voiture électrique. Dario Bocchetti : « Il s'agit du client, des passagers, de nos propres collaborateurs. Se préoccuper de l'environnement concerne tout le monde. »

Dialogue

Les exploitants belges des navires prennent également des initiatives. « Tout le monde cherche des façons de réduire la consommation et les émissions causées par les navires », explique Wilfried Lemmens. Ainsi, depuis peu, la CMB (Compagnie maritime belge) transporte ses collaborateurs du port d'Anvers à bord d'un navire à passagers fonctionnant à l'hydrogène. « Il s'agit là d'un projet intéressant duquel nous pouvons énormément apprendre. À l'avenir, il se peut que nous puissions aussi avoir recours à l'hydrogène pour les grands navires. » L'exemple montre comment tout le secteur cherche activement une alternative au fuel lourd.

« La grande différence en comparaison avec le passé réside dans le fait que toutes les parties prenantes ont entamé ce dialogue », souligne Wilfried Lemmens. « C'est une condition essentielle en vue d'aboutir à un résultat couronné de succès. » Toutefois, même si les armateurs et les exploitants des navires se penchent sur l'application de nouvelles technologies dans leur flotte, ce n'est pas leur domaine. « Nous ne sommes finalement pas les parties qui construisent ces nouveaux moteurs », poursuit Dario Bocchetti.

Le client est impliqué
"Aboutir à une navigation verte est impossible sans des investissements supplémentaires"

Voilà pourquoi il est si important que toutes les parties prenantes travaillent ensemble dans la quête de solutions durables. « Nous devons nous pencher sur la totalité des aspects », explique Wilfried Lemmens avant de poursuivre « de la source de l'énergie jusqu'aux hélices. Le client fait également partie de ce processus de changement. Il exige que ses prestataires de services logistiques proposent des solutions durables. Néanmoins - et il s'agit là d'un obstacle non négligeable - ce même client n'est pas directement prêt à payer un prix plus élevé pour ces solutions durables. » Pourtant, aboutir à une navigation verte est impossible sans des investissements supplémentaires.

Seuil plus faible

Afin de réduire le seuil relatif au financement de la navigation verte, ING offre, en collaboration avec la Banque européenne d'investissement (BEI), un fonds de trois cents millions d'euros. « Le fonds s'axe sur des acteurs de la navigation européenne qui cherchent des financements dans le but de rendre leur flotte plus verte », affirme Peter de Jong, Directeur du département Transportation Finance Shipping chez ING. « Grâce au fonds, les sponsors de projets verts et durables dans le secteur du transport maritime peuvent profiter de conditions financières plus favorables. »

Il est question d'une facilité de crédit pour les projets qui s'orientent sur l'amélioration durable des navires. Il s'agit entre autres de la construction de nouveaux navires plus efficients sur le plan énergétique ou de la modernisation d'une flotte existante. La convention avec la BEI s'inscrit dans le cadre d'une stratégie de durabilité plus étendue de ING. Cette stratégie vise la simplification et le financement des modifications sociales vers la durabilité sur le plan écologique, économique et social.

Envie d'en savoir plus ?

ou Didier Keters, Senior Corporate Banker - Utilities, Transport & Logistics à l'adresse didier.keters@ing.com